Dead Letter Circus - Aesthesis

The Catalyst Fire avait il y a deux ans rassurés sur le potentiel et les espoirs mis sur Dead Letter Circus et confirmé la claque imposée en 2010 par la sortie de This Is The Warning leur premier album. Douze titres inspirés, fédérateurs et dotés d’une personnalité brillamment affirmée. Cet Album déclenchera un engouement certains dans leur pays d’origine, posant également Dead letter Circus hors de leurs  frontières comme un groupe à suivre de très prés tant leur talent ne demandait qu’à éclabousser la scène Rock. Lorsqu’un groupe réalise deux premiers albums d’une telle qualité, on imagine sans mal la pression qui a dû se poser sur leurs épaules à l’heure d’écrire ce nouvel album et maintenant de nous le livrer.

Line up

Kim Benzie – Vocals
Clint Vincent – Guitar
Stewart Hill - Bass
Luke Williams - Drums
Luke Palmer- Guitar

Avant toute chose il est important de définir ce qu’est l’Aesthesis, celle-ci concerne la perception, mais pas seulement par les sens mais également par l'intellect et c’est avec ce concept en tête qu’il faut appréhender l’ensemble de l’album car Dead Letter Circus et sa musique ont mué dans une voie plus intimiste, introspective et plus que jamais cérébrale. Leur musique se fait toujours plurielle, gardant cette mixité de styles, d’ambiances mais Aesthesis révèle beaucoup d’autres atouts, notamment grâce à la sonorité globale de la production, qui tout comme les intentions artistiques s’est paré d’une forme de quiétude contemplative ou la mélancolie se met au service des mélodies pour une forme de délivrance émotionnelle.
Le groupe lâche prise, se livre sans artifices offrant avec Aesthesis son album le plus intime dont les titres « Silence » ou « X » portent fièrement les couleurs. Deux titres raffinés, subtils et intenses misant sur l’intimisme et mettant l’accent sur l’aspect progressif et les mid-tempi. Mid-tempi sur lesquels Dead Letter Circus travaille d’ailleurs beaucoup sur l’album pour extraire des titres leur plus grande force, leur permettre de se poser, de respirer, de les optimiser accentuant de fait les vibrations intérieures, la défragmentation de notre intellect. 
« While You Wait »,« In Plain Sight », « Show Me », triptyque de hits potentiels démontrent si tant est qu’il le faille encore que Dead Letter Circus est un groupe qui sait écrire et élaborer ses titres, sur des mélodies accrocheuses, des refrains calibrés, les sublimant par le chant et les nuances vocales qu’y pose Kim Benzie.
Ce dernier excelle sur tous les titres insufflant une âme supplémentaire donnant à l’ensemble authenticité et une vision quasi mystique à l’ensemble de l’album. Le concept très personnel de l’album lui confère un impact moins immédiat que les albums précédents mais c’est au fil des écoutes que « Show Me », « The Lie We Live » où « The Burning Number » par exemple prennent tout leur sens se révélant comme étant de très très bons titres chargés d’une philosophie humaniste qui il faut bien l’avouer libère l’esprit de bien des tensions.

Les australiens imposent une nouvelle fois leur style, Aesthesis divisera peut-être, mais Dead Letter Circus se renouvelle, avance, plus intime que jamais, réussissant le pari d’encore et toujours nous faire planer, nous faire oublier le présent et quitter notre espace-temps. Cette alchimie de Rock Alternatif, Metal Atmosphérique et cette touche bien personnelle d’un Progressive Rock novateur et audacieux fait mouche une nouvelle fois, maintenant accompagnée d’un contenu conceptuel tourné plus que jamais vers l’humain pour faire de sa musique non seulement un partage d’émotion mais aussi un chemin de vie.