DeathCrusher Tour - Anvers - 31 Octobre 2015

C'était comme si une sorte de désir refoulé avait re-fait surface lorsque le DeathCrusher Tour a commencé à faire parler de lui sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu'il aura quand même fallu prendre notre mal en patience pour que Carcass, Obituary, Napalm Death et Voivod parcourent l’Europe ensemble. Le pourquoi nous nous sommes acheminés le 31 Octobre au Trix d'Anvers pour fêter Halloween comme il se le doit. Autant vous dire qu'il n’y en a pas eu pour tout le monde ! La veille du concert, la page de l’évènement annonçait que la date était complète et qu'il ne fallait pas se pointer au concert sans ticket sous peine de se faire recaler. Encore une fois, les retardataires auront eu tord ! 

Mais avant que Voivod ouvre les hostilités, la foule a eu droit à la prestation de Herod. Eux, qui disent jouer Sludge Progressif, n’ont pas vraiment été gâtés par le créneau horaire qu'il leur a été accordé ! Il faut que dire que, même si les suisses ont eu l’honneur d’ouvrir pour de tels noms, ils n’ont eu le temps de jouer que trois morceaux... Ainsi, malgré les nombreuses qualités qui s’en sont dégagées au long de leurs trois titres, c'est un sentiment de frustration qui s'est emparé de nous... Et c'est bien dommage, car Herod avait réussi à innover en présentant ses compositions lourdes interprétées par des musiciens accomplis qui ont réussi à combler l'absence d’un éventuel bassiste ! À revoir…

Voivod est rare ! Si les Canadiens se sont faits discrets ces derniers temps, il faut avouer que leurs programmations sur le territoire Européen sont toujours les bienvenues. Autant vous dire qu’une fois les derniers accords d’Herod estompés, les fans de la formation de Thrash Metal dite « Futuriste » se vont vite empressés de rejoindre les barrières pour apprécier comme il se le doit la performance de Snake et de ses sbires ! Ce soir, comme tous les autres soirs de la tournée à présent, le combo joue la carte de la sureté et mise sur une communication sans faille avec son public. Pour ce faire, pourquoi ne pas proposer une setlist vantant les mérites de leurs meilleurs albums ? C’est dorénavant chose faite avec l’interprétation de reliques issues de Killing Technology (« Order Of The Blackguards ») et Dimension Hatröss (« Psychic Vacuum », « Tribal convictions »). Néanmoins, cet effet de « Best-of » a vite été balayé par la présentation d’un de leurs nouveaux titres, « Forever Moutain », qui a vu le jour lors de la publication encore très récente de leur split en compagnie de Napalm Death. Inutile de vous dire qu’avec un tel morceau, les Canadiens ont montré qu’ils n’étaient pas en manque d’inspiration et qu’ils étaient toujours capables d’incorporer ce petit truc en plus qui rendent leurs morceaux uniques ! Et dire qu'il était déjà l’heure pour Voivod de laisser la place à Napalm Death quand les derniers refrains de leur titre phare « Voivod » ont été scandés par la foule... Et ce, après quarante courtes minutes de jeu…   

C’est donc au tour des énervés de Napalm Death de se préparer à monter sur scène ! Certes le groupe n’a aucun album à promouvoir mais il a toujours de l’énergie à revendre, surtout quand il s’agit de faire la fête, et de casser quelques arcades en passant ! Dès leur arrivée orchestrée sur scène, les premiers mouvements commencent à se faire ressentir dans le pit ! La foule qui commence enfin à se  fragmenter et s’entrechoquer pendant les gourmandises putrides « Apex Predator - Easy Meat » et les autres qui suivent: « Silence Is Deafening », « Smash a Single Digit » à un tel point qu’un jeune fan, qui était resté à ses risques et périls aux barrières, a été invité à rejoindre les musiciens sur scène. Quoi qu’il en soit, les britanniques affichent ce soir une forme resplendissante bien que Mitch Harris soit absent ! Barney toujours aussi énervé crie à tue-tête ses parties et Danny Herrera martèle ses peaux de batterie comme personne sur « Deceiver » et « How The Years Condemn ». Bien sûr, le moment de la reprise si attendue des Dead Kennedy « Nazi Punks Fuck Off ». Encore une fois, le court temps de jeu accordé aura pu blessé les nombreux fans de la formation de Grind quand le titre « Unchallenged Hate » a touché à sa fin. Mais, il nous faut avouer que les Britanniques ont assuré ce soir. À revoir encore et encore ! 

La programmation d’Obituary après Napalm Death pouvait surprendre. Tout ça à cause de ses compositions en mid-tempo qui sont en plein contraste avec l’énergie dégoulinante des Britanniques. Néanmoins, à en juger la setlist que nous a concoctée John Tardy et sa bande, leur passage après Napalm Death était plus que pertinent. Avec une playlist « rentre dedans » presque semblable à celle de sa tournée estivale, les précurseurs du mouvement Death Metal n’avaient qu’une seule chose en tête: que cette soirée d’Halloween reste dans les annales. Pour l’occasion, Trevor Peres s’était mis sur son trente-et-un afin d’honorer quelques tranches de son dernier album Inked In Blood comme « Visions In My Head » ! Néanmoins, les nombreux classiques du groupe étaient également à l’honneur comme « ’Til Death », « Intoxicated » et « Slowly We Rot ». Les Américains sont heureux d’être là et c'est à n'en plus douter quand on voit la prestation sans faille qu’ils nous ont servie. Néanmoins, ne jouer que quarante minutes quand on s’appelle Obituary, ce n’est pas trop dûr les gars ? Pour nous si… Un show simple et efficace pour les Américains. 

Carcass est définitivement le groupe qu’il fallait voir cette année ! Omniprésent et intarissable, le combo de Jeff Walker est de retour en Belgique après avoir souillé l’Alcatraz Festival l’été dernier ! Autant vous dire que leur prestation de ce soir était l’occasion pour certains d’entre nous de revivre ces moments forts ! Certes, la setlist est presque la même, à quelques exceptions près: les Britanniques ouvrent sur « Unfit for Human Consumption » et enchainent directement sur « Buried Dreams ». Mais il est évident que le charisme de Jeff Walker et sa dextérité font de Carcass, ce genre de formation qui sait mêler finesse et putridité. Le tout parfaitement illustré lors de la prestation sans faille de la moitié de leur dernier album et de nombreux classiques « Corporal Jigsore Quandary », « Exhume To Consume » ou bien le medley « Black Star/ Keep On Rotting In The Free World » et vous détenez là un show qui ravira tout aussi les anciens que les plus jeunes. Néanmoins, la qualité de l’interprétation des morceaux ne fait pas forcément d’un concert de Carcass une orgie totale. Jeff a ce petit truc, ce petit côté simple, mais si efficace quand il s’adresse à son public. La bonne humeur dont il fait preuve entraine automatiquement une sympathie de la part de ses partisans. Et le bougre n’hésitera pas une seconde quand il s’agira de charrier à plusieurs reprises un jeune fan dans le public visiblement transcendé par les riffs gras de Bill Steer ! En quelques mots, un très bon concert pour les Britanniques qui ne cessent de gagner des points à chacun de leurs déplacements. 

Pourquoi le DeathCrusher tour est-il pertinent ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! 1 show « Sold Out », 4 groupes qui ont tenu toutes leurs promesses et 46 côtes fracturées: la soirée d’Halloween ne pouvait pas mieux se dérouler.

Crédit Photos: Asia Nuez (Carcass, Voivod) , Olivier Foulon (Napalm Death)