Deez Nuts - La Machine A Vapeur (Nancy) 14/06/2016

Douai et Lille ont leur péniche, désormais Nancy a la sienne avec la Machine à Vapeur. Devenu incoutournable le bateau a déjà accueilli Ommhs, Cancer Bats, Hyphen Hyphen (nous l'indiquons pour la notoriété pas la qualité...), Mars Red Sky ou encore Céleste. Après avoir raté de trop nombreuses soirées de pillages et de beuveries nous ne pouvions passer à côté de l'encas Deez Nuts juste avant le Hellfest. Ce même si nous ne connaissons pas tellement la formation, s'il y a bien un domaine dans lequel le hardcore est roi c'est bien le live. Les australiens sont en pleine promotion d'un nouvel album de remixes, Playa Talk, et les parisiens de Danforth en pleine tournée eux aussi les accompagnent ce soir. Un évènement signé KDTS Productions qui fait rêver la Lorraine en ramenant Gojira le 15 juillet prochain.


Si le quartet parisien nous est inconnu, Danforth est loin d'être un nouveau venu puisqu'il a publié son premier EP (No Fear 2 Bleed) en 2009 et que leur dernier né Crack House est sorti l'an dernier chez Deadlight Entertainment (Cult Of Occult, Cowards). Ainsi le groupe a quelques fans dans l'assistance qui ne vont pas hésiter à donner de la voix ou du corps en ce mardi chagrin. Le set commence par un bon vieux larsen des familles qui prévient le public encore épars que la soirée est officiellement lancée. On remarque d'entrée qu'un trou énorme sépare la scène du public mais ce qui passe au premier abord comme un distance de timidité est en fait une distance de sécurité qui empêche les plus calmes de se ramasser un coup de pied. Les moshers sont en effet en grande forme et apprécient visiblement les parisiens. A de nombreuses reprises notre camarade photographe du soir manque de se faire kicker méchamment en tentant simplement de faire son travail. Il faut dire que leur style primal très porté sur le beatdown est d'une efficacité redoutable. Bien loin de chercher à réinventer une roue qui n'en a pas forcément besoin le quartet fait diablement bien tourner un set rôdé surpuissant. Le chant bien souvent rappé alterne entre français et anglais bien souvenu soutenu par des choeurs plus punk du guitariste et du batteur (ce dernier se montrant redoutable derrière ses fûts malgré une ressemblance certaine avec Chris Cornell diraient certains). Pas original, pas phénoménal mais assurément une bonne référence pour les fans de hardcore crossover.


Les rangs se resserrent pour acceuillir les australiens, ce qui permet de constater que la Machine à Vapeur n'est hélas qu'à moitié pleine. Une performance loin d'être ridicule à l'heure où il est bien difficile de faire bouger le public à Nancy surtout en début de semaine. Deez Nuts ne se démonte pas et attaque avec la rage au ventre et le classique "Shot After Shot" extrait de Bout' It!, l'album qui les a fait exploser à l'international. Rapidement pourtant on regrette un manque cruel de guitare dans le mix que l'on espère voir régler après une pause "réglage technique". Il n'en est rien mais la force de frappe de la bande à JJ Peters (I Killed The Prom Queen) reste plus qu'impressionnante. Le groupe est carré de chez carré, drivé par un frontman au flow entêtant et la frappe impitoyable d'Alex Sallinger. Cependant il faut attendre "Popular Demand" pour voir le public donner de sa personne sûrement à cause de l'exiguité du bateau. Rien n'y fait pourtant le public semblait plus bagarreur lors du set de Danforth. Mais après plusieurs morceaux le constat est sans appel, les fans présents sont pour la plupart quasiment aussi novices que nous en matières de "Noix". Avant "Behind Bars" JJ demande qui s'est déjà procuré le nouvel album du groupe et la réponse silencieuse de la Machine a de quoi décontenancer. "Pourtant on m'a dit que cette chanson était bonne" nous dit le kangourou préfèrant le prendre avec le sourire. Les titres s'enchaînent sans temps mort ou presque juste le temps pour JJ ou Matt Rogers (guitare) de motiver un public un peu trop attentiste à leur goût même si le second prend aussi le temps de demander au public de lui vendre de l'herbe à la fin du show. Finalement c'est avec la doublette (quasi) définitive que le public explose, il faut dire que "Face This On My Own" et "Band Of Brother" (sur lequel la voix de Sam Carter est samplé) sont parmi les meilleurs tubes hardcore de ces dernières années. La fin du concert se montre assez brusque malgré un rappel non identifié ce qui n'empêche pas les membres à peine leurs instruments posés de faire des photos à la demande des fans.
Deez Nuts a assuré dans l'adversité, rares doivent être les shows aussi intimistes depuis quelques années (encore moins avec une ambiance aussi timorrée). Nul doute que le groupe est plus fédérateur et impressionnant dans le cadre d'un festival ou face à un parterre déchaîné.


Setlist Deez Nuts:
Shot After Shot
What I Gotta Do
Tonight/Hustle
Popular Demand
Pour Up
Stay True
I Don't Wanna Talk About It
What's Good
Mother
Behind Bars
DTD
Face This On My Own
Band Of Brothers
(Rappel)


Nouvelle soirée au succès mitigé à Nancy. On dit que les absents ont toujours tort et on en vient à se dire qu'il ne reste que quelques combattants de la raison à Nancy.
Un grand merci à KDTS mais aussi à Crapule Prod pour ses superbes photos