Deficiency - The Dawn Of Consciousness

Deficiency revient avec un troisième album à paraître très prochainement sur le label Apathia Records ( Atlantis Chronicles, WormFood...). The Dawn Of Consciousness paraîtra donc le 24 mars 2017  avec l'intégration de leur ami de longue date Thomas Das Neves (batterie) le combo se relance et en profite pour affiner leur style et sortir un peu plus de leur référence Trash un poil trop évident sur State of Disillusion (autoprod) et le très bon et prometteur Prodigal Child (Fantai'Zic Productions) augurant déjà d’une évolution stylistique du combo. Le groupe a mûri et construit dorénavant une musique plus personnelle assumant son héritage musical, respectant les codes mais en amenant plus de diversité à son art.

line up : 

Laurent GISONNA : Lead Guitar/Vocals - 

Vianney HABERT : Bass guitar - 

Thomas DAS NEVES : Drums - 

Jérôme MEICHELBECK : Rhythm Guitar


Ce qui frappe d’entrée avec ce nouvel album, c’est la musicalité supplémentaire et le soin apporté à la production. L’ensemble des titres sonne plus propre, plus clair, tout en gardant la rage et le côté incisif du Trash mélodique distillé par Deficiency depuis 2008. Non pas que les albums précédents soient à ce niveau fort en dessous mais ici cette différence est suffisamment notable pour marquer un tournant dans la démarche du groupe. « Newborn’s Awaking » qui ouvre The Down of Consciouness annonce le contenu à venir, riffs précis et tranchants, des climats travaillés, l'ambiance du titre se fait également plus contemporaine dans les sonorités. Avec son pont groovy, toute basse dehors, ce passage illustre bien le travail d’arrangement et la volonté du groupe de construire sa musique avec du relief pour accentuer les nuances mélodiques, mieux mettre en avant les riffs speedés et les variations du chant.

« Uncharted Waters » continue de véhiculer cette sensation, le titre est riche, varié et ne perds jamais de son efficacité, laissant aux guitares le soin de tout emmener sur le passage, traçant un chemin on ne peut plus net, radical propice au déchainement de la batterie et de la basseThe Dawn Of Consciousness continue sur cette lancée, cette évolution les rapproche peut-être plus du travail d’All That RemainsArcania, Shadows Fall ou de Bullet For My Valentine (surtout dans l’aspect du travail entre les différents types de chants pour ces derniers, car la musique de Deficiency ne souffre jamais du côté parfois aseptisé de certains plans de BFMV). 

« Face The World We Expérience », à mon sens le titre le plus intense de l’album car tel un tsunami, ça dépote dès les premiers accords. c’est le genre de titre live par excellence à la progression et à la construction imparable pour la scène. Les musiciens sonnent à l’unisson, l’interprétation parfaite de nos quatre petits gars de l’Est s’avère absolument en accord avec le propos du titre. À noter le gros travail d’harmonisation des voix sur le pont, un must dans le genre. C’est d’ailleurs un des éléments qui m’a particulièrement séduit tout au long de l’album, le travail fait sur les chants, saturés, screams ou clairs, ceux-ci ne tombent jamais dans la facilité des placements bâteaux et font corps avec la musique. Suffisamment éloignés des thèmes principaux, ils trouvent une place naturelle et le feeling d’interprétation de Laurent Gisonna sonnent juste en réponse aux ambiances balancées par la musique. On peut citer à ce titre « Uncharted Waters », « The Upriser » ou « Fearless Hope » où l’adéquation se fait quasi parfaite entre voix et instrumentations. 

Bref, The Dawn Of Consciousness est un album à découvrir de toute urgence car il continue de poser Deficiency en fier représentant de la scène hexagonale. Honte à moi, J’allais oublier... « And nowhere Else To Go » l’instrumental de plus de sept minutes. Une vraie réussite, sans temps mort, sorte d’hommage complet mais dans le style Deficiency 2017, aux grands noms qui ont fait du trash un style majeur à la fin des années 80 et des nineties (Testament, Annihilator, Kreator...). Alors il serait bien dommage de passer à côté de The Dawn Of Consciousness car très franchement Laurent, Vianney, Thomas et Jérôme méritent et de loin toute notre attention, notre respect pour leur engagement musical car il s’agit bien là d’un groupe qui défend bec et ongles sa musique  avec sincérité et grand talent.