Dehuman - Graveyard Of Eden

Fondé en 2006, Dehuman est un quartet bruxellois de death metal. Le groupe a publié son premier album Black Throne Of All Creation en 2012 pour lequel ils ont tourné en compagnie de Master et Agathocles, le groupe a aussi ouvert pour Belphegor, Aborted, Possessed, Death To All, Macabre ou encore Unleashed. Graveyard Of Eden a été produit entre la France (Studio Sainte Marthe de Francis Caste) et la Belgique (Blackout Studio : Emptiness, Enthroned...) et paraîtra le 9 mars prochain toujours sur son label, Kaotoxin.

 Line-up :

Rafaël S (guitare)

Mathias Boulougouris (guitare)

Andréa Vissol (basse/chant)

Laye Les (batterie)

 Avec son premier album, Black Throne Of All Creation, Dehuman s'est hissé parmi les meilleures formations death metal belge, avec une approche très respectueuse de ses aînés sans pour autant chercher à reproduire un son « d'origine ».

Le niveau de chaque membre est assez impressionnant, chacun arrive à se mettre en avant sans en faire des tonnes ou tomber dans la démonstration stérile. Toujours influencé par Death, Andréa Vissol (chant/basse) rappelle cependant moins Chuck Schuldiner que sur Black Throne, son chant rageur et habité est vraiment très convaincant. Laye (Putrid, Master, batterie) est toujours aussi ahurissant derrière les fûts enchaînant les roulements et les blasts comme Patrick Sébastien les tubes beaufs. Avec un titre comme « Crypts Of Blood », qui rappelle un peu Suffocation, Dehuman montre qu'il gère la violence de son propos mais avec « Obedience » et son final mélodique ou encore ce « Invocation » plus ambiant qui lorgne du côté de Morbid Angel il prouve qu'il sait se montrer plus subtil. Sa personnalité plus affirmé encore que sur le premier album montre un jeune combo en pleine possession de ses moyens qui sait exactement où il va.

 La grande force de Dehuman c'est de savoir écrire tout simplement d'excellents morceaux, il n'est pas rare de nos jours que dans le metal ou même le rock'n'roll un titre ne soit qu'une collection de riffs mis bout à bout se mêlant plutôt bien. Dans d'autres cas un morceau n'est composé que pour faire étalage de ce que le groupe sait faire et si encore une fois le niveau technique du quartet est assez ahurissant, il n'en est rien ici. Avec les belges chaque plan a une fonction et forme un tout indissociable qui a été pensé et réfléchi. Pour preuve, le définitif « Goddess Of Sins », titre à la construction plus « progressive » sur lequel on peut entendre un clavier discret, qui monte tout doucement sur d'excellents soli avant de repartir sur le death metal de méchant que le groupe affectionne tant.

 Dehuman réussit le pari de composer des titres à la saveur old school non forcée, relevée par une qualité de composition plus moderne et inventive qui fait des titres de Graveyard Of Eden de vraies tueries de death metal comme de jeunes combos ont bien du mal à le faire. On dit que le troisième album est celui de la maturité alors le deuxième doit être celui de l'adolescence et vu l'adolescence de Dehuman, vivement la maturité.