DevilDriver - Trust No One

Contre vents et marées, DevilDriver nous revient avec leur septième offrande sobrement intitulée Trust No One avec toujours l’inusable Dez Fafara aux commandes. C’est la  deuxième réalisation signée Napalm Records après l’excellent Winter Kills qui aura fini de nous convaincre que DevilDriver est  bien prêt à en découdre encore une fois. Il reste à savoir si celui-ci est à la hauteur de nos attentes.

Avec pas de moins de quatre changements de line-up au cours des deux dernières années, on se demande bien qu’est-ce qui pourra arrêter DevilDriver. Le départ du guitariste Jeff Kendrick et du batteur  John Boecklin, deux membres originels, aurait pu signer l’arrêt de mort du groupe. Pourtant, ce Trust No One est bien la preuve que la vie continue chez DevilDriver. Ce dernier méfait ne déroge pas à la règle puisqu’il reste dans la droite lignée des précédentes réalisations malgré l’intronisation de Neal Tiemann et d’Austin D’Amond (ex-Chimaira) respectivement à la guitare et à la batterie. Si vous vous attendiez à une révolution chez DevilDriver, ce n’est pas encore pour cette fois-ci. Certes, des riffs incisifs et pêchus sont toujours au rendez-vous et  ils sont plutôt bien inspirés. Des titres comme « Bad Deeds » ou « This Deception » auraient pu s’intégrer par exemple dans n’importe quel album de DevilDriver sans qu’on remarque un quelconque hors-propos. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose mais le genre dans lequel le groupe évolue est tout de même assez saturé pour qu’ils se permettent de nous servir pratiquement la même chose à chaque album et ce, avec un intervalle moyen de deux ans.  On a vraiment l’impression que le groupe tourne en rond et  seuls la hargne et l’aura de Dez Fafara le maintiennent la tête hors de l’eau. Cela est d’autant plus flagrant sur des titres comme « Daybreak » ou « Above It All » qui ne proposent  rien de nouveau. Alors, je ne dirais pas que cet album est mauvais parce que certains morceaux tels que « Testimony Of Truth » ou « Trust No One » sont  tout de même bien énergiques et entrainants qui rappellent que le quintette est capable de rehausser son standard. C’est bien peu pour un groupe de la trempe de DevilDriver d’autant plus que c’est la meilleure opportunité d’insuffler un nouvel élan à la formation suite à l’intronisation des deux derniers, surtout de Neal Tiemann qui n’a jamais officié au sein d’une quelconque formation metal auparavant. On aura remarqué néanmoins son adaptation assez rapide et plutôt réussie avec les parties complexes de  Mike Spreitzer. On peut surtout apprécier le potentiel du bonhomme sur la partie mélodique de « Testimony Of Truth » qui a un toucher guitaristique plutôt soyeux et assez groovy. Là s’inscrira certainement l’avenir de DevilDriver qui plus que jamais est en pointillé si le groupe s’entête à privilégier la quantité sans prise de risque aucune.

Trust No One reste un album très correct qui ravira les fans de DevilDriver mais qui par son manque de personnalité deviendra juste un album des plus banals dans la discographie déjà si longue du groupe. Alors vous me diriez qu’on pourrait tout aussi bien formuler les mêmes reproches à l’encontre de leurs dernières réalisations. Soit, sauf que cette fois-ci, après les départs successifs de deux membres originels, c’était peut-être le bon moment d’opérer un petit changement aussi infime soit-il. Cela aurait donné certainement une nouvelle impulsion à la carrière du groupe. Croisons les doigts jusqu’au prochain épisode.