Dimitree - Id/Ego/Superego

Formé en 2011 à Toulouse par un ex-Zubrowska et des ex-Eden Code, Dimitree est un quintet qui pourrait "être le résultat d'un gangbang entre The Dillinger Escape Plan, The Chariot et Daughters" selon les dires même de sa fiche promo. Après un premier album, Nine Lives, en 2013 les voilà de retour Id/Ego/Superego chez Hipsterminator Records (Korben Dallas, Zapruder).

Line-up :

Théo Astorga (batterie)

Denis Roussel (guitare)

Stephen Chipaux (chant)

Tony Llados (guitare)

Cymon Lamarre (basse)

Il est assez dingue de voir combien de formations, et souvent de bonnes formations, nous avons en France. The Heretic Process, High For A Dive, Dwail (bien que ce dernier ait beaucoup changé depuis ses débuts), autant de projets héritiers de The Dillinger Escape Plan qui font la joie des fans du genre.

Dimitree fait partie de ces dignes représentants de la scène mathcore française, le savoir-faire du quintet en ferait même l’un des meilleurs représentants. Tout y est : la technique, la personnalité, l’accroche. On sent qu’on a à faire à des musiciens expérimentés et Id/Ego/Superego fait mouche de sa première à sa dernière minute. Techniquement très impressionnant (mention spéciale à Théo Astorga mais aussi Denis Roussel et Tony Llados pour les incroyables solos de « Exhale »), les nombreux changements de tempi et l’intensité générale est telle que certains titres ne s’arrêtent jamais. Mais contrairement à beaucoup de ses camarades, Dimitree a eu la bonne idée de parsemée son album de trois interludes ambiantes (« Hold », « Persistent Vegetative State » et « Cymon ») qui permettent de reposer un peu les méninges entre chaque viol mental déstructuré. On apprécie aussi ce « Behind A Pale Painted Smile » plus posé qui rappelle plus le postcore et flirte même avec le sludge sur son final. Les toulousains n’hésitent pas à sortir quelques riffs plus rock’n’roll qui rappellent forcément Converge (« Two Face », « Nymphomaniac »). La mélodie au début de « Black » ressemble à celle de « New Noise » (Refused), en plus folle évidemment. Encore une référence pas ridicule. On note aussi ce spoken word en français sur « Adhikar » relativement expérimental.

Loin de révolutionner un genre qui n’en a pas forcément besoin, Dimitree montre un talent indéniable tout au long de Id/Ego/Superego. Difficile de croire que les bougres en sont seulement à leur deuxième galette tant la maîtrise est totale sur un propos facilement illisible. N’allez pas prendre la super grosse tête pour autant les gars mais nous sommes clients.