Du Metal à la Campagne 2016 - Jour 1


C’est pour la deuxième année consécutive que la rédaction de Metal Cunt se rend au Metal à la Campagne ! Et autant vous dire que Rexpoede nous avait manqué ! Vous savez, l’année dernière, le collectif Tout en Scène avait fait venir les meilleures formations Metal de France du moment, la crème de la crème, des formations telles que Dagoba, Bukowski et autres Kronos ! Cette année, il fallait faire mieux, et pourtant, vu le succès qu’avait rencontré la dernière édition, ce n’était pas gagné d’avance ! Et pourtant, le défi a été relevé: étaient au rendez-vous des formations comme Napalm Death (une groupe étranger, pour la première fois), Sidilarsen, Blazing War Machine et même quelques valeurs sûres du Nord/Pas-de-Calais comme The Lumberjack Feedback, Noise Emission Control, Fake Off et Spiritual Driver… 

Un beau week-end nous attend, et pourtant ! Nous prenons la voiture et le trajet s’avère plus compliqué que prévu ! Ça bouchonne de Lille jusqu’à Armentières… Et voilà que l’orage y met du sien… Le week-end commence mal, et heureusement, nous arrivons sur les lieux à l’heure prévue pour assister au gig des Noise Emission Control. Vous savez, ces douaisiens qui jouent fort ! Bien que trempés jusqu’aux os, nous prenons du bon temps et examinons le déhanché infernal de Dany Gozet et la gueulante de Fredd Furious sur des titres tels que « La Tour Infernal » et « 8 th Wonder ». Des titres que le groupe a l’habitude d’interpréter me direz-vous… Mais heureusement pour nous, les Noise Emission Control ont sorti un nouvel E.P., Désordre et Méprise et il y a deux titres que nous n’avons pu que découvrir en version studio « L’An Pire » et « Le Style ». Tous les deux différents de par le tempo et les thématiques abordées montrent un groupe qui a su se remettre en question et renouveler leur style. Quand « L’An Pire » est marqué par un refrain « catchy », « Le Style » composé d’un seul riff varie les intonations et tempos. Oui, les N.E.C. se sont fait attendre, mais ils sont bien là, revenus au front et nous sommes bienheureux de l’apprendre. 

Place à Blazing War Machine ! De une, non ce n’est pas la nouvelle formation de Franky, de deux, l’intérêt de ce groupe ne repose pas que sur lui, non. Le groupe évolue et propose son propre concept : une musique cinématographique, sombre digne des plus grands synopsis de « Dark Movie » - Leur musique est mise en avant par un jeu de scène des plus intéressant… Mais le gig nous laisse une impression un peu étrange. Même si Irina et ses copains de jeu délivrent une belle énergie sur scène avec des titres tirés de leur premier album éponyme (« Manu Militari », « Morbid Sexual Art » et « Rigor Mortis »), le groupe peine à se renouveler… Malheureusement, le concert manque de relief et les parties de synthé, de batterie reste très redondantes, et à chaque morceau, nous découvrons les différentes influences du groupe, à savoir Fleshgod Apocalypse, Dimmu Borgir pour les parties de synthé, Cradle Of Filth et Deathstars… Quoi qu’il en soit, ils sont fort d’une identité qui leur est propre, et cela rend le concert particulièrement attachant - les musiciens sont tous grimés de noir, Irina joue de son charme (vous n’êtes pas restés indifférents devant ses impressionnantes mimiques) et bien sûr Franky Costanza frappe sur sa batterie comme jamais entraînant sur sa lancée de nombreux mouvements de foule - En quelques mots, nous ressortons un peu confus de ce gig … - À vrai dire, nous en attendions un peu plus de cette formation qui se fait quand même assez rare et qui fait beaucoup parler d’elle - avouons-le !   

Nous allons à la buvette boire un petit verre, nous pensons à nos amis campeurs qui vont se farcir la pluie toute la nuit et nous partons devant la scène à la rencontre du Thrash Metal de Deficiency. Le groupe est bien entouré, ça c’est une certitude, et leur acharnement les aura conduits à se produire sur de belles scènes comme dans le cadre du Metal à la Campagne ! Et ravis que nous sommes, les retours que nous avions eus quant à la formation s’avèrent véridiques, Deficiency est bien la formation Thrash Hexagonale du moment à suivre… Il faut dire qu’avec deux albums tous aussi excellents, nous attendions de voir la formation de pied ferme ! Et c’est que ça marche, les allers/retours se bousculent, les riffs thrashy s’alternent avec des solos bien ficelés… Le groupe, et surtout son frontman, se veulent communicatifs et présentent leurs titres comme il se doit: « Ce morceau, c’est la première fois que je le joue depuis que j’ai les cheveux courts » ou bien « C’est la première fois que nous jouons ce morceau, on va voir si ça passe » lance Laurent tout humble avant d’interpréter un de ses nouveaux tubes: « Uncharted Waters ». Mais ce qui rend le cas Deficiency intéressant, c’est sa capacité à faire headbanguer les Metalhead à chaque fois que les riffs se tamponnent les uns sur les autres. La basse se fond bien dans le mix, ce qui a pour atout de rendre le concert homogène et fluide. En quelques mots, Deficiency fut bien notre découverte de la soirée ! 

Napalm Death ou la grande surprise de cette édition 2016. Le collectif tout en scène s’était juré de ne faire jouer que des groupes français sur son festival et pourtant, un concours de circonstance a fait que Napalm Death s’est rajouté à l’affiche, pour le plus grand plaisir des fans du combo britannique. Car oui, Napalm Death jouit toujours d’un succès incommensurable ces quelques dernières années. Après une tournée à succès avec leurs potes de Carcass, Voivoid et Obituary, les anglais ré-enchaînent ! Bref, comme toujours, on est conquis par la prestation que nous livre Barney et ses copains, c’est lourd, c’est gras, c’est vegan… C’est tout ça ! Et dès que les premiers accords d’ « Apex Predator - Easy Meat » et de « Silence Is Deafening » se bousculent, c’est toute une populace qui commence à chambarder les abords d’une scène étroite et qui se met en quatre pour aller à la rencontre du groupe. Oui, vous l’avez compris, beaucoup de monde s’est amusé à se faire slammer et se faire valser depuis la scène… Les classiques « Continuing War On Stupidity » et autres « Social Sterility », « How The Years Condemn » s’entremêlent et c’est trempé jusqu’aux os que Barney arpente en long, en large et en travers la scène du Metal à la Campagne. En plus, Barney est toujours aussi communicatif et gère son audience à coup de propos mettant en avant l’ouverture d’esprit et la tolérance, propos qui atteint son apogée lors de la reprise des Dead Kennedys « Nazi Punks Fuck Off » - Bref, le concert est excellent, les rythmiques agressives de Shane Embury et Danny Herrera sont toujours aussi impressionnantes (encore une fois, vous n’êtes pas restés indifférents devant son jeu si particulier à faire rougir un certain Cyril Lignac - On bat les oeufs ou on les bat pas ! - Les vrais comprendront ! Par contre, la palme de la lourdeur revient à ce « faux-fan » à qui lui pris l’envie de se faire voir sur scène pendant de longues périodes. Certes, le monsieur voulait montrer sa joie, mais à la longue, le public commençait à s’exaspérer lors de ses énièmes apparitions sur scène. Heureusement pour nous que ça n’a pas nui à la performance de Napalm Death. 

Malgré quelques soucis (dus à la pluie à coup sûr), la rédaction de Metal Cunt aura passé du bon temps avec ses amis… Suite du compte-rendu dans la semaine ! 

Crédit photos: Phenix Galasso / Phénix Photography