Dopethrone - Hochelaga

Je ne connais Dopethrone que de réputation, la sortie de ce nouvel album me permet donc de rattraper mon retard. Fondé en 2009, le trio canadien est devenu en trois albums l'une des figures de proue du sludge. Tout comme leur camarade de Weedeater, le groupe assume un amour de la drogue et des riffs lourdingues qui donneront naissance le 13 avril à Hochelaga. Histoire de coller à l'esprit des canadiens la chronique qui va suivre a été écrite sous l'influence de stupéfiant après le sacrifice d'un bouc à la pleine lune (bon d'accord seule la première partie est vraie).

 Avec « Sludgekicker » le message du trio est clair : Dopethrone a beau faire du sludge il massacre la concurrence à coups de latte.

Adepte d'un sludge putride aux riffs qu'un Black Sabbath n'aurait pas renié, ça pue la diablerie et la consammation illicite de drogue. Les paroles ne traitent d'ailleurs que de ces deux thèmes, vous vous doutez bien que « Vagabong », « Chameleon Witch » et « Riff Dealer » ne parlent pas d'amour du prochain et de sobriété. La voix de Vincent emprunte au black metal, puant la haine et le vice, se mêlant aux instruments et restant un poil en retrait dans le mix. Le chant n'est d'ailleurs pas le point fort du trio, souvent placé de la même manière et pas vraiment varié. Celui-ci fait cependant son affaire et colle parfaitement à l'esprit poisseux comme les cheveux de Pete Doherty. Le bonhomme se met bien plus en avant lorsqu'il balance des solos fuzzy (« Chameleon Witch ») et des riffs lourdingues qui donneraient envie à n'importe quel fan de doom de heabanguer.

« Vagabong » propose une approche plus stoner et se fait plus groovy que ses petits camarades, plus basés sur la lourdeur.

Hochelaga était un village indien proche de Montréal, un lieu que le groupe doit considérer comme un lieu de pélerinage permettant de retrouver les esprits des anciens autour d'un bon calumet de la paix. Activité que je conseille à n'importe lequel d'entre vous pour pleinement apprécier ce quatrième opus.

 Dopethrone propose ce qu'il fait de mieux, un opus lourd, satanique et enfumé. Sûr que les fans seront ravis bien que l'on puisse reprocher à Hochelaga de ne prendre aucun risque. En tout cas si vous aimez le sludge grassouillet et Satan vous savez quoi faire fin avril alors que le groupe viendra dans notre beau pays pour quatre rituels (à Lyon, Strasbourg, Lille et Paris).

Le « scum fuck blues » est là pour longtemps !