Download Festival Paris 2017 - Jour 3

Après une nuit bien mouvementée à cause d'une ambiance au camping très agréable, il était temps d'affronter (malheureusement) la dernière journée de ce festival. Les deathcoreux de Suicide Silence allaient être ma première virée pour aujourd'hui, et il valait mieux être en forme pour les affronter. Du blast beat, du breakdown bien lourd et bien gras, la voix hurlée de Hernan Hermida... Que du bon, surtout lorsque le groupe se met à foutre le bordel en fosse avec des titres "You Only Live Once", "You Can't Stop Me" ou encore le redoutable "Unanswered".

Le groupe est un véritable coffre-fort, un mur de son qui nous écrase peu à peu. Seul ce chant clair affreux sur "Doris" vient vraiment comme un cheveu sur la soupe, mais je savais déjà à quoi m'attendre étant donné que je n'avais pas accroché ce titre sur CD. Je pense que les gens suivant attentivement le groupe savent ce que je veux dire.

Après le Deathcore, il était temps de voir un du bon Thrash comme sait bien en faire Lost Society. Les petits jeunots finlandais, fiers de rendre hommage à leurs aînés des années 80, étaient véritablement en forme sur la Spitfire Stage. Privilégiant une incroyable connexion avec le public et du bon riff tranchant en pagaille, la formation allait forcément nous assurer une très belle prestation. Ça va vite, ça bouge dans le public, ça slamme, ça remue des cheveux, ça pogote... Lost Society a foutu le bordel, et ils aiment quand c'est bien fait, comme ils le diront souvent entre deux chansons, félicitant le public pour son énergie. Une communion que l'on adore voir en live et qu'il faut absolument que le groupe garde avec lui.

Il était maintenant temps de prêter une petite oreille au bordel qui se jouait sur la Mainstage 01, avec les tarés de Suicidal Tendencies. Officiant dans un Hardcore Punk des plus énervés, il faut dire que le groupe a de la bouteille, que ce soit en termes d'album ou bien en termes de performance scénique. Les membres se connaissent par coeur, évoluant sur la scène comme des poissons dans l'eau, arpentant à droite et à gauche pour un petit signe au public ou bien un bon chant rageur dans le micro. Les musiciens s'éclatent vraiment à jouer leur musique, une musique faite de riffs rentre-dedans et de percussions survitaminées.

Et quel charisme du chanteur, assurant un show d'enfer et motivant à fond le public dans sa débauche d'énergie. Les solos se multiplient, la batterie ne s'arrête pas et l'adrénaline parcourt chaque personne devant la Mainstage. Je reconnus d'ailleurs "You Can't Bring Me Down", un premier titre judicieusement choisi par les Suicidal Tendencies pour foutre l'ambiance dès le départ. Wouah, ça décoiffe !

On ralentit un peu le rythme avec des gaillards un peu moins surexcités, j'ai nommé Mastodon. Un petit tour sur la gauche et c'est parti ! Les américains pratiquent une musique assez progressive et atmosphérique que je voulais tout de même découvrir sur scène même si ce n'était pas forcément ma tasse de thé sur album. Et bien, force est de constater que les titres, dans l'ensemble très lourds, mélodiques et en mid-tempo, sonnent en réalité pas mal et se révèlent beaucoup plus couillus sur scène que sur CD.

On appréciera plus le groupe pour sa diversité de chant, les quatre membres de la formation chantant (!), et pour ses mélodies fort sympathiques (agrémentées de solos bien foutus), que pour son jeu scénique, qui reste finalement plutôt tranquille et qui ne s'éparpille pas. Je remarquais également sur les écrans géants un peu de bagarre dans la fosse, même si la majorité du public restait à observer, quitte à fermer les yeux et à se laisser embarquer peu à peu par la musique des américains.

S'il y avait un groupe que je désirais par-dessus tout voir durant ce Download, c'est bien Kontrust. Les autrichiens, de par leur musique totalement barrée et rigolote, m'avaient vraiment impressionné sur leur album Second Hand Wonderland. Il était donc temps de voir les acteurs en pleine action ! Et bien, je ne serais en aucun cas déçu du voyage tant le groupe déborde de folie et de personnalité. Il s'agirait presque d'un sketch tant les musiciens sont fidèles à un univers totalement délirant. Mêlant gros métal sur les couplets, refrains pop, parties acoustiques et autres passages plus folkloriques, la formation mélange de tout pour un résultat des plus explosifs et des plus festifs.

Quelle énergie, avec ce guitariste courant partout, ce bassiste et ce percussionniste souriant en permanence, ces vocalistes n'arrêtant pas d'encourager la foule tout en se trémoussant d'une façon exagérée sur les airs entraînants de titres comme "The Butterfly Defect" ou "Just Propaganda". On oubliera pas les gros riffs du morceau "Adrenalin", mettant le feu aux poudres, mais aussi le fameux "Hey DJ", bien connu des fans pour son gros break bien lourd et son pont plus qu'hilarant. Enfin, les deux vocalistes nous feront l'honneur de nous présenter leurs petites marionnettes sur "Sock 'n' Doll", un instant des plus drôles et des plus mignons, et révélant bien l'état d'esprit totalement excentrique du groupe. Une belle fête que voilà !

Il était temps de conclure cette dernière journée avec les américains de Green Day, mais surtout avec les français de Carpenter Brut. Regardant un peu plus d'une demi-heure de Green Day avant de rejoindre la Warbird Stage, j'étais surtout curieux de découvrir certains hits du groupe en live. Et quelle ne fut pas ma joie d'entendre les fameux "Holiday" et "Boulevard Of Broken Dreams", justement les deux titres que je désirais écouter. Le chanteur et guitariste Billie Joe Armstrong, bavard, farceur et plein d'énergie, animait véritablement la formation sur scène, les autres musiciens restant un peu plus en retrait.

Il prenait même l'initiative d'inviter des membres du public sur scène avant de les faire partir en slam sur les premiers rangs ; une belle communion s'installa alors rapidement avec le public, qui reprit bien évidemment en choeur les deux morceaux précités. Quelques titres bien sympathiques vinrent après, mettant toujours en évidence le talent musical du leader. Mais il fallait désormais que je migre vers la Warbird Stage pour le concert de Carpenter Brut.

Carpenter Brut, à la manière d'un Perturbator au Hellfest, faisait quelque peu figure d'ovni dans cette programmation de par son style plus électro Rétro. Accompagné du guitariste et du batteur d'Hacride, Franck Hueso, le créateur du projet, est confortablement installé derrière ses synthétiseurs, prêt à nous faire danser et trémousser. Les premiers beats bien rétro commencent à s'élever, alors que la guitare et les percussions font entendre leurs voix. "Escape from Midwich Valley" restera inquiétant de par ses atmosphères plutôt angoissantes et par sa lenteur, alors que "Disco Zombi Italia" mettra le feu sous la tente, avec sa fameuse mélodie ennivrante parfaite pour danser. On se croirait vraiment revenu en plein coeur des années 80, dans une boîte de nuit en bordure de mer.

Le voyage est total et Carpenter Brut enchaînera durant une petite heure (oui, petite, car le temps a véritablement filé !). Nul besoin de s'adresser au public tant le message musical passe remarquablement bien. Les ambiances colorées proposées par le groupe seront vraiment dans le thème, et l'on voudrait bien continuer à rester dans cette bulle toute la nuit ! Malheureusement, toute bonne chose a une fin, et c'est avec un pincement au coeur que je vois Franck Hueso nous faire un au revoir chaleureux de la main. L'ambiance continuera bien entendu au camping, avec notamment une poubelle transformée en chaîne Hi-Fi et balançant de l'électro de Rave Party, ou bien encore quelques bidons transformés pour l'occasion en djembé. Les fous rires ne dureront pas toute la nuit, mais presque, avant que l'on se concentre sur le départ prévu seulement dans quelques heures.

Tesseract

Leogun

Red Sun Rising

Rise Of The Northstar

Architects

Stray From The Path

Rancid

Le Download Festival 2017, assumant parfaitement sa programmation éclectique, a encore fait un très beau choix concernant ses groupes. Un parfait mélange entre douceur et brutalité, tout en me permettant de voir plusieurs grands groupes qui n'ont pas ou plus l'habitude de passer dans nos contrées. On peut dire que le Download Festival, à peine après avoir fermé les portes de son édition 2017, pense déjà à l'année prochaine. Et nous y serons bien sûr de retour, sacrebleu !