Dropkick Murphys, Slapshot, Skinny Lester - Lille - L'aéronef

Fervents défenseurs de la cause Irlandaise depuis 1996, les Dropkick Murphys « made in Boston » continuent de tourner et de sortir des opus tous aussi mémorables les uns que les autres. Et c’est que le groupe n’a cessé de prendre de l’ampleur d’année en année… Pourtant, bien que les américains remplissent des salles de plus en plus importantes, ils n’étaient jamais passés par l’ancienne capitale de la culture. C’est dorénavant chose faites en 2017 ! Après avoir fait « sold out » au Zenith de Paris, ils se sont contentés d’une salle plus modeste, l’Aéronef, qu’ils n’ont pas eu de peine à remplir. Quelques semaines avant le début des hostilités, le concert affichait déjà complet et les fans de dernière minute continuaient à chercher des places. Sans succès.  

Les Dropkick Murphys présentent donc leur nouvel album, 11 Short Stories Of Pain and Glory, sorti le 6 janvier dernier, dans d’excellentes conditions. Mieux qu’une release party, qui sait ce que les Americains nous ont réservé ce soir ? Une belle soirée où des formations improbables ont pris le relais : Skinny Lister, suivi de près par Slapshot. Les groupes ont bien voulu réchauffer le coeur de nos Irlandais Lillois avant l’entrée massive des Dropkick Murphys

Grosse surprise, grosse entrée en matière ! Skinny Lester ! - retenez bien ce nom -  Impossible de les oublier, ils sont désormais ancrés dans nos mémoires. Le groupe, formé de six membres au caractère bien trempé, s’est chargé de présenter son projet en interprétant quelques tranches tirées de ses trois albums… Mais dans l’histoire, c’est surtout la radieuse Lorna Thomas qui attire notre attention d’entrée de jeu. Chez elle, tout est sujet à provocation et digne d’une exubérance sans nom. À commencer par son entrée sur scène… Il est loin le temps où l’alcool était interdit, elle n’a pas peur de venir à son petit lot d’alcool fort et n’hésite pas à le partager avec ses fans ! C’est un personnage qui inspire la joie de vivre durant tout le gig ! On n’oubliera pas de souligner le moment où elle est venue se frotter au public pour faire valser quelques punks au grand coeur.

La sauce a du mal à prendre pourtant et tout n'est pas gagné d’avance ! Le public, peut-être novice, ne connait pas le groupe, et peine à rentrer dans le jeu. Pourtant, sans pour autant se révéler novateur, Skinny Lister préconise une recette qui n’a plus rien à prouver, bien authentique. Contrebasse, guitare acoustique, des accordéons, deux interprètes et des rythmiques nonchalantes ont réussi à exsuder de nombreux Irlandais… Farandoles et autres activités festives s'alternent dans la foule - mais si la recette prend bien, si le groupe vend bien son image, l’alcool qui a coulé à flot pendant ce concert, et à croire, il a également coulé en backstage. Bien que le concert soit très amusant et très divertissant, les parties à l’accordéon auraient clairement pu gagner en rigueur. Non pas que faire la fête est une mauvaise chose, mais il faut qu’elle se fasse au profit d’une performance sans failles. Ce n'est pas toujours le cas ce soir. Un excellent concert toutefois ! 

Une grosse entrée pour Slapshot ! Voilà du gros Hardcore qui balance des parpaings à chaque mesure… Le groupe s’apprête à se produire pour la première fois à Lille et compte bien suspendre les festivités joyeuses. Pendant l’heure de jeu qui lui est accordée, la formation américaine exploite au mieux sa discographie afin de proposer un concert percutant, perspicace, « rentre dedans » et bien couillu ! Certes, le public est un peu mou du genou au départ et il faut attendre le troisième morceau « Watch Me Bleed » pour qu’un pit digne de ce nom se mette en place. Peut-être qu'il n’est pas habitué à voir un tel groupe se produire ? Sûrement. Mais cela ne veut pas pour autant dire que les Slapshot n’ont pas pu compter sur leur fan-base !

Le groupe est enthousiaste et revigore une populace enivrée par les chansons de Skinny Lister. Slapshot n’est et n’a jamais été pas très innovateur dans sa démarche, mais il faut avouer que ses titres sont tous taillés pour la scène ! Vous avez sans doute été marqués par le son de cette basse bien agressive qui ne faisait qu’une avec la batterie… Le son, un peu trop brut, rendait justice à un groupe, qui malheureusement, n’a pas connu le même succès que ses confrères d’Agnostic Front, Madball et Sick Of It All. Pas grave, cette tournée avec Dropkick Murphys lui a sans doute permis de rafler une nouvelle palette de fans. 

Mais cela n’a pas toujours été évident pour la formation. Bien qu’elle ait son propre style, sa crédibilité, la prestation présentée n'est pas toujours carrée… En fait, son guitariste n’étant pas disponible pour assurer la date (il est parti avec Agnostic Front), la formation s’est vu obligée de faire appel à l’un de ses amis de longue date. Le bougre assure bien, mais la rédaction a parfois remarqué un petit manque de cohésion entre les musiciens. Quoi qu’il en soit, le concert a brisé quelques nuques, et gageons que les américains viendront souiller à nouveau nos terres dans quelques mois ! 

Tout le monde attendait Dropkick Morphys à Lille. Vous en souvenez-vous ? Ils sont passés au Hellfest là où personne ne les attendait… Après les deux premières parties, les Irlandais n’attendent qu’une seule chose, que les Americains de Dropkick Murphys mettent le feu et qu’ils marquent de leur empreinte toute une communauté. Alors oui, tout le monde n’est pas fan de Punk/Rock Celtique, mais force est d’avouer que la formation ne cesse de marquer les esprits à chacune de ses apparitions… Un long drap occulte la scène et les Dropkick Murphys se font attendre…

« One, Two, Three, Four, Let’s Go Murphys », les fans de la première époque chauffent la salle et voilà que la formation investit la salle pour plaider la cause de son dernier rejeton, 11 Short Stories Of Pain and Glory. C’est un spectacle total que la formation nous a concocté… Les lights, les arrangements sonores, les bandes cinématographiques subliment un corpus de morceaux à la fois tirés de ses albums cultes (Going Out In Style, Signed And Sealed In Blood, The Meanest Of Times) et de 11 Short Stories Of Pain And Glory.

Alors ces types sont peut-être friands des modes de vie à l’Irlandaise, mais c’est bien un show à l’américaine qui nous est présenté ! Adieu les vieux backdrops qui ne se contentent que d’indiquer le nom du groupe… Dropkick Murphys, qui n’a définitivement, plus rien à prouver, incorpore à son show une autre dimension grâce aux bandes visuelles qui ont défilé dans le fond ! Pour la plupart des cas, il s’agit là de vidéos correspondant aux thématiques abordées par les morceaux, mais pas que ! Les novices ont pu y trouver leur compte en chantant le refrain des  titres tels que « Rose Tattoo » et « First Class Loser ». La classe.

Quoi qu’il en soit, un concert des Dropkick Murphys, c’est dans la fosse que tout se joue ! Ainsi, associez l’extase d’un fan poissonneux aux flots de transpiration d’un de ses collègues enivrés et vous détiendrez là une orgie musicale… Ça se bouscule, ça se prend dans les bras, ça transpire (l’odeur n’était pas des plus agréables), mais avant toutes choses, ça s’amuse… Et il est assez impressionnant de voir à quel point « l’osmose » prend dans le public quand les fédérateurs « I’m Shipping Up To Boston », « Blood », ou même « Johnny, I Hardly Knew Ya » sont interprétés… Incroyable. 

Mais encore et surtout, les fans du balcons ne sont pas en manque ! Il faut dire que l’ambiance est électrique à tout point de vue, et les musiciens, très vifs ! Les huit musiciens qui composent le combo sont particulièrement actifs sur scène, et n’hésitent pas à se rendre dans le public pour saluer ses fans et serrer quelques poignes. Les autres ne sont pas en manque et font preuve d’un dynamisme sans borne et ce au cours des quelques 24 titres (!) interprétés !

Cerise sur le gâteau ! Le son était extra, digne d’un groupe de la trempe ! Chaque partie de mandoline, cornemuse et accordéon, particulièrement audible, assure la partie « couleur locale » du groupe. Ce soir, c’est comme si l’Irlande était à notre portée. Et bien que la rédaction n’ait jamais eu affaire à ce groupe, elle se doit de la féliciter car elle a réussi à fédérer un public digne et respectable… Vous l’aurez compris, c’est tout exténués et comblés que nous rejoignons notre hôte à la fin du gig. Dropkick Murphys nous a achevés. 

Dropkick Murphys à l’Aéronef ? Ils méritaient clairement de se produire au Zenith, et il se peut qu’ils reviennent dans quelques années parachever leur conquête du Nord, cette fois-ci dans une salle encore plus digne de ce nom. Qui sait ?