Du Metal à la Campagne 2016 - Jour 2

Après une nuit de repos bien méritée, nous reprenons la route avec notre photographe, François Lampin, vers Rexpoëde ! Et la journée s’annonce d’autant plus appréciable car la pluie s’est estompée et a totalement disparu de la circulation ! De quoi ravir les campeurs que nous avons plaints la veille et tous ceux qui s’apprêtent à fêter la musique extrême ! 

Nous arrivons un peu plus tôt que prévu et pouvons profiter pleinement du pot proposé par l’organisation ! Un peu de champagne ne fait pas de mal… Mais rapidement, nous retournons aux choses sérieuses ! 

Le premier groupe qui ouvre les festivités s’appelle Annunaki ! Souvenez-vous, le groupe avait également ouvert pour le Noise Dreamer Zone, et avait souffert d’un son assez mal arrangé, mais c’est chose rétablie à Rexpoede ! Ces jeunes musiciens profitent donc du temps de jeu accordé pour proposer une musique musclée teintée de touches de Metalcore et Djent de temps à autre. Malgré quelques soucis de son - le clavier est un peu en retrait - et quelques problèmes de synchronisation, le groupe s’en est quand même bien sorti ! Maintenant, nous leur souhaitons de poursuivre leurs efforts !

Place à Crackmind, le groupe s’était produit dans le cadre de la première édition du Metal À la Campagne… Et ils sont de retour neuf années après pour prouver une fois pour toute que le groupe a bien évolué dans sa démarche... Mais ce qui a motivé ces nordistes à se produire, c’était bien la volonté de présenter leur nouvel E.P. (concept assez spécial, étant donné qu’il y aura trois E.P. consécutifs). Le groupe aura également surpris de par sa volonté de mixer les différentes tonalités en inculquant à ses morceaux des parties mélodiques bien agréables aux oreilles - même si le groupe s’est totalement planté sur l’un des morceaux - « Pas grave, le batteur est nouveau ». Une belle découverte pour nous toutefois.  

Pegasus ne nous est pas inconnu... Le groupe a sorti un E.P. il n’y a pas si longtemps de ça ! Place au live maintenant, et pour le peu que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne fait pas semblant: break assassin, et mouvements de foule se sont enchaînés durant tout le concert… Oui, le groupe fait des émules auprès de sa communauté de fans, mais il faut avouer que leur style n’a plu qu’à une petite partie de la salle. Peut-être est-ce que par leur musique semble un poil trop superficiel ? On ne sait pas ! En tout cas, le groupe aura quand même fait bonne impression ! 

Tri-Balles ou l’incompréhension de cette édition… Comment un groupe a t-il pu avoir trente minutes de retard ? Ça tarde à se mettre en place et c’est bien dommage… Quoi qu’il en soit, quand le groupe engage les hostilités, nous comprenons à qui nous avons affaire: une solide formation (malgré tout) et surtout trois frontmen pleins de hargne qui ne cessent de hurler dans leur micro pour aboutir à un Death Metal teinté de core, plus que sympathique. Et c’est que ça bouge ! Pas mal de fans frôlent l’accident diplomatique en se faisant valser - ça pousse, ça s’arrache les cheveux, mais ça apprécie la bonne musique - Une belle découverte. 

Veto, comme un vétérinaire, mais en plus court me lance un ami chroniqueur dans la foule - Blague (mauvaise au passage) à part, nous nous ressourçons et changeons de salle, les hostilités se déroulent également dans la salle principale (celle qui a accueilli Napalm Death la veille au passage)… Mais la foule prend son temps et ne se foule pas pour assister au concert de Veto… Tant pis pour elle ! En fait, ce soir, nous avons pu découvrir un groupe au grand talent, qui a réussi à condenser une énergie de brutes dans des morceaux qui ne durent que maximum deux minutes et pas plus ! Oui, les morceaux sont très courts, très agressifs, mais on aura surtout apprécié les cris très expressifs du frontman… Le groupe se veut très communicatif, et nous invite d’aller boire un petit coup avec lui après la fin du gig… Mais pourquoi a t-il décidé de débrancher les guitares d’un coup, sans prévenir le public une seule fois ? Bien que très court, le concert était très bon, mais le final, lui, était un poil déconcertant ! 

Place à The Lumberjack Feedback ou le concert de la journée ! Après avoir fait bonne impression au Hellfest, le groupe se produit au Metal à la Campagne pour présenter son dernier opus Blackened Visions ! Et que dire si ce n’est que le concert répond à toutes nos attentes, il est impeccable et la setlist met bien en avant le dernier objet de la formation… Mais ce n’est pas tout ! Simon et ses sbires apportent une vivacité supplémentaire à leurs morceaux… Oui, car bien que parsemés de nombreux effets, leurs morceaux fleuves sont authentiques, naturels et le groupe n’en fait jamais trop ! Il aura également été intéressant de voir les deux batteurs, Nicolas et Virgil se répondre à coups de caisse claire pendant tout le gig, révélant ainsi l’alchimie qui existe entre tous les musiciens du groupe - bien qu'aucun ne prenne la parole pour présenter le groupe - tout se fait par l’intermédiaire de la musique chez eux ! Pas de parole, non plus, chaque morceau est instrument, que cela plaise ou non ! Certains auront pu trouver cela déconcertant, d’autres se seront pris au jeu des nombreuses variations de ton jusqu’au final cataclysmique où les deux batteurs s’en sont pris à leur jeu de batterie… Oméga, le groupe repart et nous reprenons nos esprits ! 

Au tour de Fake Off de se produire ! Et quelle claque ! Si le combo de Hardcore s’est fait rare ces derniers temps, il est retour et cette date à Rexpoëde en est bien la preuve formelle. En plus, la formation s’apprête à sortir son nouvel E.P. Boréal… En quelques mots, le concert était énergique, et puait l’authenticité à des kilomètres… Le frontman Mika, se veut des plus communicatif et invite le public à gueuler dans le micro, « cette scène est votre scène » a t-il lancé avant de provoquer moult mouvements de foule dans le public de la petite salle ! Quant à nous, nous aurons bien apprécié les différentes textures de leurs morceaux, parfois c’était plus cru, parfois plus gras… Un sacré concert pour un groupe qui ne revendique pas comme un groupe de Metal… À bon entendeur ! 

Pitbulls In The Nursery ou la deuxième claque de cette journée ! Toujours plus présents sur les terres de France, les parisiens assurent le show comme à l’accoutumé… Malheureusement Tersim Backle (le frontman) a décidé de quitter le navire quelques jours après le concert et pourtant, quel hargne et quelle présence scénique. L’homme accapuché incarnait bien les morceaux et faisait preuve d’une rigueur sans borne quand il fallait alterner les différents types de growl ! En vérité, nous ne nous inquiétons pas quant à l’avenir du groupe car il a prouvé qu’il était capable de s’en sortir quoi qu’il arrive… Le tandem basse/batterie est toujours plus homogène et ne laisse pas indifférent les headbangueurs (attention au cou) sur les titres « Crawling », « The Oath » et « Your Dream’s Not Mine »… Un excellent concert qui aura ravi tous les partisans de la cause Thrash/Death. 

On retourne dans la petite salle où Spiritual Driver s’apprête à faire groover le plancher ! Et c’est qu’ils font parler d’eux en ce moment ! Toujours plus pertinent (et rassurant, avoue-le) dans leurs conceptions du Groovy Rock/Sludge, les nordistes montrent en une peu plus d’une demi-heure de jeu qu’ils ont tout des plus grands (Red Fang et Clutch). Bref, une basse bien bourdonnante (bien qu’un peu trop grésillante…) et un chanteur qui se la joue à l’américaine, et c’est là un groupe qui dépoussière une dernière fois le dancefloor de la petite salle avec des morceaux tels que « Brand New Start » et « No Way Out »… Une fois le public conquis, nous quittons la salle et allons assister au gig de Deep In Hate. En tout cas, le concert de Spiritual Driver n’aura laissé personne indifférent aujourd’hui… Quelle est la prochaine étape pour les Spiritual Drivers ? 

Avant dernier concert, et le public commence à fatiguer ! Mais pas question d’arrêter maintenant… Allons donc apprivoiser les Deep In Hate et leur Deathcore… Et comme à chaque fois, la formation est carrée, perspicace et sait marquer le coup en interprétant les titres phares de sa carrière tous issus de leurs trois albums comme « Lobotimizing The Masses » et « Genesis Of Void ». Il faut dire que ça bute derrière, Nicolas Bastos, assure derrière les fûts et il est toujours assez surprenant de se dire que l’homme fait partie de Dagoba maintenant… Bref - Là n’est pas le sujet, mais le fait est là, le bonhomme est un monstre… Tout comme Julien Lebon, leur nouveau chanteur, tout droit sorti de Checkmate, qui n’a eu aucun mal à se faire respecter par la communauté de fans du groupe ! Vous l’aurez donc compris, le Deathcore, assez moderne dans l’ensemble, était pur, et n’a fait qu’une seule bouchée des Metalheads qui se sont entrechoqués pendant tout le concert. - Attention, le sol glisse - Vivement le prochain album de Deep In Hate ! 

Dernière formation à se produire… Sidilarsen ! Certes, l’organisation a eu du mal à proposer une tête d'affiche toute aussi alléchante qu’un Napalm Death… Mais saluons l’effort et l’ouverture d’esprit, car il est évident que ces « Dancefloor Bastards » ont toujours été, tout comme leurs confrères de Mass Hysteria, à l’origine de sujets à polémique. On aime ou on aime pas… Ça passe ou ça casse pour certains. Et pourtant, la salle était comble ce soir, et le concert gargantuesque, copieux et très pro de A à Z. Ce concert, c’était l’occasion de présenter le nouvel opus du groupe, Dancefloor Bastards duquel pas mal de morceaux auront été tirés ce soir ! En plus, la scénographie va avec ! Si le groupe est connu pour jouer avec la nostalgie de ses plus grands fans, le groupe n’hésite pas à aller vers l’avant en proposant une scénographie qui s’inscrit dans l’ère du temps ! Exit les backdrops, et bienvenue aux visuels lumineux et écrans en tout genre ! Et c’est que ça pulse ! Ça se bouscule, ça jump et des personnes du jeune âge se sont acheminés vers la scène (Jade, on t'a vue) pour aller à la rencontre du groupe. Quand on vous dit que la musique n’a pas d’âge… Ahlala, Sidilarsen n’a pas fini de faire défrayer la chronique… Mais à quoi bon s’en plaindre ? Didou et ses sbires sont bien uniques en leur genre.

 

La rédaction en aura mis du temps avant de pondre ce petit live-report mais a gardé souvenir si intact de ces deux jours qu’il n’a jamais été compliqué pour elle de revivre et de retranscrire les gigs d'un événement qui a encore une fois rempli son contrat… Peut-être ce n’était pas complet… Mais l’ambiance conviviale, familiale et festive était au rendez-vous… À l’année prochaine !  

Merci à Céline et le collectif Tout En Scène pour les accréditions et leur accueil !