Dungortheb - Extracting Souls

Comme Kronos, Dungortheb vient des Vosges donne dans le death metal et écume les scènes françaises depuis dix huit maintenant. Ils ont notamment joué avec Mercyless, Marduk, Blockheads, Gorod ou encore Eths. Extracting Souls est leur troisième essai, publié par Great Dane Records, et celui-ci devrait ravir tous les fans de death technique.

Line-up :

Grégory Valentin (chant)
Jérémy Durin (guitare)
Yan Pierrat (guitare)
Samuel Baudoin (basse)
Hervé Joly (batterie)

2014 c'est un peu l'année des vieux death métalleux français sur le retour. Mercyless sort un nouvel album (Unholy Black Splendor), Loudblast sort son disque le plus aventureux (et peut être le plus marquant) depuis Fragments (1998), Supuration fête les vingt ans de The Cube (1993). Et maintenant c'est Dungortheb, l'un des pionners du genre dans les Vosges qui publie son troisième album après dix huit ans d'existance. L'espoir de les voir enfin récolter un peu de cette reconnaissance qu'il mérite amplement, « it's never too late » comme le disent nos amis outre Atlantique.

Car pour Extracting Souls, le quintet a mis les petits plats dans les grands. A commencer par cette production claire et puissante qui aura demandé bien des heures à Clément Decrock (Boss Hog Studio). Une intro bien obscure, nous faisant profiter des gémissements d'une jeune fille à la merci d'un psychopathe ; nous laissant aux prises avec le musclé « Inside », qui met tout de suite les points sur les « i ». Un premier titre rageur qui laisse une bonne place aux growls toujours aussi brisés de Grégory Valentin qui sont autant une marque de fabrique que ces structures à tiroir laissant beaucoup d'espace aux soli partagés entre Yan Pierrat (Destinity) et Jérémy Durin (le deuxième en assurant cependant la grande majorité). La force de Dungortheb c'est de ne pas être trop balisé ou trop élitiste dans ses choix de composition, entre death technique, progressif et cette saveur old school que le groupe ne saurait perdre, il y en a pour tous les goûts. Tout cela dans un cocktail cohérent et détonnant, relevé de riffs ciselés et d'une rythmique plus groovy. Certains plans évoquent les passages techniques les plus metal d'un Gorod ou encore les vieux Pestilence (pas dans le son cependant). Dommage qu'Extracting Souls ait tendance à rouler sur le même tempo, laissant une petite impression de redite en fin de course. « From Memories To Silence » est l'occasion pour un feat avec Nexxium (Octavion), dont la voix est tellement proche de celle de Grégory qu'il faut se concentrer pour être bien sûr de savoir qui chante quoi.

 Extracting Souls ne va pas révolutionner le genre mais montre une force de frappe impresionnante doublée d'un travail de composition et de son des plus aboutis. Les vosgiens rendent une copie propre bien plus percutante encore sur les planches, un espace où les papas savent encore y faire. Fan de death metal ? Tu sais ce qu'il te reste à faire...