Dwail - The Human Concern

Fondé en 2006 à Toulouse, Dwail est un quartet de core'n'roll qui s'affirme autant du postcore que du stoner ou encore du power à la sauce US. Le groupe fait suite à leur EP The Human Concern Part 1 (2013) avec ce deuxième album qui regroupe les deux parties de ce concept album traitant d'ufologie et évidemment simplement intitulé The Human Concern.

Line-up :
Yannick Sans (chant)
Julian Gretz (guitare)
Mathieu Arrestier (basse)
Léa Constantino (batterie)

Dwail est le seul groupe dont j'ai chroniqué tous les albums à ce jour (seul l'EP Monstro de 2006 manque à mes frêles oreilles), il est aussi le premier groupe que j'ai jamais chroniqué. C'est donc un peu rituel pour moi mais surtout un plaisir de découvrir ce que les toulousains ont à proposer, car s'il est un peu décevant de voir que le groupe reste encore méconnu (malgré trois tournées françaises qui forcent le respect comportant des dates avec Biohazard, Mass Hysteria, Psykup ou Sidilarsen), il a de bien belles choses à dire et se montre fort convaincant live (domaine dans lequel je n'ai pas le plaisir de les avoir écouté).

Dans un premier temps il faut revenir sur la première partie de The Human Concern, devenue ici la deuxième (vous suivez toujours?), toujours porteuse de l'intensité et de la furie incontrôlable présente sur Helter Skelter (2011). Parfois tellement intense et tellement imprévisible que la musique de Dwail peut donc être assez difficile d'accès pour l'auditeur qui doit se montrer hyper attentif pour capter tout ce que le combo propose. Un post-hardcore hérité de Converge saupoudré par un feeling rock'n'roll bien senti et dosé (« LD 50 ») qui peut rappeler Everytime I Die, abrasif et incisif, mené par les guitares toujours très précises de Julian Gretz et les plans de Léa Constantino (batterie) toujours très puissants et chargés (mais toujours bien sentis). Suffit d'écouter l'instrumental éponyme, titre le plus épuré et ambiant du quartet, sur lequel elle place un peu de double pour s'en convaincre. « District One » lorgne lui plus sur ce que le groupe proposait avec son premier essai, toujours avec ces petites réminescences de Dillinger Escape Plan.
En gros Dwail montrait qu'il restait toujours aussi imprévisible et furieux avec une touche rock'n'roll bien plus prononcée (mais déjà présente sur Helter Skelter) qui simplifiait son propos, celui-ci restant néanmoins très dense et quelque peu chargé.

Un an après les toulousains nous proposent donc la suite de The Human Concern (qui occupe la première partie de l'album, vous aviez saisi?), qui disons le d'entrée, affirme définitivement le feeling rock'n'roll amené dans la Part1. Seule la première salve « Influx » demeure vraiment proche de ce que le groupe a fait un an auparavant, dès « Darkening Trees » le constat est sans appel : Dwail mixe à la perfection un postcore à la Converge avec du stoner. On découvre ainsi un break djent au possible qui réalise l'exploit de rocker et de groover, « The Elements », un peu plus lent, sonne carrément sudiste tandis que le plus postcore « Crop Circle » nous embarque dans son ambiance à couper au couteau admirablement relevé par des samples calés au poil de fesse sur la musique. Avec « A Sharp Gunshot », on tient le « tube » de l'album, un titre très stoner doté d'un break assez sludgy sur lequel Yannick Sans s'essaye à un refrain plus chanté vraiment réussi.

Dwail montre qu'il a encore progressé et simplifié son propos, sans perdre de sa rage sa musique se montre bien plus entraînante et son mélange s'avère maîtrisé tout en gardant le côté imprévisible de sa personnalité. The Human Concern est une réussite totale qui ne peut que donner envie de suivre les futures activités des sudistes car s'ils continuent à bonnifier leur son à ce point chaque année ils pourraient bien faire partie des meilleures formations de postcore actuelles.