East - Hula Hoop

C'est en 2012 que Christophe et Olivier décident de fonder EAST, duo influencé par le rock noisy, la new wave ainsi que la musique électronique contemporaine. Ce melting-pot musical donnera naissance en 2013 et 2014 à deux EP Into the Dawn et Violence In The Flowers. L'année dernière, EAST devient trio et enchaîne les concerts. Aujourd'hui, leur premier album Hula Hoop est désormais disponible sous le label Automate Records (Tisiphone, RANK).

Line-up:

Dee O'Flash (chant, guitare)
Robert C. Milk ( (guitare, synthé, choeurs)
Nick Tod (batterie)


EAST nous avait laissé sur notre faim avec seulement deux éponymes aux pouvoirs ensorcelants. Leur premier opus Hula Hoop attendu par un public averti et conquis respecte à la lettre le mantra que s'étaient donné Christophe et Olivier: "jouer fort et se noyer dans le son". A travers une plongée imminente entre mélancolie et nostalgie, l'univers sensible et singulier de EAST nous propulse dans des contrées où sonorités électriques et électroniques sont harmonieusement réunies.

" Happy New Year" ou "Robert Milk" sont des hommages assumés au post-punk de la fin des seventies, The Cure dans sa période Three Imaginary Boys puis Seventeen Seconds. Les riffs sont composés de résidus électriques détonnants et la voix gutturale est teintée d'un accent suave et envoûtant. "Yes Yes Yes" et "Far Away Away Away" laissent sonner des basses lentes et pesantes, non dénuées de rythmes plus énergiques et légers par moments, apportant un contraste intéressant. La voix lointaine de Dee O'Flash est teintée d'accents épurés et hallucinés d'affirmations graves. La réverbération et les échos un peu loufoques inscrivent les notes d'une présence langoureuse et pleine. "Seaside Road" laisse se démener les BPM. Intensément mélancolique et puissant dans l'inattendu que préserve chaque mélodie à venir, on songe à Bauhaus.

Surprise et premier morceau en français de l'opus, "Tes Hanches" s'inscrit dans la somptueuse et tortueuse poésie des groupes signés sous le label Pop Noire, Lescop en tête mais également d'autres étoiles montantes dans le paysage français telles que Paradis ou Grand Blanc. Paroles oppressantes, "le noir devient le tunnel de mes pas", les instruments se libèrent de cette douce axphyxie à la fin du morceau pour laisser un solo qui est le bienvenu triompher. "Ice Lake" ainsi que "Never Be Afraid" sont sensuels, chamaniques et atmosphériques. A l'écoute de certaines notes, le trouble se fait ressentir de la très proche proximité avec le timbre vocal de Ian Curtis. EAST nous offre une sensation étrange, qui est celle de disparaître dans le bruit.. C'est ce que nous suggère "Disappear In The Noise", laissant notre esprit flotter dans un océan où la new-wave est reine. On se laisse emporter, délaissant le vingt-et-unième siècle pour se laisser guider par les arcanes du post-punk.


Les fans de la première heure d'EAST ne seront pas déçus. Rendant hommage aux maîtres de la new-wave, le trio nous prouve durant toute l'écoute de l'album, qu'il n'est pas seulement capable de cela. Allant plus loin et nous emportant vers un ailleurs inconnu et lointain, plus moderne, Hula Hoop est une invitation au voyage dont le mystère reste indéchiffrable.