Electric Beans - Sans Modération

Formé en 2011, les Electric Beans sont de fiers niortais qui pratiquent du punk moderne bourré d'humour. Après un premier album en septembre 2014, Sobres Et En Sourdines, le groupe a filmé le 18 avril 2015 son premier live au Madison Carré Jardin Culturel de leur fief. Une salle qui selon les dires du groupe « aurait pu accueillir les Rolling Stones » et « qui a failli accueillir Iron Maiden » et les a donc vu jouer devant « 50.000 fidèles (200 selon la police) ». Sans Modération se veut un manifeste plein d'humour de punk'n'roll festif à déguster et à partager en toute impunité.

Line-up :

Ludo (guitare)

Phil (basse, choeurs)

Arno (chant)

Frfr (batterie)

 

Après Raptor King voilà encore un groupe de rigolos estampillé Dooweet Agency (Harmonic Generator, Evenline, Pavillon Rouge...): les Electric Beans !

Couillu et original après seulement un album de se lancer dans l'exercice du live alors que l'on est un petit groupe français de punk rock. Et c'est bien la mission remplie par Sans Modération dont le pendant DVD est encore en chantier. Le quartet y reprend la quasi-entièreté de son album Sobre Et En Sourdine, seul "Mon Monde" et "Chanteur De Rock" ne sont pas interprétés, complétés par cinq titres qui figureront sur le deuxième album des niortais.

N'étant pas fan de punk je ne pensais pas vraiment passer un bon moment à l'écoute de ce premier live et pourtant ! Si la musique ne me retourne pas plus que cela, on est sur du punk simple et efficace avec la touche d'approximation pour le rendre crédible, tout comme le chant d'Arno crédible mais sans spécificité notable ; non ce sont bien les textes et les refrains qui font d'Electric Beans un combo à suivre. Restant dans cette optique les speeches d'Arno sont extrêmement drôles et les quatre se laissent aller à des excentricités propices à la gaudriole. Ainsi à la fin de "What The Hell" (LE tube du combo, étrangement présenter sous le nom de "Motherfucker" par le frontman) les petits pois reprennent "Partenaire Particulier" (Partenaire Particulier), demandé à corps et à cris par des fans, titre seulement évoqué dans la version originelle du morceau. On pense aux Shériffs, à Bérurier Noir ou encore à Elmer Food Beat le tout dans un écrin plus moderne, justifiant l'appellation de modern punk donnée aux pois. Impossible de vous parler de la qualité visuelle et de l'impact énergétique concret des niortais puisque seul le pendant CD a été envoyé aux médias. L'ambiance est cependant sympa et le public, extrêmement réceptif et n'hésitant pas à donner de la voix, permet à l'entreprise de ne pas être reléguer au rang de blague. Le quartet s'émancipe pas mal de son pendant studio, au-delà de la reprise de "Partenaire Particulier", on peut noter le long jam de "Faux Frère" ou encore ce break world music (que les pisse-froids pourraient qualifier de raciste) sur "Deal Vaudou".

Rien de transcendant sur ce live bon enfant qui saura tirer au minimum des sourires aux bons vivants. Sans Modération est un témoignage honnête d'un groupe bas du front qui cherche à s'éclater, sachant qu'avec un peu de chance il en éclatera d'autres.