Elvaron - Ghost Of A Blood Tie

Le 11 avril dernier, les Nancéiens du groupe de « Heavy – Progressif » Elvaron ont dévoilé leur nouvel album intitulé Ghost Of A Blood Tie, produit par Fantai’zic Productions (Deficiency, La Horde). Il s’agit du cinquième album de la formation, le dernier en date remontant à 2007 (Gravitation Control System, chez Pervad Productions). Près de dix ans après, les voici de retour avec un nouveau bébé de 64 minutes, mettant en musique les textes de l’écrivain de fantasy et fantastique Mélanie Fazi (Grand Prix de l’Imaginaire, prix Masterton), spécialement écrits pour l’occasion.

L’album décrit l’histoire d’un homme anéanti par la perte de son frère et cherchant la rédemption. On imagine donc une ambiance torturée, tourmentée, éplorée. Le son et le style d’Elvaron ayant immanquablement évolué depuis leur première production en 1997, les voilà à présent qui s’essayent à un album « narratif » que nous avons décortiqué pour vous. Mais d’abord, une petite remarque concernant le line-up : depuis l’album précédent, Julien Skorka et Shuguang Li ont pris la relève respectivement pour la basse et le clavier. Du sang neuf dans le groupe, donc potentiellement de nouvelles influences complémentaires à celles de Matthieu Morand (guitare, chant) et Frédéric Renaut (Batterie).

Le bal est ouvert par « The Journey Within », qui est un morceau instrumental se rapprochant du metal symphonique. Clavecin, chœur aux sonorités mystiques, violons en font une intro énigmatique et subtile. C’est justement cette subtilité qui nous accompagnera tout au long de la production : tantôt en douceur avec le piano de Shuguang, tantôt bestialement à travers le chant saturé de Matthieu, on vole d’un arrangement à l’autre si bien que les titres assez longs (comme souvent dans le metal progressif) nous paraissent durer moitié moins de temps. Les mélodies sont très travaillées, et mises en avant par un chant alternativement clean et saturé, et des variations de tempo pertinentes. On ressent clairement des influences heavy voire thrash sur des morceaux comme « Run Away In Fright », ou encore « From A Brother To A Shadow » qui présente des soli remarquables. Le talent des musiciens se fait ressentir, notamment à travers des codes musicaux parfois propres à la musique classique : sur le morceau « Run Away In Fright », on peut par exemple relever une fugue entre la guitare et le piano ce qui est tout à fait original. À propos de piano, on ne peut qu’applaudir la virtuosité de Shuguang sur des morceaux comme « The Journey Within », « Distant Shores » mais surtout sur « No Town Of Mine », où l’on peut clairement ressentir des influences classico-romantiques dans son jeu. On a cependant un regret à l'écoute de cet album : la production n'est clairement pas à la hauteur du talent des musiciens, et ne fait pas vraiment honneur aux compositions.

Vous l’aurez compris en lisant ces lignes, l’album « Ghost Of A Blood Tie » est extrêmement riche du fait de la maturité et l’écclectisme des musiciens de la formation. On sent l’expérience acquise depuis 1993, le groupe à commencé par suivre les codes puis maintenant écrit le sien en mêlant progressif, heavy – thrash, symphonique avec des touches de classique. Si l’on ajoute à ça les paroles très travaillées, on approche du sans faute sur cet album malgré une production très moyenne. Malgré leurs fortes influences prog comme Dream Theater ou encore Symphony X, Elvaron a su trouver sa recette et tracer son propre chemin sans tomber dans le déjà vu.