Erevan - Darkness Epsilon

Vous connaissez tous l’histoire du gars qui s'est enfermé chez lui pour jouer de la musique tout seul... Figurez-vous que la formation Erevan est née ainsi. David, le père du projet depuis bientôt cinq années, a vu passer des musiciens aux niveaux divers et variés et a ainsi créé le groupe dont il a toujours rêvé. En 2014, le « one man band » devient un groupe à part entière et il aura fallu attendre deux ans pour le groupe sorte son premier album, j’ai nommé Darkness Epsilon...  

Pas évident du sortir du lot en 2016 surtout quand on joue du Hard Rock à tendance progressive, tout a déjà été exploité de fond en comble. Les Everan ont toutefois essayé d'apporter leur pierre à l’édifice en faisant la musique qu’ils aiment. Et pourtant, bien qu’ils aient voulu bien faire, tous les morceaux sentent le « déjà-vu » que ce soit au niveaux des structures ou bien des riffs comme sur « It’s Better Now ».  Quoi qu'il en soit, tout est particulièrement bien interprété et propre sur des titres comme « Heal My Sorrow ». Ce dernier met en avant une nappe de clavier assez « old school » et des solos bien sympathiques. 

Les ambiances de l’album sont riches et les morceaux possèdent tous une personnalité qui leur est propre comme le mid-tempo « Killing Our Brothers » qui marquera les esprits grâce à ses intonations « Metal », c'est sans doute le morceau le plus teigneux de Darkness Epsilon. Il se démarque des titres comme « Stay Alive », lui marqué par des mouvements plus « groovy » et des rythmiques dansantes. L’auditeur pourra s’amuser à discerner les différentes influences de la formation. Nous les avons trouvées, les distinguerez-vous ? 

Par contre, si certaines pistes sortent du lot, les entreprises de la formation n’ont pas toujours porté leurs fruits. Trop de morceaux sont joués en « mid-tempo », ce qui a la fâcheuse tendance à revêtir l’album d’un aspect longuet. De plus, quelques pistes paraissent inabouties comme « Then I’m Alive »… Cela se profilera jusqu’à « Becoming an Angel » où le groupe a sorti des passages assez clichesques dès l’introduction (les claviers sont assez poussifs et kitch). Et pourtant, ça n’a pas empêché le groupe de remonter la pente en proposant des solos très expressifs sur ce dernier.

Ce n’est pas nouveau, chanter en anglais n’a jamais été une tâche évidente pour un francophone, il n’y a qu’à écouter la reprise de « Ride On » de Trust pour s’en rendre compte. Ici, c’est un peu le même cas. L’accent franchouillard, pas forcément déplaisant, a révélé une faille dans le chant clair du frontman et a laissé entrevoir quelques fausses notes sur « Heal My Sorrow ». Dommage. 

Dernier mot concernant la production, elle est assez inégale. Les parties de guitares (surtout les passages de « solo ») sont bien mises en avant, mais la basse est bien trop etouffée. L'instrument aurait pu gagner en relief… De même pour le clavier qui aurait mérité à ce qu’il soit égalisé sur « Heal My Sorrow » et « Becoming an Angel ».  

Nous ressortons assez déçus de cette écoute (le groupe a enchainé quelques maladresses qui ont terni le potentiel des morceaux)... Gageons que le groupe fera mieux pour son deuxième essai. It’s a Long Way To The Top…