Erlen Meyer - Erlen Meyer

A la croisée entre le polar noir et le thriller d’épouvante, ERLEN MEYER livre, à l’occasion de ce premier album éponyme, un véritable manifeste sludge metal, lourd, poisseux, haineux et sans concession.
Leur premier album éponyme : « Erlen Meyer », Mai 2013 (Shelsmusic) Mixé et masterisé par Magnus Lindberg (Cult of Luna).

Line up :
Olivier LACROIX, Voix  
Pierre BERGER, Guitare 
Jérémie NOEL, Guitare 
Jérémy ABELLA, Basse 
Karol DIERS, Batterie

Nous commençons avec un 9 titres fort intéressant tant dans sa sonorité que dans son visuel. L’artwork de cette production est sobre mais très personnelle et colle tout à fait à l’univers de la formation. A première vue il apporte un aspect mental malsain et dérangeant.

Bien que le groupe est catégorisé dans le sludge metal, nous ne manquerons pas de souligner le côté très black metal donné par le titre introductif Gamla stan et ex-voto (Behemoth es-tu là ?). Intro relativement bien exploitée et mise en valeur avec l’entrée du premier morceau Nuit.
On note tout de suite une atmosphère lourde et profondément torturée, renforcée par les riffs guitares percutants et inquiétants.

La voix claire d’Olivier me fait vivement penser à du Eiffel, Noir Dez ou encore du No one is innocent (petit clin d’œil à Shanka si tu me lis !). Il est très intéressant de voir comment on passe du scream à la voix claire. L’effet est brutal mais très efficace car on est tout de suite forcé de prêter plus attention à ce qu’on écoute. Une sorte de flash qui nous rappel à l’ordre et qui fonctionne parfaitement. Et nous n’allons surtout pas manquer l’occasion d’applaudir l’utilisation de la langue française (avec maîtrise s’il vous plaît) ! Cela d’autant plus vrai avec un titre comme Agatha (plus dans le timbre de No one is innocent) et Sans Fleur ni Couronne (d’une durée de 10 minutes tout de même).

L’atout majeur de cette production réside dans le mariage quasi parfait entre une instru déconcertante et dissonante renforcée par les screams et cette voix claire qui nous laisse sur le cul.

Une production riche en couleurs, car même au-delà d’un sludge sec, on trouve avec grand plaisir des morceaux comme Les caprices de Remington où toute l’instru est jouée au piano. Le piano symbolise bien le mariage entre les deux mondes d’Erlen Meyer : l’instabilité et la maturité. Cette plage instrumentale est une transition essentielle dans cet album.

Nous n’avons toujours pas abordé la structure des morceaux. Tantôt sludge, tantôt post black, tantôt doom (Temple du cri), c’est avec un certain plaisir que l’on goûte à différentes sonorités qui viennent doucement forger une identité propre à la formation.

L’album prend fin sur un morceau d’une dizaine de minutes à nouveaux. Bec et Ongles reprend le mélange utilisé pour l’ensemble de l’album et vient apporter une conclusion finale et définitive.

C’est donc une production très intéressante dans sa sonorité que nous vous invitons à découvrir. Le groupe Erlen Meyer surprend avec son sludge metal particulier et sa marque vocale. Un mélange qui saura surprendre et séduire. Une première production non sans intérêts, à suivre de très près.