Evenline - Dear Morpheus

Quatuor parisien fondé en 2009, Evenline a notamment ouvert pour Alterbridge au Luxembourg il y a trois ans alors qu'il devait déjà le faire lors du passage du groupe à la Maroquinerie en 2010, donnant pour l'occasion un concert acoustique devant la salle (!). Récemment le groupe a aussi ouvert pour Seether au Forum de Vauréal. Après un EP, Coming Life, en 2010 toujours, Evenline publie son premier effort longue durée : Dear Morpheus.

Line-up :

Arnaud Guéziec (chant/guitare)
Fabrice Tedaldi (guitare)
Thomas Jaegle (basse)
Olivier Stefanelli (batterie)

Après The Milton Incident et 9 Fake Reasons, Dooweet Records nous révèle encore un groupe parisien qui donne dans le rock/metal à l'américaine. Comme ses deux confrères de label, Evenline cherche à écrire des titres taillés pour le live qui doivent faire chanter les barbus et émouvoir les midinettes.

Et Dear Morpheus commence de la meilleure des manières avec la triplette « Misunderstood », « Without You » et « A Letter To A Grave ». Un premier titre aux prétentions tubesques qui reste immédiatement en tête, rappelant un peu le « Isolation » d'Alterbridge (l'intro inquiétante et énigmatique en moins), l'un des plus grosses influences des parisiens. Le second reste dans le même style, même si l'ensemble sonne déjà un peu moins metal et plus rock, avant la première ballade de l'album qui est certes fort réussie mais qui n'annonce rien de bon lorsqu'elle arrive en troisième position. Le chant d'Arnaud Guéziec (chant/guitare) fait un peu penser à celui de Chad Kroeger (Nickelback), mais le bougre place quelques growls (!) avec parcimonie, tranchant un peu avec le propos général. Les mauvaises langues iraient jusqu'à dire que c'est pour se faire passer pour plus méchant qu'il ne l'est vraiment mais je ne suis pas une mauvaise langue et encore moins un enfoi... Bref, si « Insomnia » reste une franche réussite dans la lignée toujours aussi accrocheuse de l'album, le disque s'endort quelque peu au fur et à mesure des titres qui suivent. « Over And Over » sonne déjà très pop, mais c'est sans compter sur l'enchaînement de « Already Gone » qui calme encore plus le jeu.

Heureusement « Dear Morpheus », dont la structure et l'arpège introducteur rappelle encore Alterbridge et notamment « Blackbird », relance le tout par son aspect épique. C'est que l'on ne sent plus l'énergie furieuse développée sur les premiers titres, tout n'est à jeter non plus. Le groupe sait vraiment écrire des titres accrocheurs et des mélodies marquantes, on ne peut le nier. « Eternal Regrets » nous achève sur une très belle power ballade aux arrangements de cordes très classieux, qui aurait cependant plus d'impact si elle n'avait pas été précédé d'une autre autre ballade (« You Should Have Left Me »).

Dommage donc que Dear Morpheus ait un peu tendance à s'attendrir plus que de raison sur certains de ses refrains (« Hard To Breathe », « Over And Over »), la musique d'Evenline n'ayant pas besoin de s'adoucir pour convaincre et se faire marquante. Ce premier album reste une franche réussite de rock/metal US, à voir si les titres passent aussi bien le cap de la scène (notamment au niveau du chant, souvent l'élément le plus compliqué à gérer). En attendant on se dit que si le groupe n'était pas français sa carrière aurait bien plus de chance d'aboutir.