Ex Deo - The Immortal Wars

Légions ! En avant ! Chargez ! Bienvenue sur le champ de bataille, au milieu de cohortes romaines s'étalant à perte de vue et s'apprêtant à engager l'ennemi carthaginois qui s'amasse de l'autre côté de la vallée. Les trompettes résonnent, les ordres fusent, les pas de milliers de légionnaires battent la cadence sur le sol... Non, vous n'êtes pas dans un film, mais bel et bien plongés au coeur du tout dernier album d'Ex Deo, The Immortal Wars. Side-project des membres de Kataklysm, Ex Deo a comme particularité d'explorer autant dans sa musique que dans ses textes des ambiances et des histoires directement inspirées de l'Époque Romaine. Leur prochain chant de guerre s'annonce meurtrier. Qu'en est-il ?

Line-Up :

Maurizio Iacono - Vocals

Stephane Barbe - Guitar

Jean-François Dagenais - Guitars

Dano Apekian - Bass

Oli Beaudoin - Drums

Dès les premières notes de "The Rise Of Hannibal", on se sent d'ores et déjà happé par le groupe et transporté quelques millénaires en arrière jusqu'à la terrible période des Guerres Puniques, ayant opposé durant près d'un siècle l'Empire Romain et l'Empire Carthaginois. Les instruments font entendre leur cadence guerrière, soutenus par des choeurs et des voix plaintives, avant que la lourdeur rythmique ne vienne étouffer l'atmosphère sur le chant rageur de Maurizio Iacono. Le son à la Kataklysm se reconnaît immédiatement au niveau des guitares, mais le point fort d'Ex Deo, en plus de proposer du gros riff, sera d'instaurer une ambiance des plus épiques et tout à fait cohérente avec le propos de Maurizio. Et de l'épique, comment ne pourrions-nous pas le ressentir en levant le poing lors de l'écoute du refrain du premier morceau, mid-tempo et redoutablement efficace. Sans hésiter l'un des passages les plus merveilleux de The Immortal Wars !

Un début d'album parfaitement réussi de la part d'Ex Deo, qui nous met d'emblée dans l'ambiance ! Et le rythme s'accélérera nettement après cette entame mid-tempo avec "Hispania (Siege Of Sagentum)" et son introduction des plus combatives, mais surtout avec le titre "Crossing Of The Alps". Une compositon qui verra Maurizio mettre toujours autant d'énergie à vociférer ses textes tandis que les instruments se lâcheront définivement afin de balancer toute leur rage et leur violence. La double pédale rugit, les guitares enchaînent les rythmiques et les claviers sont toujours aussi immersifs. On se croirait presque avec le général Hannibal en train de franchir les Alpes avec ses troupes et ses redoutables éléphants !

Ex Deo ne propose que huit titres dans The Immortal Wars, mais quel talent insufflé à chacune des compositions ! Un sans-faute qui se poursuit avec le guerrier "Cato Major : Carthago Delenda Est !", notamment dominé par des symphonies encore une fois intelligemment distillées et surfant sur des guitares tantôt mélodiques, tantôt rentre-dedans. Que d'émotions à l'écoute de ce refrain ! Et de l'émotion, nous en aurons encore pour cette fin d'album, avec le plus lent "Ad Victoriam (The Battle Of Zama)" mais tellement représentatif de la magie qu'Ex Deo nous transmet à chacune de ses notes, avec des guitares toujours aussi nerveuses et pesantes et des choeurs magnifiques, comme sur l'un des ponts situés en deuxième partie de morceau. La dernière résistance de l'ennemi s'effectuera sur l'implacable "The Spoils Of War" et ses accélérations assassines tandis que la consécration de la victoire finale de l'Empire Romain face à Carthage sera illustrée par le mélodique mais non moins destructeur "The Roman", mélangeant avec brio atmosphères épiques et riffs tapageurs.

Ex Deo nous livre ici une aventure des plus merveilleuses et des plus immersives, démontrant haut la main toute sa maîtrise et sa capacité à plonger l'auditeur dans un univers à part et totalement atypique qu'est l'Époque Romaine. Maurizio Iacono est toujours aussi impliqué dans son rôle de général haranguant ses troupes, et les compositions illustrent à la perfection ses directives, mêlant symphonies, guitares, percussions et basse dans une parfaite harmonie martiale. Huit véritables perles signées de la main de ce grand empereur qu'est Ex Deo ! Fans des précédents albums, vous pouvez y aller les yeux fermés, mais les oreilles grandes ouvertes !