Exocrine - Unreal Existence

Le Death Metal Technique est en vogue en ce moment. Quand Gorod a confirmé ce mois-ci sa stature de référence Hexagonale du genre avec son nouvel album, A Maze Of Recycled Creeds, de nombreuses formations prometteuses se sont inspirées de leurs aïeux comme Exocrine ! Eux aussi en sortant Unreal Existence voulaient montrer qu’ils maitrisaient les canons du Death Metal Technique.

Bien sûr, il est évident que ce groupe souffrira de la comparaison de ses ainés. Mais comme il est agréable de remarquer que l’ambiance insufflée par Exocrine s'installe automatiquement dès les premiers schémas déconstruits de « The Cycle Form ». Et quelle claque ! Les riffs hachés et les démonstrations guitaristiques s’enchainent et prennent le relais. Posez ce disque sur votre platine et ces titres pourvus de violence comme « World In Fire », « Parasite » animeront vos soirées de débauche avec ses vocaux gutturaux et ses guitares vicieuses. 

Unreal Existence n’est pas constitué d’un seul bloc. Il s’agit là d’un corpus où les titres suivent un ordre logique. Comprenez là qu’une progression se met en place au fur et à mesure que l’album défile. Exocrine a bien voulu montrer cela en faisant sortir du lot deux morceaux constitués de deux parties distinctes pour « Voynich Manuscript » et « The Blood For a Crown ». Pourquoi deux mouvements ? Car il s’agissait là de séparer les différentes intonations de ces deux fragments. Quand la première partie est plus aggressive, l’autre demeure plus calme en apparence. 

Ce qui fait la puissance d’un tel album, c’est son caractère éphémère. En un peu plus d'une demi heure jeu, Exocrine force le respect en dotant ses titres d'une violence assez impressionnante. L'album ne fait preuve d’aucun temps mort dès « The Cycle Form » jusqu'à leur reprise personnelle de Cynic « Celestial Voyage ». Les titres sont tous marqués par une dextérité remarquable mise en exergue sur en moyenne trois minutes. Le tout jongle entre des démonstrations de sweeping et des rythmiques dysharmonieuses comme sur « The Cycle Form » ou bien « The Last Council ». Les parties gutturales sortent également de l'ordinaire avec ce frontman qui ne cesse de varier entre des vocalismes littéralement hurlés et growlés. Un régal pour les oreilles qui n’inaugure que du bon pour les yeux en vue des concerts de la troupe.  

Quant à la production, Exocrine a décidé de ne pas en faire trop et a opté pour une production naturelle qui va droit au but. Ce côté très « root » n’est pas sans rappeler les thématiques crues proposées par la formation. Tout rentre en connivence avec le côté sanguinolent des titres comme « The Blood For a Crown Part I ». 

Même si l’album peut donner l'impression d'être un poil linéaire avec ses passages hyper techniques qui n'en finissent jamais, il faut avouer que le groupe a saisi le principe d’une telle musique. C’est à dire qu’avec ces tornades de riffs et ces changements de tempos sur des morceaux comme « World In Fire », Exocrine a voulu se faire plaisir tout en s'inscrivant dans la lignée des plus grands. 

Avec Unreal Existence, Exocrine a réussi à s’imposer là où on ne les attendait pas avec des compositions efficaces et implacables qui dévalent tout sur leur passage. Bonne continuation !