Interview - Exuviated

Depuis plusieurs années, Exuviated figure parmi les plus grands espoirs de la scène Metal belge. Avec un album précédent de qualité et des apparitions sur des plateaux et des festivals renommés (comme le Wacken Open Air, excusez du peu), le groupe de Marche est plus que jamais en position de franchir un palier, surtout avec un Last Call To The Void qui n'a rien à envier à la concurrence internationale.

Avec le recul, que penses-tu de Morpheus Orphan sorti il y a déjà quatre ans ?

Jean-Philippe Sonnet : Morpheus Orphan était notre album de lancement, son but premier était de nous révéler au sein de la scène metal belge, de nous donner une identité. Celui-ci nous a permis de décrocher de très belles dates, de mettre sur pied un set solide et accrocheur et, en ce sens, je pense que c'est un premier album très satisfaisant.

Avec cet album, vous avez eu la possibilité de représenter la Belgique à la Battle Metal de Wacken. Ce fut une expérience incroyable, qu’en retiens-tu ?

Un son énorme, un public énorme et une gueule de bois énorme ! C'est la machine de guerre des festivals je dirais. Je ne suis pas un grand fan des méga-structures du genre mais y avoir joué reste un souvenir impérissable.

Entre la sortie des deux albums, le groupe a connu plusieurs changements de line-up. Peux-tu revenir dessus ?

Gaultier Baclin a cédé sa place de bassiste à Léonard Ivanciu (ancien Silence Is The Enemy) et Stefan Cox a cédé son poste de guitariste à Renaut Van Oeyen (ancien Virus 4).

Est-ce que ces changements de line-up ont apporté de nouvelles influences sur Last Call To The Void (qui me semble plus agressif que son prédécesseur) ?

Ces changements de line-up ont, d'une part, renforcé notre section rythmique avec l'arrivée de Léo et la lourdeur de sa basse. D'autre part, ce renouvellement dans nos rangs a apporté du sang neuf aux compositions avec l'arrivée de Renaut pour compléter notre binôme guitare. Ce dernier s'est tout de suite pris au jeu de notre Death Metal et a su lui apporter la puissance et l'inquiétude recherchée.

Le morceau « The Open Mouth Of Decay » a été écrit en collaboration avec Jérémy Laitem qui a assuré l’intérim à la basse pendant quelques temps. Pourquoi ne pas l’avoir gardé comme membre permanent du groupe ?

Vu le retard pris sur l'album en 2013 la pression était très forte en 2014 pour avancer sur les compositions. Ce n'était malheureusement pas le bon moment pour Jerem qui avait déjà pas mal de choses à gérer au niveau privé et professionnel. Il a néanmoins contribué à ce morceau de l'album, et ça personne ne pourra l'oublier !

L’album précédent était une autoproduction. Maintenant, vous êtes signés chez Spinal Records. Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Il s'agit toujours en théorie d'une autoproduction car le financement de l'album a été assuré par le groupe, de l'enregistrement au pressage. Notre deal avec Spinal Records nous a permis de nous dégager du travail de distribution et d'une partie du travail de promotion.

La pochette de Last Call To The Void me rappelle beaucoup le travail de Seth Siro de SepticFlesh, dirais-tu qu’il a été une influence pour toi ?

Le travail de Seth est incontournable, autant pour le graphiste que pour le fan de « dark arts ». Œuvrant dans le même créneau et utilisant les mêmes techniques infographiques de mixage d'images, il est évidemment une influence pour moi. Tout comme Bacon, Olivier De Sagazan ou des photographes comme Joel-Peter Witkin et Sarah Moon.

Un certain concept entourait Morpheus Orphan. Est-ce encore le cas cette fois-ci ?

Ici, on peut parler de fil conducteur et non de concept. La thématique de l’album gravite autour de deux éléments principaux dont le trait d’union est l’être humain.

Il y a, d’une part, une sorte de questionnement métaphysique, de communication avec le néant, de dialogue avec l’immatériel, avec le vide qui nous compose et nous entoure. Vide que l’on essaye de combler ou de dompter via la religion, la spiritualité ou encore la science. C’est ce rapport du vivant et du vide qui nous intéresse ici.

Le second aspect important de l’album est l'aspect cathartique, une sorte de sublimation des pulsions, de libération de la parole, le défouloir death metal par excellence à travers lequel l’on peut s'exprimer librement.

L’album a été masterisé par Jens Bogren. Est-ce comme un rêve devenu réalité pour vous ?

Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un rêve devenu réalité mais c'est toutefois une profonde envie que nous avons concrétisé et qui a changé notre façon d'appréhender la production d'un album. A l'avenir nous accorderons sans doute encore plus d'importance aux phases de mixage et de mastering.

A la fin du mois, vous donnerez une date en compagnie de Belphegor et Vital Remains à Arlon, j’imagine que vous êtes impatients ! Y-a-t-il une tournée de prévue pour supporter l’album ? Vous avez eu, par le passé, l’occasion de vous produire sur quelques beaux plateaux à l’étranger !

Une tournée européenne est en effet au programme pour 2016. Nous recevons chaque semaine quelques propositions et nous sommes en train de faire le tri afin de trouver la plus opportune.

Vous avez réuni tous les grands moyens avec Last Call To The Void mais vu l’état du marché, cela n’a pas dû être chose aisée. Dirais-tu qu’il est de plus en plus compliqué de « faire les choses comme il faut » maintenant ?

Faire les choses comme il faut n'est pas compliqué en soit, il suffit d'avoir conscience de ce que signifie le « comme il faut » et ensuite de se donner les moyens de le faire. Il faut y mettre de son temps, de sa poche et surtout de sa sueur pour arriver à l'objectif fixé. Un groupe c'est un peu comme un couple de 4 ou 5 personnes, si tu veux que ça marche, et bien tu dois t'y investir chaque jour !

Vous vous êtes donc produits à Wacken ou au Massdeathtruction et au Durbuy Rock pour la Belgique. Quels sont les festivals sur lesquels vous rêveriez de vous produire ?

Graspop Metal Meeting, Hellfest, Alcatraz, Antwerp Metal Fest, Brutal Assault, Netherlands Deathfest... Nous voulons jouer partout !!!

Merci pour cette interview, je te laisse les mots de la fin !

Et bien tout d'abord merci à vous, Metal Cunt, pour la tribune que vous nous offrez ! La seule chose que j'ai envie de dire à vos lecteurs est de redoubler d'effort pour soutenir les groupes et la scène qui les fait vibrer, de venir au concerts en masse et de continuer à partager cette passion qui nous anime tous.

Line-up :

Jean-Philippe Sonnet (chant)

Cédric Grandhenry (guitare)

Renaut Van Oeyen (guitare)

Leo Invanciu (basse)

Grégory Grandhenry (batterie)

Discographie :

An Era's Condemned (EP - 2009)

Morpheus Orphan (2011)

Last Call To The Void (2015)