Exuviated - Last Call To The Void

La Belgique, ses bières, ses frites et ses formations de Metal… Tout pour faire un monde ! Et Exuviated en fait pleinement partie ! La formation était même revenue en 2015 avec un nouvel album, Last Call To The Void, sorti chez Spinal Records. Un essai qui s’inscrit dans la suite logique de Morpheus Orphan, leur avant dernier rejeton. 

Avec ce nouvel album, Exuviated a relevé le défi d’étendre son champ d’action. Il fallait à tout prix sortir des sentiers battus en variant les textures de sa musique. Et Exuviated s'est illustré ! Cet album de Death Mélodique transpire le professionnalisme et met en relief un groupe qui ne cesse de s’améliorer à chaque réalisation. La preuve avec ces tranches caractérisées par une production fine, qui permet à l’auditeur de détecter les nuances de tonalités émises par les guitares de Renaut et Cédric sur des titres comme « Ode To The Wind ». 

Ça tambourine ! Dès les premiers hurlements de Jean-Philippe sur « No Faith Remains ». L’auditeur est pris dans un univers de tourmente qui mêle agressivité et hargne. Les Exuviated ont saisi l’intérêt d’une telle musique... Les riffs en allers/retours s’enchainent en cascade. Il est même agréable de repérer quelques-unes des influences des Belges comme Hypocrisy ou bien Amon Amarth sur les titres « The Open Mouth Of Decay » et « Under a Black Feil ». Néanmoins, l'album n'est pas une boucherie sans nom. Les morceaux sont de vrais chefs d'oeuvre de labeur... C'est toute une armature qui se dessine quand nous écoutons le titre « Sacred Passenger ». Sa construction progressive lui permet  de sortir du lot... Les parties de guitare acoustique situées en toute fin n'y sont pas pour rien.   

Ce nouvel album aura également été l’occasion pour Jean Phillipe de faire valoir ses prouesses vocales. En effet, le monsieur est expert en la matière et ne le cache pas. Il sait varier différents niveaux de growl. Quand ses hurlements sur « Ode To The Wind » semblent se positionner dans les aigus, ceux de « Last Call To The Void » défient les lois de la gravité. C’est-à-dire que son chant est lourd et épais...  

Ainsi, nous comprenons la raison pour laquelle le groupe a pris tant de temps à concevoir cet album. Comme sur un canevas, les Belges ont voulu tisser et ficeler leurs morceaux de telle sorte que l’auditeur ne se lasse pas. Néanmoins, il est toutefois regrettable que quelques longueurs se fassent ressentir au fur et à mesure... Bien que des éléments comme « Black Empty Face » et « Last Call To The Void » marquent l'auditeur, une légère routine s'installe à la toute fin de l'album. Dommage.   

Il est toutefois plaisant de voir que l’album que l’on tient dans nos mains est abouti. La preuve avec ce magnifique artwork qui correspond très bien à l’univers de démence et de violence proposé par Exuviated.  

Avec un tel album, les Exuviated pourront mettre à jour leur setlist et fracasser de nouvelles cervelles en live. Et pour le peu que nous avons à dire, c’est qu'il y aura des heureux dans la salle de concert.