Factor Hate - Scary Tales

Qui écoute encore du Heavy Metal en 2016 ? Souvent considéré comme dépassé, le Heavy Metal a du mal à se renouveler et pâtit toujours des clichés qu’il a engrenés ces trente dernières années. Mais le genre passionne toujours autant et ce n’est pas les membres de Factor Hate qui nous contrediront. Fondé en 2011, le groupe sort enfin son premier full-length, Scary Tales

« Overture » se charge d’introduire « You’re In The Nightmare », le premier vrai titre de l’album. Et vite, nous comprenons que les franciliens n’en sont pas à leur premier essai (ils sont riches d’expériences diverses et variées). Les rythmiques ont été peaufinées et révèlent un groupe à la personnalité déjà bien affirmée sur les titres « Wild As The Wind » et « Riding Fast and High ». 

Le chant est honnête et typique mais gagnerait à être plus précis par moment (n’est pas Bruce Dickinson qui veut). The Watcher (le frontman du groupe) nous offrira toutefois de bons moments, notamment lors du refrain de « The Watcher ». Mais, il est regrettable que ce frontman n’aille pas plus souvent dans les aigus… C’est dommage car le résultat est assez monotone en fin de compte… 

D'un point de vue instrumental, ça se veut toutefois plus riche. Les tempos s’alternent laissant place à des morceaux mid-tempo comme « Asylum », puis plus dopés comme l’illustre « Black Roses ». Bref, il y en pour tout le monde dans cet album, et les compositions sont particulièrement bien interprétées (mention spéciale au batteur qui n’hésitera pas à faire usage de la double pédale sur des titres comme « Riding Fast And High » et « Reach To The Sky »).   

Néanmoins, bien que l’inspiration semble avoir été au rendez-vous (l’album contient seize pistes !), ça ne transpire pas l’originalité pour autant. Peut-être manquait-il un ingrédient qui aurait pu faire relever la sauce ? On ne sait pas, mais il aura été facile de cerner les influences des morceaux « Asylum » et « Reach To The Sky ». Ça sonne comme du bon vieux Heavy Metal britannique (Saxon, Judas Priest) et Allemand (Warlock, Accept) et il ne fait aucun doute que ces clins d’oeil feront plaisir aux fans du genre. 

L’album est rythmé par des interludes. Les Factor Hate étaient sûrement motivés par l’idée de faire de leur album, un concept-album qui aurait pour sujet l’horreur et de ses dérivés… (Alice, si tu nous lis…). Grâce à « Overture », « Schyzophrenia », Lunatic World » et enfin « Underture », l’ambiance voulue n’aura pas eu de mal à se mettre en place. Et en plus, ça a le mérite de nous remettre en tête l’année où Queensrÿche avait rencontré le succès grâce à son Operation Mindcrime... 

Un petit mot concernant la production. Elle se veut efficace pour un groupe de cette envergure. Mais nous ne saurons leur conseiller de voir plus gros pour leurs prochaines réalisations, ça sonnait un peu cru et compact de temps à autre.  

Un album de Heavy Metal de ce qu’il y a de plus banal, pas parfait, mais on sent la passion, et l’honnêteté. Et en plus, c’est sans prétention ces franciliens le sortent. Et ça fait plaisir. À bon entendeur !