Fear Factory - Genexus

 

Il y a des groupes qui perdurent grâce à leur passé et non leur actualité. Leur histoire basée sur des classiques qui ont influencé des centaines de formations est pour certains de plus en plus entacher par des prestations médiocres et des albums en demi-teintes.

Fear Factory est bien de ceux là. La dernière fois que l'usine de la peur nous a vraiment effrayé remonte à 2004 et cet Archetype que personne n'attendait suite au départ de Dino Cazares (guitare). Depuis l'« asesino » est de retour tandis que Christian Olde Wolbers et Raymond Herrera sont partis (ils ont fondé Arkea depuis avec Jon Howards de Threat Signal), remplacés d'abord par Gene Hoglan et Byron Stroud pour l'album Mechanize (2010) et désormais par Tony Campos (ex-Soulfly, ex-Prong, Asesino) et Mike Heller (System Divide).

Ce nouveau line-up a accouché de The Industrialist il y a deux ans, un album dans la droite lignée de ce qu'il a toujours affectionné mais plutôt de bonne facture.

Dire que lancer Genexus ne fait serrer les dents serait mentir. La formule employée par le quartet est bien connue de tous : riffs saccadés, couplets hurlés/refrains chantés, son des plus mécaniques, textes très SF (machines, société privée de liberté...).

Et dès « Autonomous Combat System » nous voilà en terrain archi-connu, l'éternelle présence de Rhys Fulber (Paradise Lost, Sybreed) aux manettes n'étant probablement pas étrangère à cela.

Nous n'avons droit à aucune surprise tout au long de Genexus mais si la première écoute laisse un de marbre, force est de reconnaître que cet album passe bien. Les refrains fonctionnent à merveille (« Dielectric », « Regenerate »), on se laisse aller aux riffs toujours plus rythmiques de Dino, seul le définitif « Expiration Date » long de six minutes montrent une vraie prise de risque. Le groupe rappelant plus l'échappée solitaire de Burton C Bell, Ascension Of The Watchers, ou encore Crosses (en moins dépressif) pour l'occasion. Un vrai petit bijou que l'on attendait pas du tout ! Plus electro que metal ou même rock, si la batterie qu'il y a sur ce titre est une vraie je veux bien me faire pisser dessus par Jimmy Le Sicilien pendant qu'il m'appelle Katsuni. Difficile de passer sous silence la « similarité » entre « Slave Labor » (Archetype) et l'éponyme mais bon avouons que chacun pourra trouver de grandes similarités entre ces nouveaux morceaux et des classiques du combo. Dans ces conditions pas évident d'épiloguer sur un disque en tout point dans la lignée de ces plus ou moins illustres prédécesseurs, autant faire comme le quartet : simple et efficace !

On ne pourra pas dire que Fear Factory nous trompe sur la marchandise, tout ce qui fait le sel du groupe est bien là. Mais là est aussi le problème, rien ne surprend ou n'étonne. S'il est plus que probable que Burton aura bien du mal à reproduire les refrains en direct, FF est aujourd'hui un groupe d'une régularité exemplaire sur album. A la manière d'AC/DC il donne toujours ce qu'il fait de mieux à ses fans et c'est déjà pas si mal. Ceux qui aiment être surpris et attendent un minimum d'originalité peuvent uniquement poser une oreille sur « Expiration Date » et laisser Genexus aux inconditionnels de l'usine. Nul doute que ces derniers vont passer un très bon moment.