Fetal Autopsy - Backwoods Bloodshed



Les One-Man Band américains ne sont pas rares dans le milieu du Death Brutal. Putrid Pile et Insidious Decrepancy l'ont bien démontré avec leurs leaders respectifs Shaun LaCanne et Shawn Whitaker. Ici, le fan de musique extrême Ray Bell nous balance dans Fetal Autopsy un son agressif, lourd et suintant la mort et la maladie. Son dernier album, Backwoods Bloodshed, va nous transporter dans les tréfonds d'une forêt abandonnée afin de s'adonner aux pulsions les plus barbares. Récit d'un voyage sordide.


Line-Up :
Ray Bell - Tous les instruments


Ce qui est certain dans cette nouvelle galette de Ray Bell, c'est que le gaillard a tenu d'emblée à nous mettre mal à l'aise, et ce grâce à des compositions très mid-tempo dans l'ensemble, donnant à ce disque une ambiance suffocante et quasi-malsaine. On aura l'impression sur la majorité des titres de se faire poursuivre par un détraqué dans la forêt à la tombée de la nuit, façon Massacre À La Tronçonneuse, notamment sur les deux premiers titres, "Necrotic Fornication" et "Left To Rot". Le rythme est pesant, la voix grave de Ray Bell assombrissant des guitares déjà très graves et une double pédale écrasante. Les claviers et les supplications féminines presque mystiques viendront accentuer cette atmosphère très noire sur le deuxième titre pré-cité.

Des relents de Brutal Death Slam viendront faire subtilement leur apparition sur des morceaux comme "Backwoods Bloodshed" ou "Mummified Putrefaction", renforçant une nouvelle fois cette sensation d'étouffement, que l'auditeur ressentira sur chaque note, telle une victime tentant d'échapper au meurtrier sanguinaire qui le poursuit implacablement. La tension bondira d'un coup avec la superbe accélération de "Mummified Putrefaction", sans nul doute la chanson la plus violente de l'album.

Des titres seront légèrement plus planants que d'autres, avec des arpèges venant alléger la lourdeur suintante de la musique de Ray Bell, comme "Sculpted Flesh", "Awaiting The Slaughter..." ou encore la conclusion instrumentale "Screams Of A Decaying Soul". Sur ces deux derniers, on appréciera d'autant plus l'atmosphère globale de l'album, sur fonds de claviers et de cris d'agonie bien angoissants. Comme si l'histoire prenait fin, le tueur ayant réussi son entreprise macabre.

Mais voilà, l'atmosphère très convaincante de Backwoods Bloodshed ne fait pas tout ! C'est musicalement que le bât blesse. Malgré une très bonne production, rendant grâce au son sinistre des instruments, les morceaux seront pour la plupart trop longs, ressassant sans arrêt certains riffs qui deviendront à la longue lassants et monotones. "Necrotic Fornication", "Dennis The Menace", "Butchered In A Casket" ou encore "Sculpted In Flesh" auraient ainsi mérité plus de diversité dans le riffing proposé, ce qui n'aurait finalement pas dégradé la qualité de l'ambiance de l'album. Pour une galette d'environ 50 minutes, 10 minutes auraient pu être enlevées afin d'en faire un disque plus appréciable et moins lassant sur la durée.

Fetal Autospy et son leader, Ray Bell, nous livre donc un album aux atmosphères très intéressantes, plongeant droit l'auditeur dans un film d'horreur, poursuivi par un (ou plusieurs) dégénéré(s) sanguinaires. Mais la longueur de Backwoods Bloodshed posera quelque peu problème, un problème qui sera accentué par un manque de variété dans le riffing proposé malgré quelques accélérations bienvenues.