Flayed - Monster Man

 

Fondé en 2013 par Julien, Flayed est une figure montante du hard rock old school français. Regroupant un line-up expérimenté (God Damn, Anaaa, Butchery, etc...) le sextet a déjà ouvert pour les Scorpions, Nitrogods, Crowbar, Orange Goblin ou encore les Buzzcocks. Une petite année après leur premier né, Symphony For The Flayed, ils reviennent avec Monster Man, toujours soutenu par la Klonosphere (Trepalium, Scarred, Pitbulls In The Nursery...).

Line-up :

Renato (chant)

Julien (guitare)

Rico (guitare)

Charly (basse)

Rafinet (claviers)

JP (batterie)

 

Bien avant la musique lorsqu'on parle de Flayed il faut rendre hommage à leur activité scénique. Ils se font rare nos compatriotes qui passent un maximum de temps sur les routes pour aller chercher son public par la peau du cul. Et les rhônalpins n'hésitent pas à bouger puisqu'ils viennent de terminer une tournée au Québec (!) avec Les Trimpes.

Cela dit nous pouvons nous intéresser au contenu de Monster Man, un album qui peut paraître prématuré à une époque où une formation prend généralement deux ans minimum entre chaque sortie. Pourtant ce deuxième rejeton n'est en rien bâcler ou mauvais. Si aux premières écoutes une impression de redite se fait sentir, les neuf titres (merci les mecs de faire un album concis) qui le compose sont bien différents et bourrés de qualité. Le but de Flayed n'est pas de révolutionner le genre et encore moins d'être dans l'ère du temps. Tout sonne comme si le groupe jouait dans les années 70 et chaque référence qui vient à l'esprit est directement issu de cette décennie. Dire qu'il y a de la pompe dans l'air serait cependant mensonger, les références sont nettes mais pas abusives (pour exemple « Novel » qui sent le Black Sabbath à plein nez se fend de nombreux passages bluesy). Flayed c'est du classic rock qui swingue, les claviers hammond (qui ne manqueront pas de rappeler Deep Purple) de Raph donnant ce côté piano bar à l'ensemble. Pour un peu la Louisiane n'est pas loin (« No Surrender », « Stanced », « Unfairly »).

Le groove présent tout au long de Monster Man est ce que j'appellerais un groove « d'ancien », comme seul les vieux briscards savent en pondre. Ce groove simple et efficace qui fait taper du pied, issu directement du boogie et en cela les rythmiques de JP rappelle souvent AC/DC.

Je parlais dans ma chronique de Hell Of A Ride de bons chanteurs et en la matière Flayed est servi. Renato Di Folco qui s'affirmait comme un clone vocal de Phil Anselmo dans God Damn, est clairement la pièce maîtresse du sextet. Véritable crooner du 21èm siècle il sublime chaque note de l'album de son timbre chaud et versatile. Il est à ce titre la seule touche un tant soi peu moderne de Flayed. La plupart des refrains s'incrustent en moins de deux dans la tête (« Monster Man », « Heat Of The Sun ») et ce même s'il est difficile de trouver un vrai tube en puissance comme « Machine Fun » du premier album.

Sans jamais chercher à réinventer le style mais en le pratiquant avec talent et plaisir apparent, Flayed est un bohneur auditif. Un plaisir venu d'un temps révolu, un temps où l'on chantait à tue tête, où l'on tapait du pied et où les métalleux s'appelaient « hardos ». Flayed c'est juste du bon vieux hard rock de grand père avec lequel je prends rendez vous dans un mois sur les planches. Je vous raconterais ce que cela donne mais je doute être déçu.