Fleshgod Apocalypse - Carach Angren - Nightland - Le Petit Bain - Paris

L'apocalypse tombait à coup sûr en ce mercredi 18 janvier sur notre belle capitale ! La raison ? L'arrivée des deathsters italiens de Fleshgod Apocalypse et Nightland, accompagnés par les plus sombres hollandais de Carach Angren. Autant dire qu'avec ces trois groupes, le symphonique allait être à l'honneur au coeur de la péniche du Petit Bain. Entre atmosphères de fin du monde, grosses guitares et growls d'outre-tombe, la soirée était parfaite pour passer un excellent moment ! Reporting.

Ne restant pas plus longtemps à l'extérieur dans le froid parisien, nous nous réfugions rapidement dans la salle afin de profiter d'une bonne bière, déjà, mais également des premières notes de Nightland, premier groupe à passer devant le public du Petit Bain. Notre bière en main, on se faufile rapidement dans la fosse afin de profiter du show des italiens. Face à un public attentif et très calme, malgré la présence de quelques remuants headbangers, Nightland effectua avec le plus grand soin son concert.

Inutile de ne pas penser à leurs compères de Fleshgod Apocalypse (pour les ambiances) ou de Hour Of Penance (pour la noirceur des guitares) à l'écoute des musiques de Nightland. Les guitares demeuraient très sombres, alternant entre passages rapides et moments pesants, et les ambiances ressortaient avec fracas afin d'accompagner les instruments sur scène. On notera notamment le morceau "A.R.E.S." pour ce mélange si subtilement dosé entre ombre et lumière, avec des couplets très noirs mais un refrain très épique et que n'aurait pas même renié un certain Ensiferum ! Une compo qui m'a agréablement surpris.

J'attendais tout particulièrement le titre "Alpha Et Omega", qui fut pour moi l'un des meilleurs moments du show, apportant justement ce côté très apocalyptique qui sied tant au groupe. Un petit coup de guitare, et voici que les symphonies se lancent sous les coups de blast beats de la batterie, emportant tout sur leur passage. Un rythme dévastateur des plus jouissifs !

Et c'est que le groupe incarnait à la perfection sa musique, les membres étant engoncés dans des armures de combat et restant bien en place sur scène, comme pour illustrer la puissance destructrice de leur univers. Si l'on rajoute une performance au chant très efficace et un son bien calé dans l'ensemble, on peut affirmer avoir passé un très bon moment avec les gars de Nightland ! Un show qui annonce d'ores et déjà du bon pour le futur du groupe !

Après le Death symphonique des italiens, c'était au tour de Carach Angren et son Black symphonique de monter sur scène afin de réchauffer pour de bon une salle qui commencait à se remplir de plus en plus. La fosse étant comble à l'arrivée des quatre blackeux, il s'avérait justifié que le public allait enfin se permettre plus que du simple heabanging. N'étant pas fan du groupe sur CD, il me tardait de voir ce que cela pouvait donner en live. Et bien, force est de reconnaître sait y faire quand il s'agit de mettre l'ambiance dans ses shows !

Jouant une musique très saccadée, faisant la part belle aux claviers tout en n'oubliant pas les passages typés Black à la guitare sur fond de pickings, Carach Angren offre un véritable show visuel. On applaudira la prestation très théâtrale du chanteur, bougeant partout sur scène et s'accrochant même aux haut-parleurs de la scène, comme possédé par son propre rôle. Haranguant constamment la foule et se permettant même de se rajouter une couronne noire sur la tête en milieu de concert, le vocaliste était plus que présent.

Avec une telle énergie sur scène, un pogo général ne mit pas longtemps à se former, allant même jusqu'à se muer en circle pit sur un blast beat des plus rageurs balancés par le groupe. Et il faut dire que Carach Angren ne laisse pas vraiment respirer son auditoire ! En proposant un Black très torturé, bourré de passages à contretemps et autres à-coups totalement inattendus, les hollandais tentent vraisemblablement de nous amener au bord de la folie, si ce n'était pas déjà fait pour la foule de pogoteurs devant la scène.

Malgré le fait que je n'ai pas accroché à tous les morceaux du groupe, découvrir Carach Angren en live fut une très bonne expérience pour ma part, notamment grâce à leur énergie hors du commun qui faisait vraiment plaisir à voir !

Setlist :

Once Upon A Time...
There's No Place Like Home
Lingering In An Imprint Haunting
Departure Towards A Nautical Curse
Spectral Infantry Battalions
Bitte Tötet Mich
When Crows Tick On Windows
Sir John
The Carriage Wheel Murder
Killed And Served By The Devil
Bloodstains On The Captain's Log

Après une telle performance de Carach Angren, il était temps pour Fleshgod Apocalypse de clôturer en beauté une soirée qui s'était annoncée jusqu'à maintenant très agréable, mais qui allait forcément pour moi monter d'un cran en termes d'attente, appréciant le groupe depuis très longtemps.

Et l'apocalypse vint sous les trompettes de l'intro "Marche Royale" de leur dernier album, avant que "In Aeternum" ne déboule comme un boulet de canon, provoquant dès les premières notes un véritable pogo dans la fosse. Le groupe se dépense sans compter sur scène, Tommaso Riccardi acompagnant les morceaux de son puissant growl tandis que le claviériste Francesco Ferrini, assis à son piano, dos au groupe, distille ses symphonies avec sa touche de virtuosité caractéristique. Les guitares se font entendre, rapides et techniques, suivies de près par l'excellent batteur (cogneur !) Francesco Paoli, encore une fois impérial derrière ses fûts.

Comme à son habitude, les italiens montrent une très grande solidité sur scène, maîtrisant leurs compositions à la perfection. Fleshgod Apocalypse tenait en plus à assommer son public d'entrée, avec l'enchaînement "In Aeternum"/"Healing Through War", mais surtout le redoutable "Pathfinder". Les bien connus "The Violation" et "The Fool" étaient également de la partie, mais le groupe eut le plaisir de nous servir des titres mid-tempo mais tout aussi destructeurs, comme "Gravity", "The Egoism" et le final "The Forsaking".

Une setlist des plus efficaces, qui mit la salle du Petit Bain à feu et à sang ! Et je ne pourrais conclure ce Live Report sans parler de la grande surprise de ce show des italiens, avec l'arrivée fracassante en fin de concert d'une composition de leur premier album Oracles, "In Honour Of Reason". Entre riffs saccadés et grosse double pédale, le titre eut l'effet escompté : celui de foutre le plus de bordel possible !

Setlist :

Marche Royale
In Aeternum
Healing Through War
Pathfinder
Cold As Perfection
The Violation
Prologue
Epilogue
Gravity
The Fool
The Egoism
Syphilis
In Honour Of Reason
The Forsaking

Entre un Fleshgod Apocalypse qui fit son boulot avec toujours autant de maîtrise, un Carach Angren dopé aux vitamines et visuellement très efficace, et enfin un Nightland qui n'eut absolument pas à rougir d'une performance puissante et carrée, que cette soirée fut belle ! Certes, l'aspect symphonique de chacune des formations aurait pu bénéficier d'un peu plus de punch dans une plus grande salle, mais l'on s'en ficherait presque ! C'était bien fun et c'est ce qui compte !