FogWax - Swimming With Sharks

Enregistré l’été dernier, Swimming With Sharks est le premier album de FogWax. Nouveau projet de deux ex-Last Barons qui en gardent la ligne musicale purement 90’s et fusion. A nouveau signé chez Klonosphere (Trepalium, Lizzard, Hypno5e…) comme Last Barons l’a été, le trio publiera ce premier essai le 22 avril.

 Line-up :

Julien Soler (chant/basse)

David Mazeline (guitare)

Romain Thillaye (batterie)

 

Un gâchis. C’est ainsi que j’ai pris la fin de Last Barons après un deuxième album, Cheval De Troie (2012), absolument génial. Un retour réussi et assumé dans la fusion des années 90, fleurant bon le Faith No More, le Soundgarden, le Alice In Chains et même le Korn sur l’intro « Shaman’s Warning Song ». Quelle ne fût pas ma déception en apprenant le split du quintet quelques mois après sa sortie sans avoir pu voir le voir sur les planches (alors qu’une tournée était à l’étude selon les dires du groupe). Quel plaisir de voir donc aujourd’hui ce premier album de FogWax et de retrouver deux des auteurs de cette perle qui n’a pas vraiment eu le temps de briller.

Et à la première écoute Swimming With Sharks est une déception. Pas que tout la magie ait foutu le camp loin de là mais rien ne vient vraiment marquer l’esprit durablement en dehors de « Man Of The Year » qui rappelle encore FNM et « Fight Women ! » dont le riff fait vibrer le corps et le refrain chanter à tue-tête. Le groupe y affirme encore son amour pour Soundgarden avec ce break écrasant qui rappelle aussi « Soul Grinder » sur Cheval De Troie. L’ensemble est bien plus sombre (il suffit d’écouter « Spider Will Have His Revenge Against The Town » pour s’en convaincre), lourd, moins varié et moins catchy que ne pouvait l’être Cheval De Troie. Alors bien sûr on ne peut cacher le plaisir de retrouver la voix sublime de Julien Soler, si proche du regretté Layne Staley et sa capacité incroyable à moduler en vibrato. La promesse de revenir vingt ans en arrière est tenue avec cette production signée Guillaume Doussaud (Swan Sound Studio) old school et organique au possible et on va ne pas noircir le tableau les huit morceaux (plus l’interlude acoustique « Blood Eagle ») sont bien foutus. Et pourtant rien n’y fait, Swimming With Sharks est une petite déception. « Big Black Nowhere » et sa structure à tiroir envoûtante oscillant entre lourdeur et douceur, le final acoustique « Despotic Anxiety » titre de fin de soirée alcoolisée dans la veine du « Take This Bottle » de FNM relevé par des arrangements du meilleur effet, « Ocelot » plus poppy bien qu’arrivant peut-être trop tôt dans le track-listing. Il y a du bon sur ce premier jet de FogWax, seul « Ice Cold Men » et « Spider… » ne laissent vraiment pas de souvenir quel qu'il soit mais rien qui rappelle les salves imparables du chant du cygne de Last Barons.

L’exercice de la chronique en devient avec les années, fastidieux et il est fort possible que ma nostalgie ou mon attachement à Cheval De Troie me rende bassement tatillon. Et pourtant si je devais mettre une note à cet opus je lui mettrais 14 ou 15 sur 20 par ce que peu importe ce qui m’amène à penser cela, Swimming With Sharks est juste un bon disque et j’en attendais bien plus. Trop visiblement !