Fractal Universe - Boundaries Of Reality

En attendant la fin de l’année pour la sortie d’un nouvel album, les Nancéiens de Fractal Universe nous ont concocté une réédition de leur EP Boundaries Of Reality (2015) avec deux nouveaux titres.

En l’espace seulement de deux ans, Fractal Universe a réussi à assurer les premières parties de grosses pointures telles que The Black Dahlia Murder, God Dethroned ou encore Hideous Divinity à travers l’Europe et dans nos contrées.  Composé de Vincent Wilquin (Scarred) au chant et à la guitare, Hugo Florimond (Slatsher) à la guitare, de Valentin Pelletier à la basse et enfin de Clément Denys à la batterie, le quatuor de Nancy entend bien nous faire découvrir son univers singulier et atypique de Death Progressif à la française.

Qui dit progressif dit technicité et le moins qu’on puisse dire c’est que Boundaries Of Reality n’en manque pas. Dès le premier titre « Mourning The Loss Of A Dim Glance », Fractal Universe montre de quoi ils sont capables avec un morceau qui va crescendo avec une minute épique ne laissant point présager du déluge sonore qui s’ensuivra. Tout y passe, mélodies envoûtantes et polyrythmie  très atypique qui rappelle un certain Virgil Donati (Planet X, CAB), passé maitre en la matière. Ce premier titre dure pas moins de huit minutes et non pas des moindres avec alternance des passages tantôt speed, tantôt  heavy. On aurait pu frôler l’indigestion mais ceux-ci sont exécutés avec une telle maitrise qu’on se laisse aisément tenté par les autres titres de cet EP. Bien moins longs que le premier, les deux titres suivants «  Tears Of Misanthropy » et l’éponyme sont plus rentre-dedans et se rapprochent davantage des standards du genre. Ce qui ne signifie pas qu’ils sont moins intéressants. C’est d’ailleurs presque un soulagement d’écouter ces deux titres consécutivement parce qu’ils donnent une vraie couleur à cette œuvre. Le risque était de tomber dans les travers telles certaines formations qui ne font que reprendre la même chose sur tous les morceaux  et finissent par tourner en rond. Là, les mélodies sont riches et facilement reconnaissables, ce qui met enfin en évidence le groove accrocheur du quatuor. Dire que les titres suivants sont anecdotiques au vu de mes commentaires précédents serait totalement injuste et assez réducteur parce que Fractal Universe fait preuve d’éclectisme  qui ravira  pas mal d’oreilles avisées. Une mention spéciale pour le titre « The Enigma Of Human’s Sorrow » (ndlr,un petit coup d’œil à Chuck Schuldiner ??!!? ) qui aura fini de convaincre les plus sceptiques. Un titre très riche et jouissif et qui passe en revue tous les ingrédients d’un excellent morceau rappellant parfois Necrophagist et surtout les Montréalais de Quo Vadis, le chant moins « growlé ». D’ailleurs,  ce serait le seul reproche que je pourrais formuler à l’encontre de ce Boundaries Of Reality parce qu’un chant plus caverneux aurait pu amener plus de profondeur à l’ensemble. Mais osons espérer que c’est davantage un choix assumé du groupe qu'un véritable accroc à son épanouissement.

Quoi qu’il en soit, cela faisait bien longtemps qu’on attendait une formation bien de chez nous qui soit capable de nous proposer quelque chose d’intéressant dans le genre. De par son éclectisme et sa diversité rythmique, on ressent une similitude même si elle n'est pas criante avec Between The Buried And Me Malgré le fait que Fractal Universe n’existe que depuis à peine deux ans, avec Boundaries Of Reality on ressent déjà une certaine maturité du groupe qui met la technique au service d’un groove qui vous prend véritablement aux tripes.