ghUSa - 25 Years Of Death Metal

25 ans de death metal technique et brutal. 25 ans que ghUSa taille sa route au milieu des poids lourds du genre, qu’ils soient français (Massacra, Crusher, Loudblast) ou suédois (Nihilist, Dismember, Mourning).  Pour fêter cet anniversaire, le groupe a compilé l’ensemble de ses productions dans un coffret collector, sobrement intitulé 25 years of Death Metal. L’occasion pour nous de redécouvrir le parcours et la discographie de ghUSa, à travers cette rétrospective.

Line-up:

Voices: L. Chuck D. (Ex No Return, Carnal Lust, Yorblind)
First Guitar: Frédéric Patalas (W.I.L.D., Blood Troopers, One Eye Dollar)
Second Guitar: Vincent Bigaillon (W.I.L.D., Unexpected Paradigm)
Bass: Heimdall (DunkelNacht)

1994. ghUSa sort sa première démo. Un clavier, des cordes, et tout à coup un break de batterie, une ligne de basse décompressée. Le riffing est simple et efficace, la voix growlée se pose comme une fleur. La première chose qui frappe à l’écoute de ce premier titre, c’est la volonté de ghUSa de faire la synthèse entre les nombreux courants qui en 1994 sont déjà présent sur la scène death metal. Le jeu de guitare de Frédéric Patalas et Vincent Bigaillon rappellent autant un thrash death à la Merciless de par leur simplicité et leur tempo que le plus pur du death suédois à la Edge Of Sanity, de par leur son gras et étoffé. Les rythmes lourds et effrénés se muent progressivement en breaks épiques, s’étalant sur plusieurs tonalités successives, rappelant les débuts du melodeath, précisément vers 1994, avec Hypocrisy et At The Gates. L’omniprésence quasi-absolue de la basse est par ailleurs à déplorer. Autant Heimdall, qu’on retrouve aujourd’hui dans DunkelNacht, est un très bon bassiste, autant il n’est pas un soliste, et les lignes de basse, à défaut d’être d’une technicité virtuose, deviennent autant de parasites au son de ghUSa qu’elles en sont aussi la charpente. Un petit mot enfin sur le chant. L. Chuck D réalise une très belle performance, maîtrisant aussi bien le chant guttural typique d’un death américain que les lignes hurlées, plus typées suédoises. Au vu de ses deux principaux courants d’influences, ghUSa signe avec sa première démo une belle entrée en matière, et nous livre un death metal de qualité, qui ne demande qu’à s’affermir et s’affiner avec le temps.

2002. 13 ans ont passé depuis la fondation de ghUSa, 9 depuis leur première démo. Arrive le premier EP. Intitulé The 4th Nail, il est auto-produit. Il s’agit alors pour ghUSa de choisir quel chemin emprunter, l’agressivité et l’énergie suédoise, ou la technicité et la lourdeur américaine, et la réponse est clairement la seconde option. Dès le premier riff, ghUSa tranche avec la démo de 1994. Un riff résolument lourd et sombre, un chant guttural, entrecoupé régulièrement de lignes au chant clair, ajoutant une véritable touche de folie au death metal de ghUSa. Les compositions sont par ailleurs plus techniques, plus abouties, et l’ensemble des riffs et des chansons est d’une excellente qualité. La basse est toujours présente, mais elle s’intègre beaucoup mieux aux compositions de ghUSa. Un bon point pour le groupe, qui, loin de proposer un death chirurgical, incorpore à sa musique plus d’émotion, un brin de folie, porté par l’adéquation entre une structure de compositions solide et infaillible et un chant puissant et pas monotone pour deux sous.

2006. 17 ans, et bientôt la majorité pour ghUSa. Le groupe est enfin en mesure de sortir son premier full-length. Letter To My Son(‘s) est, à l’instar des deux productions précédentes, auto-produit. Il est dans la continuité assez logique de l’EP de 2002, quoiqu’assez différent. Tout d’abord, ghUSa renoue avec la tradition suédoise du death metal. Un son gras, dissociant les parties rythmiques des parties leads (beaucoup plus de riffs à harmoniques artificielles sur cet album que sur l’EP le précédant.), et le retour de la basse dans le mastering. Loin d’être omniprésente et parasitante comme sur la Promo Tape, elle n’est pas non plus invisible comme sur The 4th Nail. Jipouille de Saint Loup (qui s’occupe du mastering sur toute la discographie de ghUSA, ndlr.). Elle sait au contraire trouver sa place sur les quelques passages ou elle est visible et détachée du reste de la production. La recette reste, à ces quelques changements près, la même que sur The 4th Nail, et ghUSa confirme son abilité à produire un death metal puissant et solide. Mention spéciale à la cover de Benediction (Violation Domain, sur leur cultissime Transcend The Rubicon, de 1993.). La scène old-school  néeerlandaise pourrait en effet être citée comme une influence de ghUSa, et ce sur l’ensemble de sa discographie. A l’image d’un Asphyx ou d’un Pestilence, ghUSa sait utiliser un son à la fois écrasant et incisif, qur des schémas rythmiques tantôt down-tempo, tantôt ultra rapides. Par ailleurs, L. Chuck D sait chanter dans ce registre hurlé caractéristique de la scène néerlandaise (Evoquant les performances mémorables de Martin Van Drunen dans Asphyx, Pestilence, Benediction, ou Hail of Bullets.). Avec Letter To My Son(‘s), ghUSa transforme l’essai, faisant à la fois la synthèse de ses influences et le bilan de 17 ans de carrière.

2015. Great Dane Records commémore les 25 ans de carrière de ghUSa, avec un coffret anniversaire collector. Il compile l’ensemble des productions passées en revue précédemment, ainsi que le nouvel EP du groupe. Intitulé Come Sweet Death, il est une confirmation de plus de la qualité des compositions de ghUSa. Sans se démarquer du premier album, il fait la part belle aux riffs lead, présents sur la quasi-totalité des compositions. Ce regain de technicité dans les compositions de ghUSa est la marque d'un nouveau tournant dans la discographie du groupe. La bande à L. Chuck D semble, après le quart de siècle qui s’est écoulé, être parvenue à trouver sa place, sa voie et sa voix parmi toutes les influences qui l’ont façonnée.