GodIsDead - II

Comme son nom l'indique (ou le laisse à penser) GodIsDead assume des penchants antireligieux et puise sa source dans le style antireligieux par excellence : le black metal. Pour autant il a choisi d'y ajouter des touches stoner et punk qui marquent l'arrivée deux ans après sa création d'un premier album éponyme. Auquel succède en l'an de grâce 2014 un deuxième essai sobrement intitulé : II.

Line-up :

Alex (basse/chant)
Mathias (batterie)
François (guitare)
Pascal (guitare)

Le black metal est loin d'être le style le plus « ouvert » du monde (rien de sexuel ici). Ce qui a pu amené certains combos à être taxés de vendu voir de termes homophobes que je me refuse de colporter sur ce site. A l'écoute de II je peux me dire rassuré de voir qu'il y a encore des groupes de black qui n'ont pas peur de l'aventure.

Comme annoncé en préambule si l'on résume la musique de GodIsDead il s'agit d'un black metal au feeling plus rock'n'roll qui évoque le punk ou le stoner. Le meilleur exemple de ce mélange étant le plus groovy « Hate ». Mais tout au long de II les avignonnais ont réussi à varier leur propos comme je ne pensais pas qu'ils le feraient en mettant le CD dans mon lecteur. Depuis le début de l'album relativement « classique » car très black, même s'il faut souligner l'excellent solo arabisant de « No Song » ou encore la rage qui découle du très bon « Brainwashed », critique de la société de consommation et de la télévision. Mais lorsque arrive « Fenrir's Tribe » le cinquième titre de II (en comptant l'intro « At The Gates Of... ») me voilà perdu. Alex (chant/basse) propose des plans slappés de fou furieux pour un titre glauque et noisy sur laquel on entend des lamentations et aucune partie de chant ou de guitare.

Etrangeté malsaine quand tu nous tiens !

En parlant d'Alex et de ses parties de basse, on apprécie d'en apprécier les subtilités grâce à sa place dans le mix et elles se trouvent être excellentes pour la plupart. Je vais dire (pardon écrire) quelque chose qui ne va peut être pas plaire à certains, mais une des forces de GID est que ses membres savent jouer de leur instrument et proposent de ce fait d'excellents plans et de bons arrangements, composant de cette manière de vrais morceaux. Chose que l'on attend pas forcément d'un album de black metal. Il ne faut pas oublier que le quartet reste supporter de Satan et autres Belzébuth, on ne s'étonne pas que le riff principal de « Follow The Wake Part1 » pue le cornu à plein nez et rappelle un peu Mercyful Fate. Le définitif « Sine Dogma » est sûrement le titre le plus surprenant du disque, instrumental commençant par une gratte sèche sur laquelle viennent se superposer des solos néo-classiques.

GodIsDead propose un album de black metal qui sait aller chercher d'autres influences et d'autres sonorités, pour un rendu final aussi « evil » que mélodique. L'auditeur pas vraiment fan des musiciens grimés en pandas tristes que je suis aura su apprécier II, est ce qu'un vrai black metalhead saura en faire même ? C'est là toute la question.