Gojira - Lille - Le Splendid - Le Jeudi 28 Mai 2015

Gojira ou Godzilla, nommez cette formation comme vous le souhaitez, est un O.V.N.I. de la scène Metal Française et Internationale. Le style entrepris par le groupe est unique en son genre et la notoriété de celui-ci n’a pas arrêté de grimper et ce en dehors de nos frontières ces cinqs dernières années. Le succès de Gojira n’est pas dû au hasard même si c’est un beau concours de circonstances qui les a faits connaitre au grand public. Il faut avouer que si le groupe n’avait pas tourné avec Metallica, il n’en serait pas à ce stade aujourd’hui. Ce soir, c’est Lille qui est la ligne de mire de la formation. 

Complet. Tous les tickets ont été vendus en un temps record ne laissant pas l’opportunité à tous les fans nordistes du combo de se procurer leur St Graal. Partout sur les réseaux sociaux, on pouvait lire le mécontentement des fans Lillois qui ne s’y sont pas pris à l’avance au grand dam des Die-Hard du groupe le suivent sur leur tournée estivale

Pas de première partie! Gojira est le seul groupe de la soirée. Avec une ouverture des portes à 19H30, les bandes sonores évoquent l’univers du groupe. L’osmose se met en place et nous pouvons même entendre l’instrumental « Unicorn » tout droit sorti de l’album From Mars To Sirius.

20h30. « Ocean Planet » ouvre le bal. Choix rigoureux puisque le mid-tempo et l’aspect progressif du titre respecté à la note près par les membres du groupe laisse l’opportunité au public de s’acclimater à la messe prodiguée par un Joe Duplantier plus en forme que jamais. Le public n’a pas donc plus d’excuse pour ne pas suivre au pied levé le rythme effréné de « The Axe » soulevé par le duo Mario Duplantier et Jean-Michel Labadie. Le cortège est absorbé par le show et boit les paroles personnelles du frontman « I’ve been a Victim To The Blade Against Myself ». Après ce détour par l’album Enfant Sauvage, le groupe poursuit son hommage envers l’album From Mars To Sirius qui fête ses dix ans cette année. Quoi de mieux que qu’interpréter « The Heaviest Matter Of The Universe » et « Blackbone », deux titres phares de l’album qui se ressemblent par leur agressivité atmosphérique. « Blackbone » était un des titres les plus attendus de la soirée. Pourquoi? Son riff principal en allers/retours ainsi que son break assassin a encouragé les acrobates du pits, pourtant ruisselant, à se rentrer littéralement dans le lard. Les musiciens, bien qu' affaiblis et trempés, ne manquent pas de motivation et poursuivent le set. Entre les morceaux, le frontman ne prend pas souvent la parole. Il le fera une fois pour rappeler l’histoire du groupe et les liens qu'il entretient avec le Nord de la France dont le chanteur se sent si proche. Il faut dire que les groupes a joué dans ce lieu en compagnie d’Immortal et Anorexia Nervosa, il y a de ça, plus de 18 ans quand la formation s’appelait encore Godzilla

« Démonter la baraque ». Le monstre Français se sent comme à la maison et est fier de nous annoncer que les parties rythmiques du nouvel album sont en boite et que celui-ci devrait sortir début 2016. De quoi, rehausser la motivation du public qui était alors déjà arrivée à son comble. Fin de la première partie comme Joe aime dire ironiquement, c’est reparti pour un tour! Les premiers accords et la batterie fine des frères Duplantier calment les ardeurs des Headbanger pendant quelques instants pendant « Love » vite enchainé par l’Outro de « Remembrance » pour arriver à « The Art Of Dying ». Si le choix de la setlist est une tâche souvent compliquée pour les musiciens, celle des Bayonnais s’est faite de manière systématique et logique ne laissant aucun temps mort et c’est là un des points forts du concert. On ne s’ennuie jamais! Même les passages obligés comme le solo de batterie exécuté par Mario Duplantier s’avèrent être de grands moments au cours desquels les musiciens absorbent notre attention. 

Écologie. Ce n’est pas une surprise si je vous apprends que le groupe est profondément engagé dans des fins humanitaires et écologiques que les trois titres qui suivent le solo de batterie de Mario Duplantier ne manqueront pas de traiter. « Toxic Garbage Island » titre dont la prestation est en totale dysharmonie avec la connotation du mot « Garbage ». Les musiciens incarnent leur musique et la prestation de ce morceau est loin d’être un déchet toxique. La cause écologique n’aurait pas été traitée dans sa profondeur si le groupe n’avait pas évoqué leur projet d'un nouveau monde dans « World To Come » qui coïncide avec ce projet humaniste. Ce plan environnemental sera conclu par le classique « Flying Whales » dont le tempo lent et spirituel amènera le public, certes à se reposer, mais aussi à méditer sur cette leçon de vie dont le prédicateur se cache sous le nom de Joe Duplantier

Chaleur. Il fait chaud et la fin du concert approche à grands pas! Mais le groupe tenait à réveiller une dernière fois les Lillois avec « Wisdom Comes » et « Oroborus », titres les plus agressifs de la soirée que les light ne manqueront pas de mettre en évidence. Si les thèmes écologiques n’envisageaient que du bons, le groupe part en laissant une ambiance apocalyptique dans la salle. Mais le retour des Sudistes pour deux derniers morceaux (pas trois car « L'Enfant Sauvage » a été retiré de la setlist. Le frontman, victime de son succès, a avoué qu’il n’avait plus le souffle pour assurer un quinzième morceau). C’est donc l’incontournable « Vacuity » et l’épique « Where Dragons Dwell » qui concluent le concert sur une note très positive.  

Succès débloqué. En une soirée, la formation a prouvé qu’elle méritait bien son grade de nouvelle référence Hexagonale et Mondiale du Metal en proposant un show carré à l'Américaine, net et sans fioriture. Prestation soulevée par une setlist logique et cohérente, un son agréable et bien sûr par des jeux de lumières qui ont fait de ce live un spectacle total.