Gojira - The Lumberjack Feedback - Le Splendid - Lille

Il fait un cagnard de feu, il est 16h30 et c’est un dimanche où soit tu es au Hellfest soit tu es au Graspop Metal Meeting. Et pourtant, bordel que cette date affiche complet depuis longtemps ! Gojira au Splendid de Lille, en plein week-end de festival, ça va suinter ! Car, entre le peu d’air dehors et l’absence totale de ventilation qu’elle soit par les portes ou un ventilo, difficile de ne pas se dire que ça va être rude dans la salle !

Une pinte à la main – mieux valait être prudent -, les Nordistes et locaux The Lumberjack Feedback commencent alors que la salle n’est pas encore prête et pour cause : il n’est pas encore 19h00 et les horaires sur les tickets indiquent un démarrage (ou une ouverture des portes, c’est selon) pour 19h00… Petit couac mais les instrumentistes vont y aller tambour battant. Et quels tambours au regard des deux batteurs qui vont envoyer un bois énorme dans un Splendid qui ne va mettre qu’un titre pour rentrer dans l’ambiance.
La famille et les amis sont là, les anonymes aussi et pourtant, le ressenti passe bien, efficace mais malgré tout bien court pour vraiment pouvoir naviguer dans les eaux troubles et tumultueuses de leur excellent album "Blackened Visions" notamment… La chaleur se voit déjà accompagnée d’une moiteur presque suffocante et il faut déjà faire la queue pour aller se servir un rafraichissement salvateur (big up à l’équipe du bar qui a bien trimé pour tenter de servir le plus rapidement possible les âmes déjà bien à la peine pour certaines…).

Alors passons les faciles Gojira, machine de guerre, son massif et autres set carré, tout ça on le sait déjà. Car les Sudistes sont ici comme chez eux et vont donner à leur public du Nord ce que celui-ci est venu massivement voir. Communication au poil, non sans être teintée d’humour, son monstrueux, un mur de lumière, une setlist de feu, des jets de fumées, un côté char d’assaut qui ne ralentit jamais, Joe Duplantier & co ne vont pas baisser l’intensité durant l’heure et demie qui leur est donnée.
Quelle est loin l’époque où je voyais ce groupe à Douai ou Hénin Beaumont sur la tournée "The Link"… Putain, quatorze ans déjà ! Et dire que je les voyais encore la semaine précédente foutre le bordel au Download Festival parisien en remportant quasiment tous les suffrages, chaque prestation de Gojira ne laisse jamais sur la faim ni le fan de la première heure ni celui qui a découvert ce groupe via Magma, le dernier opus en date dont on entend pas mal de titres en début de set ("Only Pain", "Stranded" et "Silvera") mais également plus tard avec "The Cell" et "Pray".
Mais c’est bien les anciens titres, que je trouverai toujours plus pêchus, tels que "Flying Whales", "Backbone", "Toxic Garbage Island" ou la toujours fédératrice "Vacuity" qui remportent les suffrages ! Les têtes tournent, ça sue, ça vire au malaise parfois mais la chaleur aussi insoutenable soit-elle n’altère en rien l’ambiance dans la salle. Le quatuor peut chambrer mais le public est à la hauteur de l’événement : bruyant, motivé, au taquet et avec du répondant. Au diapason du groupe qui n’usurpe pas son rang, qu’on aime ou pas les derniers opus, qu’on comprenne ou non l’engouement autour de ce groupe qu’il soit médiatique ou simplement au sein de la scène metal hexagonale, Gojira est un des moteurs du metal actuel.

The Lumberjack Feedback en ouverture, ou la démonstration de cinq musiciens au sens noble du terme, avec un univers et une identité affirmée, Gojira en démonstration dans un Splendid en mode volcan, cette soirée a peut-être fait quelques dégâts mais les plaies sont vite pansées devant une soirée musicale riche et sans faille.

Merci à A Gauche De La Lune pour l’accréditation et la confiance accordée.