Gone Is Gone - Gone Is Gone

Gone Is Gone appartient à ces formations qui aiguisent toute notre attention lorsque l'on découvre leur line-up. Et en effet, à la tête du combo américain s'additionnent le guitariste de Queens Of The Stone Age, le batteur de At The Drive In ainsi que le chanteur de Mastodon, rien de moins que des sommités! Ils sortent en 2016 leur premier EP intitulé Gone Is Gone chez Rise Records où ils expérimentent un horizon musical à la croisée des genres entre stoner rock, shoegaze et sludge. 

Line-up 

Troy Sanders (chant, basse, chez Mastodon)

Troy Van Leeuwen (guitariste chez QOTSA)

Tony Hajjar (bassiste chez At The Drive In)

Mike Zarin (multi-instrumentiste, compositeurs de musiques de films) 

Gone Is Gone est composé de musiciens expérimentés de la scène et des studios depuis des années qui excellent dans leurs domaines. Alors qu'ils travaillaient sur la musique d'un jeu vidéo, Tony Hajjar et Mike Zarin créent le projet un peu par hasard lorsqu'ils réalisent que leurs expérimentations sonores sont les prémices d'un univers musical aux extensions multiples. En apportant à Gone Is Gone la touche singulière qui façonne l'identité de leurs groupes respectifs, chacun des membres s'est également renouvellé afin d'appréhender un territoire sonore inédit, pour la plus grande joie des mélomanes. 

Cet éponyme de huit titres commence fort avec le grandiose "Violescent". D'emblée, on reconnait la voix rocailleuse de Troy Sanders qui a affûté sa technique vocale pour une palette encore plus hypnotique et s'accroche au jeu des autres musiciens. La basse est lourde et aguicheuse, son omniprésence savamment cultivée fait songer à Baroness pour ses penchants sludge. Cette chanson arbore des airs d'apocalypse tout en étant idéalement lancinante et les solos se laissent subjuguer par un psychédélisme certain. Le très envoûtant "Starlight" s'entame sur un chant doux et épuré voguant sur des mélodies élégiaques. Très expérimentale et progressive, cette pépite fait du shoegaze son meilleur allié lorsqu'il accompagne les intonations cryptées qui croisent une intense mélancolie au fil de chaque note. Les fûts impriment un tempo au rythme lourd à "Stolen From Me" qui clame ses paroles avec désespoir. Les riffs sombres et pesants sont lunatiques, alternant rythmes ponctués d'une lenteur chaotique à ceux éraillés et effrénés d'un punk hardcore. L'interlude "Character" embaume l'opus d'ambiances aériennes où les effluves shoegazes ont des allures de trailer pour un film à l'atmosphère énigmatique, rejoignant le projet initial sur lequel travaillaient les musiciens de la formation. 

"One Divided" reste en accord avec la première partie de l'album, les morceaux défilent très fluidement, la setlist a été minutieusement établie. La réverbération en masse octroie un côté crasseux à la chanson, la basse pèse et martèle et le chant l'accompagne en surfant avec aisance sur le fil rouge qui s'élance vers des horizons floutés par un onorisme intense maîtrisé par une justesse sans failles. "Praying From The Danger" explore un versant plus rugueux, où la rigueur va de pair avec l'austérité. Les sinuosités de ce morceau requièrent plusieurs écoutes afin d'en saisir toutes les subtilités. Second interlude de l'album, "Recede And Enter" vient compléter "Character" en jouant sur les substances de la sonorité. Enfin, "This Chapter" conclut ce premier projet de l'expérience Gone Is Gone en suffocant de réverbération. En écho à "Starlight", cette dernière pépite mêle admirablement mélancolie alternative sur les couplets et refrains entâchés de sludge abrasif. L'ensemble de ces éléments combinés est le résultat d'une recette complexe à réaliser et nous sommes comme eux, projetés dans un autre monde digne d'un film que l'on voit se confectionner dans le même temps que cette musique hybride et addictive. 

Là où se confondent richesse atmosphérique et déluge sonique, Gone Is Gone est à l'oeuvre d'un résultat époustouflant. A l'heure où ces quelques lignes sont écrites, on sait d'ores et déjà que Gone Is Gone attend son successeur Echolocation début 2017 que l'on s'impatiente de découvrir sur nos platines et en tournée.