GurD - Fake

Si le nom de Gurd (prononcez « gourde ») ne vous dit absolument rien, sachez que c'était aussi mon cas. Autant dire que ma surprise a été totale lorsque j'ai vu que le groupe existait depuis 1994, fondé par des ex-Poltergeist, avait sorti pas moins de six albums chez Century Media (Periphery, Dark Tranquility, High On Fire...) et avait tourné avec Pro-Pain, Life Of Agony, Eluveitie et Dark Tranquility. Un pédigree des plus impressionants qui amène à la sortie de ce dixième opus (plus un album de remixes et un live), Fake, nouveau recueil de thrashcore à l'américaine.

Aujourd'hui il est clair que dans 90% des cas, un groupe ne publie un album que dans le but de tourner un maximum pour le défendre. Mais il y a des genres pour lesquels un album n'est que la bande-annonce de ce que les prochains concerts de ses géniteurs va proposer de plus qu'auparavant, parmi eux le hardcore, le punk, le grindcore qui sont des styles qui prennent véritablement vie sur scène.

Ne me faîtes pas dire que les albums de ces styles n'ont aucun intérêt, ça n'est pas du tout le cas et pour tout dire Fake est plutôt une belle réussite. En bon artificier, fort d'une expérience enviable le groupe propose des titres ultra efficaces ; riffs en béton armé, refrains scandés qui fonctionnent à merveille, solo de qualité. Non rien à dire les fans de thrashcore ont de quoi se gaver avec Gurd, qui par de nombreux aspects rappellent ses potes de Pro-Pain.

Si le groupe tombe dans le piège de vouloir caler un maximum de titres (d'une durée presque « longues » pour du hardcore), il n'hésite pas à varier ses tempi (« Last Hooray ») ou à s'essayer à des choses plus mélodiques (« Hunter Of Dreams » et ses choeurs féminins, la fin de « Wiped From The Earth » qui aurait pu mérité d'être un peu plus longue), on trouve même un « Bong, Bong » plus néo et un « Liquid Vision » plus rock'n'roll qui hélas n'empêchent pas un léger sentiment de longueur sur la fin du skeud. Il faut dire que si ses refrains sont particulièrement catchy, ils reposent sur le même schéma et le chant manque lui aussi de variations. Bien qu'on trouve quelques parties plus death (« White Death », « Go For It ») et que V.O et Pat, les deux guitaristes se partagent le travail.

En clair si vous êtes fans de hardcore un peu crossover, Gurd a des nombreux atouts qui sauraient vous convaincre. Nul doute que les suisses se montrent bien plus marquants encore sur les planches où vous pourrez assurément les retrouver prochainement. En attendant Fake vous permettra peut être de faire de faux wall of death ou stage-divings dans votre salon.

Un petit mot quand même sur cette pochette:beurk !