Harmonic Generator - Interview

Deuxième volet d’une tétralogie, Flesh nous a vraiment impressionné. Avec seulement quatre petits morceaux (snif !) les Harmonic Generator y proposent un rock’n’roll varié et inspiré qui montre une fois encore que la scène française n’est pas à plaindre en la matière. Le rendez-vous a donc été pris pour en savoir plus sur cette série d’EPs (qui devraient être réunis sur une seule galette) et leur collaboration avec un certain Logan Mader (Dagoba, Gojira). On dirait le Sud !

Pouvez-vous revenir sur les débuts du groupe ? Présenter Harmonic Generator à ceux qui ne vous connaissent pas ?

Renaud Satre (guitare/chœurs) : L’aventure Harmonic Generator a commencée il y a maintenant plus de dix ans, du côté de Marseille. Cinq potes fan de rock qui décident de monter un groupe et qui se rendent rapidement compte que c’est la seule chose qu’ils ont envie de faire pour le reste leurs vies. Après avoir écumé les salles de concerts du coin pendant cinq ans on a décidé qu’il nous fallait une véritable immersion dans un pays ou le Rock (en anglais) faisait partie intégrante de la culture. Après quelques hésitations notre choix s’est rapidement portés sur l’Australie. Et donc, en septembre 2011 nous débarquions « Down Under » avec des rêves plein la tête et bien déterminés à en rendre au moins quelques-uns bien réels. Quelques mois et plusieurs dizaines de concerts plus tard nous avons signé un contrat de management, ce qui nous a ouvert les portes de tournées sur toute la côte est australienne, devant un public toujours plus affamé de notre musique. Après un bref retour en France en 2011 nous sommes repartis là-bas une nouvelle fois pour enregistré ce qui allait être notre premier album When The Sun Goes Down au Thirty Mill Studio de Melbourne, sous la direction de Mark Opitz, producteur de renom ayant notamment collaboré avec AC/DC et INXS pour ne citer qu’eux. Après une nouvelle tournée Australienne, nous sommes retournés en France et avons commencés à parcourir les routes d’Europe avec notamment Girlschool et Jeff Scott Soto. Nous nous sommes ensuite lancé dans le projet Heart, Flesh, Skull & Bones un concept album de quatre EPs mixés cette fois ci par Logan Mader (ex-Machine Head, Once Human). Les deux premiers chapitres de la tétralogie sont d’ores et déjà disponibles.

Vous avez publié votre premier album, When The Sun Goes Down, en 2012. Que pensez-vous de lui aujourd'hui ?

Beaucoup de fierté. Pour un groupe de Rock du sud de la France, enregistré son premier album en Australie avec un mec de la trempe de Mark Opitz, ce n’est pas rien. Musicalement, c’est une pierre majeure de notre histoire, notre point de départ en quelque sorte, et même si la direction globale du groupe a évolué il y a encore beaucoup de chansons de cet album que nous jouons en live.

Vous avez beaucoup tourné depuis vos débuts, quel est votre meilleur souvenir sur les routes ?

Ce qui est bien, c’est qu’il y en a tellement qu’on peut en choisir un différent presque à chaque fois ! Alors voyons voir, disons le concert de retour en France après l’enregistrement de notre premier album lors du Glanum Rock Fest de St-Rémy de Provence. On monte sur scène et là, des centaines de personnes, les yeux rivés sur nous, à chanter nos chansons, à hurler, à sauter dans tous les sens… Plus d’une heure de pur bonheur, un vrai partage avec le public qui ne voulait plus qu’on s’arrête, le genre d’expérience qui te fait oublier toute les galères que la vie de musicien peut apporter !

Comment vous est venue l'idée de cette série d'EPs amorcés avec Heart en décembre 2014 ?

Assez naturellement en fait. Après notre premier album on voulait faire quelque chose de différent, quelque chose qui nous permette de retranscrire en toute liberté les différentes influences des cinq membres et l’évolution de nos vies. On a donc opté pour un « concept album » en quatre chapitres Heart, Flesh, Skull & Bones dont les volets sortiraient au fur et à mesure qu’on les composerait afin d’offrir une immersion profonde dans la vie du groupe.

Est-ce que les paroles de chaque EP gardent un fil rouge en corrélation avec la thématique abordée: coeur, chair ?

Pas tant les paroles que les chansons en elles-mêmes, Heart est un cri du cœur, Flesh est plus épidermique. Plus on avance et plus on a de facilitées à donner de la cohérence à chaque chapitre mais aussi au projet global.

Avez-vous déjà commencé la composition de Skull & Bones ? Quand pensez-vous les publier ?

Skull est en cours de mixage et devrait voir le jour en septembre prochain, quand à Bones nous venons à peine d’entamer la composition.

Sur Flesh il est difficile de ressortir une vraie influence pour Harmonic Generator, j'y vois plutôt une rencontre entre les 80's et les 90's enrobé d'un son plus heavy qui rende le tout actuel. Quelles sont vos influences finalement ?

Elles sont très vastes et variées, ça va des classiques comme Led Zep et AC/DC au rock 90s type Stone Temple Pilots, Soundgarden, et bien entendu beaucoup de Foo Fighters. Mais ça c’est seulement pour le Rock ! On essaye de piocher les bonnes idées partout où on peut, que ce soit funk, hip-hop, blues, ou même dans la musique électronique. A part du Jazz et du Classique y’a pas grand-chose qu’on n’écoute pas en fait. La seule vraie question pour nous c’est « Est-ce que ça le fait ? »

Vous avez confié le mixage de celui-ci à Logan Mader, pourquoi ?

Parce qu’on voulait un gros son, du genre qui te fasse envoyer la tête dès la première mesure ! Et en matière de gros son Mader n’en est pas à son bout d’essais.  Ce sont les gars de Dagoba qui nous ont parlé de lui, on s’est un peu renseignés et puis très vite on a amorcé le projet. Autant vous dire qu’on ne regrette pas.

Mon titre préféré de l'EP est sûrement "The End", pouvez-vous m'en dire plus sur ce titre ?

C’est à la base un riff de Nico, notre bassiste, qui a d’ailleurs beaucoup composé sur le prochain chapitre Skull. C’était un truc vachement sec, claquant, presque brutal, avec ce son de basse distordu qui te choppe aux tripes et te fait de sentir oppressé. Ça m’a inspiré des paroles sur la fin d’une relation amoureuse difficile, et à quel point ça peut ressembler au sevrage d’une drogue en bien des points. On a donc développé autour de ça et très rapidement le titre à commencer à prendre ce côté stoner sombre qu’il a aujourd’hui.

Vous venez d'annoncer votre collaboration avec Dooweet ainsi que de nombreux projets encore secrets. Pouvez-vous nous en dire plus ou bien est-il trop tôt pour communiquer ces nouvelles ?

Je suis désolé mais il va falloir attendre encore un peu (sourire).

Vous avez publié sur le net une reprise de "Backstreet Back" des Backstreet Boys. Est-ce que comme moi vous pensez que ce tube est injustement décrié ?

Haha absolument ! Pour l’histoire, une des contreparties de notre crowdfunding c’était « choisissez une chanson, on la reprend façon HG ! » et quelqu’un, dont je tairais le nom (ndC: une certaine Amélie...), a eu la grande idée de nous faire reprendre « Backstreet’s Back ». Histoire de rendre ça un peu plus actuel on a choisi de s’inspirer de la version d’un producteur de Trap qu’on aime beaucoup, Apashe, de Kannibalen Records.

Que pouvez-vous nous dire sur la scène rock du Sud. Vu d'ici elle n'a pas l'air très développée.

Ca dépend ce qu’on entend par « développée ». Médiatisée ? Non effectivement, du moins pas ou très peu. Encore que ça commence à bouger un peu. Par contre, il existe une scène Rock/Metal « underground » TRES présente !  Y’a un paquet de groupe dans le coin qui font de la très bonne musique, et qui le font avec la rage de ceux qui n’ont rien à perdre. Je suis prêt à parier que d’ici peu de temps Marseille se démarquera comme une force avec laquelle il faudra compter en matière de Rock en France. C’est la toute la force de cette ville, sous ses airs de vieille dame se cache une jeune demoiselle pleine de vie.

Les derniers mots sont pour vous.

Support your local scene ! Les artistes et salles de concert ne peuvent continuer à exister que si le public est au rendez-vous. La scène rock/metal françaises n’a jamais été aussi vivante, continuons comme ça !

May the rock be with you !

 

Line-up:

Quentin Barthes-Villegas (chant)

Renaud Satre (guitare, choeurs)

Charles Roussel (guitare, choeurs)

Nico Hellinger (basse, harmonica)

Alex Roussel (batterie)

Discographie:

Kiss In Your Devil (EP-2008)

When The Sun Goes Down (2012)

Heart (EP-2014)

Flesh (EP-2016)