Headcharger - Black Diamond Snake

Huilé comme le corps d'un gladiateur prêt à mourir dans l'arène, la machine Headcharger revient deux ans après Slow Motion Disease (2012), qui était lui même paru un an et demi après The End Starts Here (2010). Les caennais ne cessant de s'améliorer au fur et à mesure des années, Black Diamond Snake surpasse-t-il son très bon prédécesseur ?

C'est un peu une habitude pour les caennais de commencer leurs albums par une véritable bombe. Après « All Night Long » c'est l'excellent « Land Of Sunshine » qui nous permet de découvrir que non Headcharger n'a pas changé, en revanche il est plus affûté et efficace que jamais. Confirmation dès le plus sombre et plus metal « The Diver » qui va assurément mettre le feu aux planches lors des prochains concerts du quintet. Comme le laissait présager Slow Motion Disease le groupe a totalement abandonné les influences hardcore de ses débuts, le chant saturé a totalement disparu et si Sébastien Pierre a encore des progrès à faire dans son accent anglais, ses placements et son chant sont meilleurs que jamais. Il délivre ainsi les meilleurs refrains que le groupe ait jamais pondu (« Land Of Sunshine », « The Diver », « Time Rider », « Backtracking »). Désormais le groupe est clairement stoner/hard rock et pioche dans des sonorités plus desert rock comme il avait pu le faire sur « Dusty Dreams » comme sur « No Fate ». Un titre qui prouve encore que la paire Anthony Josse et David Rocha maîtrise bien son sujet question soli harmonisés, ainsi la mélodie au début de « One Night Stand » nous emmènerais presque là où aucune herbe ne pousse.

L'une des faiblesses de Slow Motion Disease était son uniformité, ses compositions bien qu'excellentes sonnaient un peu toutes pareilles. Comme un élève qui préfère passer ses week-ends à travailler plutôt qu'à draguer, HDC a appris de ses erreurs et Black Diamond Snake se montre bien plus varié. « Heads-Up » est une sorte de power ballade qui pue le bayou à plein nez (un peu le « Drifter » de l'album finalement), « Backtracking » se fait un peu plus mid-tempo. Tout juste pourrait on regretter de ne pas trouver de titre acoustique en guise de final, tant les deux essais précédents avaient fonctionné.

Black Diamond Snake donne envie de descendre un verre de whisky au saloon et de chanter à tue tête dans le désert. En s'écartant complètement de son ancien style, Headcharger offre tout simplement son meilleur album et affirme définitivement sa personnalité.

Un diamant brut, un vrai !