Hellfest 2016 - Jour 3

 

La dernière journée d’un festival est souvent synonyme de crampes et de fatigue… Mais rien n’arrête un fan de musique extrême (on parle bien des fans, pas ceux qui ont passé leur temps à se rince-cochonner) ! La dernière journée  a été marquée par le grand come-back de groupes prestigieux comme Ghost, Slayer, Megadeth et Black Sabbath en terres clissonnaises. Et bien sûr, nous étions dans la place pour assister à quelques-uns de ces gigs !  

 

Pas évident de commencer la journée quand deux formations que l’on apprécie particulièrement jouent en même temps ! Ce fut le cas ce dimanche matin sur la MainStage 2 et sous la Altar ! En effet, Agressor s’y produisait pour la première fois tandis que Nightmare révélait à ses fans son nouveau line-up. Autant vous dire qu’il s’agissait là de moments à ne louper sous aucun prétexte, si bien que nous avons choisi de couper la poire en deux. 1/4 d’heure d’Agressor, 1/4 d’heure de Nightmare ! Le Thrash/Death d’Agressor fait mouche, les fans sont présents sous la tente ! Premier et dernier constat, la formation remodelée d’Alex tient le choc et interprète quelques-uns de ses bons vieux classiques comme « Bloodshed » ! Simple, efficace, on a aimé la pertinence du jeu de ces sbires. À revoir ! (Axl) 

Setlist Agressor:

Overloaded

Bloodshed

Elemental Decay

Someone To Eat

Dark Power

Neverending Destiny 

Nous courrons rejoindre Nightmare… Oui, le groupe avait déjà bien entamé sa performance… Mais nous avons quand même pris beaucoup de plaisir à voir ce groupe qui a décidé d’engager Maggy pour remplacer David Amore. Choix pertinent puisqu'elle a montré qu'elle n’avait rien à envier à son prédécesseur ! Car entre anciens morceaux (« Wicked White Demon »), et nouveaux titres comme « Serpentine », la frontwoman s’en est très bien sortie ! En plus, elle ose et montre qu’elle a une bonne paire de couilles, sa voix rauque colle à merveille avec le Power/Heavy de la formation ! Et c'est qu'elle est charismatique en plus, et aime prendre des risques ! Et oui, elle a même invité les représentantes de la gente féminine à montrer leurs boobs ! Le groupe aime également faire des surprises, notamment, avec le featuring d’un monsieur qui a beaucoup compté pour la frontman… En effet, Kelly Sundown (Beyond Twilight, Darkology, Adagio) est venu interpréter un titre avec le formation. La classe tout simplement ! (Axl) 

Setlist Nightmare:

Wicked White Demon

The Burden Of God

The Gospel Of Judas

Eternal Winter

Serpentine (Duo with Kelly Sundown)

Il est midi, troisième jour (voir quatrième si on veut être réglo) du plus gros festival metal français. La fatigue se fait sentir et les abus du week end commencent à faire très mal. On se demande si Municipal Waste habitué à foutre le bordel, va réussir à retourner Clisson aussi matinalement. Pourtant après quatre éditions du fest jamais nous n'avons eu une foule si compacte et nombreuse un dimanche midi. Et dès "Unleash The Bastards" les cinq thrashers choppent notre cerveau embrumé et le tabassent. Son crossover délirant (ce drop génial représentant Donald Trump se tirant une balle dans la tête) et unilatéral est parfait pour réveiller une foule. Rapidement les premiers rangs, courageux, se bousculent dans la joie et la bonne humeur. Tony Foresta (chant) a pris un poids monstre depuis la pause du quintet mais sa voix et sa présence n'en fait pas les frais. Municipal a manqué à ses fans et le bougre affirme qu'eux aussi se sont languis de leurs supporters. Avant "Beer Pressure" le frontman demande aux public de donner du travail à la sécurité et la réponse est immédiate. La folie ne cesse d'augmenter et le kit du bordel "métôl" a bien lieu: circle pit, mosh, slams, choeurs guerriers le poing en l'air. Tout y passe sans effort particulier. Le combo dédie d'abord "I Want To Kill The President" à George Bush avant de jouer son pendant plus récent avec "I Want To Kill Donald Trump" qui s'achève sur un superbe "you're fired". Leur style est répétitif à souhait mais tellement efficace qu'il est impossible de leur résister surtout dans une ambiance aussi festive. Ryan Waste (guitare/chant) dédie la vieillerie "Subsitute Creature" à Brandon Ferrell (Career Suicide, Government Warning), leur ex-batteur décédé il y a un mois, avant de le chanter lui même. Puissant ! Alors que "Born To Party", le tube ultime du combo va démarrer, Ryan fait signe qu'il ne leur reste plus de temps. Malgré les contestations des musiciens nous n'aurons pas droit au tube qui n'aurait demandé que deux minutes de plus (snif). Reste l'un des concerts les plus explosifs du week end: fun, puissant, musclé et mené d'une main de maître. Un réveil métallique époustouflant de violence ! (Clément)

Setlist Municipal Waste:

Unleash The Bastards

Mind Eraser

You're Cut Off

The Thrashin' Of The Christ

Beer Pressure

The Inebriator

Toxic Revolution

I Want To Kill The President

I Want To Kill Donald Trump

Wrong Answer

Terror Shark

Bangover

Hazardous Mutation

Subsitute Creature

Headbanger Face Rip

Sadistic Magician 

Après la tornade Municipal Waste, un repas salvateur et une bière, retour à la Valley pour la curiosité King Dude. S'il nous faut un ou deux titres pour rentrer dans l'ambiance particulière du quartet américain, le roi sympa nous emporte complètement. Très planant et ambiante la musique du groupe emprunte au blues, à la country, au psychédélique, à l'atmosphérique et même un peu à la pop. A la fois pesante, par la voix et la batterie, et envolée par ces douces nappes de guitares et de claviers nous sommes bercés et hypnotisés. N'utilisant presque jamais de distorsion le groupe est une respiration fabuleuse dans le cadre d'un festival metal. TJ Cowgill (chant) nous met à genoux avec sa voix de crooner chaude et grave. Celui-ci nous incite à faire la fête et boire du whisky "que voulez vous je suis un alcoolique". Ce malgré une vibration satanique qui se dégage du son, pas forcément prétexte à la gigateuf. Tosten Larson (claviers/guitare) joue parfois de ses deux instruments en même temps avec classe. Le public regarde religieusement le concert, ne manifestant son contentement que par des applaudissements et des cris nourris entre les morceaux. Après un dernier titre plus rentre dedans (l'arrivée de la saturation, wouhou ! Metaaal !) le groupe quitte la scène en remerciant chaleureusement la vallée des merveilles. Une superbe découverte ! (Clément)

 

 

Après avoir raté Death Alley (honte à nous), nous nous retrouvons sous la Temple devant le concert de Skàlmöld, une formation de Folk Metal. Le groupe a tout compris, et les fans de musique à tendance Folk se sont tous passés le mot… Oui, les groupe estampillés « Folk » se sont faits rares ce week-end, mais les Islandais de Skàlmöld ont tâché à marquer le site de leur empreinte ! Et ça le fait ! Vite, nous sommes pris dans l’univers si particulier de la formation… Prenez une petite dose d’héroisme, et vite vous rentrez dans l’univers épique de la formation ! On aura particulièrement apprécié le fait que les Islandais ne jouent pas avec les clichés propres au Folk Metal ! En effet, sans être pour autant dansante, la musique des Islandais se veut attractive, très mélodique et bien qu’agrémentée de six membres, le son est particulièrement propre, ce qui est une chose rare pour une formation de la trempe. 

(Axl) 

Nous nous retrouvons sous la Altar où nous pensions assister au gig de ce genre de formation qui tambourine les troufions… Non, non ! Nous arrivons quand The Skull avait déjà bien entamé son set ! Mais quelque chose cloche… Il ne s’agit là ni de Thrash Metal, ni de Death Metal… Les programmateurs auraient-il osé programmer un groupe de US Stoner sous la Altar ? Oui ! Et quelle claque ! Les absents auront eu encore tort (oui, la fosse n’est pas très remplie…) car les musiques proposées par les américains méritent à ce que l’on s’y attarde de plus près ! En fait, ces gaillards ne sont pas dépourvus de toute expérience scénique et discographique puisque The Skull rassemble deux anciens membres de Trouble, notamment, le charismatique Eric Wagner ! Ont donc été de la partie quelques titres personnels de la formation et quelques reprises de Trouble… Le concert est simple, et les américains ne se prennent pas la tête, il se la joue « à l’américaine » en incorporant une petite dose de nonchalance à la performance. Les riffs quant à eux, sentent le bon vieux triton et installent dès notre arrivée, une belle lourdeur atmosphérique. Et en plus, le groupe ne se repose pas sur ses acquis puisque cette lourdeur était souvent balayée par des riffs au tempo plus rapide, et effréné. 

(Axl)

The Skull:

Trapped Inside My Mind

Till The Sun Turns Black

The Longing

A New Generation

For Those Which Are Asleep

The Tempter

At The End Of My Daze

Peu habitués aux grandes scènes, les teutons de The Vision Bleak se pointent avec un backdrop et une petit décor entre l'anecdotique et le ridicule. Cette toute petite tête de mort qui surplombe une tombe minuscule à côte de la batterie n'a vraiment aucun impact sur l'énorme scène de la Temple. La tente est loin d'être blindée mais finalement cette affluence n'a rien de ridicule et les fans donnent de la voix avec conviction. Tobias Schönemann (chant), malgré une timidité apparente, arpente la scène et cherche à motiver les chevelus. Son metal horrifique aux frontières du gothique et du black a des atours catchy qui permettent de rentrer très facilement dans le set. Markus Stock (guitare/chant, Empyrium) a l'air ravi de l'accueil reçu par son bébé et balance des growls convaincants. Le son manque un peu de clarté et nous préfèrons après quelques titres nous reposer en vue de l'enchaînement qui nous attend tout l'après midi. Un bon concert cependant et un groupe que l'on reverra avec plaisir. La bande son parfaite d'un film d'horreur bête et méchant. Vive les morts vivants et les vampires ! (Clément) 

 

La fierté nationale, le seul projet français qui regarde la scène metal du monde entier en se disant qu'elle est parvenue au top. Alors évidemment lorsque Gojira revient dans l'hexagone, l'accueil qui lui est réservé est digne des plus grands. En ce dimanche c'est une foule absolument ENORME qui les attend au tournant. Les trois extraits de leur nouvel essai, Magma, divise déjà sur les internets et on vient vérifier que les landais restent des tueurs en live. Nous nous retrouvons très loin de la scène et observons le show sur les écrans, difficile dans ces conditions de se mettre dedans surtout que le son ne rend rien du tout. Le merveilleux "Silvera" passe méchamment le test de la scène, assurément un titre qui risque de rester longtemps dans les setlists du monstre. Même "Stranded" s'avère très efficace dans ce contexte, son refrain "facile" fonctionne très bien. C'est un jour spécial pour un Mario Duplantier (batterie) très souriant, le bougre fête en effet son anniversaire. "Il a entre 30 et 35 ans" nous dit son frère Jo (chant/guitare). Le show est relevé par quelques effets pyrotechniques rarement vu chez le quatuor. Un set qui donne envie de découvrir un album apparemment plus progressif et ambiant qui entraîne Gojira vers une nouvelle facette de sa musique. (Clément) 

Setlist Gojira:

Toxic Garbage Island

L'enfant Sauvage

The Heaviest Matter Of The Universe

Silvera

Stranded

Flying Whales

Wisdom Comes

Backbone

Only Pain

Vacuity

 

 

Impossible pour moi de me rendre aux abords de la MainStage 1 ! Gojira est dans la place, et ses fans, eux, prennent trop de place… Il ne fait aucun doute que Gojira puisse se produire en tête d’affiche de festival prestigieux dans les années à venir… Nous décidons de boycotter ce concert pour nous rendre sous la Temple où MGLA se jouait. J’avoue, il s’agissait pour moi d’une véritable découverte ! Ces Polonais, motivés par l’idée de rester anonymes (ils sont tous affublés de cagoules et de vêtements sombres !)… ils ne seront pas sans rappeler Celeste… Leur musique, assez typique du Black Metal, fait mouche dans la Temple… Pas besoin de mots pour communiquer avec leur public, pas besoin d’interraction, tout se fait par l’intermédiaire d’une musique lourde, atmosphérique et planante… Sans forcément inculquer à leur morceau une violence inouïe, ils se fondent sur leur toucher, la mélodie pure de leurs instruments pour transformer ce moment en véritable orgie musicale… Quand Black et Sludge se rencontrent… Certes, le concert n’est pas de longue durée, horaires de festival oblige… Mais nous ne pouvons que remercier l’équipe organisatrice de nous avoir fait découvrir MGLA et les deux principaux albums, Exercises In Futility et With Hearts Towards None, desquels ont été tirés les morceaux de leur setlist. Une véritable découverte. 

(Axl)

Rare en France nous sommes ravis de voir le guardien aveugle au Hellfest. Moins populaire chez nous que dans son Allemagne natale où il déchaîne les passions, Blind Guardian attaque avec l'éponyme de son dernier opus: The Ninth Wave. Plus progressif et fourni depuis A Night At The Opera (2002) (A Twist In The Myth étant une petite exception), il est plus judicieux pour lui de se concentrer sur la cargaison de classiques qu'il a usé depuis 1982. On se surprend de la présence de "Tanelorn (Into The Void)" et "Prophecies", pas les titres les plus fédérateurs à disposition. Le second montrant tout de même que les bardes savent encore envoyer le bois lorsqu'ils le veulent. Hansi Kürch (chant) tout sourire nous livre de superbes parties vocales lui qui a connu quelques petits soucis vocaux ces dernières années. Bien aidé sur ces choeurs guerriers par ses comparses qui donnent tous de la voix en dehors de Frederik Ehmke (batterie). La fête chevaleresque est donc lancée avec ces salves épiques et grandioses. Il faut attendre "Valhalla" pour voir enfin l'ambiance décoller réellement mais rien comparer à la ballade de ménestrel "Bard's Song". Toujours aussi émouvante nous voyageons directement chez les Hobbits et les Elfes. Un sympathique moment de power metal par l'un de ses glorieux représentants. (Clément)

Setlist Blind Guardian:

The Ninth Wave

The Script For My Requiem

Time Stands Still (At The Iron Hill)

Tanelorn (Into The Void)

Prophecies

Valhalla

The Bard's Song - In The Forest

Mirror Mirror

 

Actuellement en pleine tournée avec Black Sabbath (ça va...), Rival Sons est en train de monter les échelons du classic rock à la vitesse de la lumière. Hollow Bones, son dernier essai sortie il y a quelques jours lui a assuré une place de choix après Pressure & Time (2011), Head Down (2012) et Great Western Valkyrie (2014) déjà très bien reçu par la presse comme le public. Des albums qui comme son dernier né sont sortis chez Earache Records (Evile, Napalm Death, Carcass, Morbid Angel), faisant de lui un ovni sur ce label extrême légendaire. Très attendu, les californiens blindent une Valley survoltée. Survolté, Todd Ögren-Brooks (claviers) l'est aussi, relegué à l'extrême droite de la scène. Celui qui attire tous les regards est bien Jay Buchanan, véritable fils spirituel de Robert Plant, il est probablement le meilleur chanteur du festival. Accroché à son pied de micro, Jay dégage un magnétisme électrisant (serait il l'"Electric Man" ?). Le bonhomme peut tout chanter depuis le blues, à la soul au hard rock d'école. Visiblement amusé de jouer face à une armée de "t-shirts noirs" celui-ci communique très peu préfèrant laisser la musique parler. Il présente "Madison" comme un titre parlant de pardon avant de nous dire à la fin de cette magnifique ballade bluesy que "rien n'est plus metal que d'être soit même". Le son n'oublie personne et est appréciable sans bouchons, preuve que cela est possible. Scott Holiday délivre quant à lui des solos plein de feeling, lunettes bien vissées sur le nez, avec un flegme amusant. On pourrait croire que le gratteux se tamponne de la foule extatique à ses pieds. Véritable machine à tubes, les fils emmène tout le monde dans leur rock'n'roll à la croisée des chemins entre Led Zeppelin, Deep Purple et Free. "Keep On Swinging", extrait de Head Down, reçoit un accueil euphorique du public qui reprend le refrain comme un seul homme. Un moment de classe mené de main de maître, de la part d'un futur très grand. Sans être le plus heavy et en assumant son ouverture d'esprit, Rival Sons a convaincu massivement le Hellfest. Inoubliable pour les présents ! (Clément) 

Setlist Rival Sons:

Electric Man

Secret

Hollow Bones Part1

Where I've Been

Madison

Torture

Open My Eyes

Keep On Swinging

 

 

Slayer ou la grosse déception de ce Hellfest 2016… Pensant voir un groupe qui a repris du poil de la bête, je me dirige vers la MainStage 1, quitte à forcer les destins pour me placer tout devant… On avait particulièrement aimé Repentless, le dernier opus de la bande… Bien que Jeff Hanneman ait disparu, il montrait une formation solide avec l'arrivée de gary Holt… Bien sûr, l’album a été promu en cette fin d’après-midi (« Repentless », et « You against You »)… Mais tout semble mou, et le son est très mal mixé… Ce qui est un comble pour une formation de la trempe… Quoi qu’il en soit, Gary Holt, Kerry King, Paul Bostaff, et Tom Araya prennent du bon temps et investissent bien l’espace scénique qui leur est donné… Il y aura également eu deux changements de back-drop rythmant ainsi le concert… Mais pourquoi un groupe comme Slayer manque t-il autant de rigueur ? Certes, nous reconnaissons le jeu de Kerry King sur « Hate Worldwide » et « Raining Blood »… Mais les rythmiques sont souvent trop mal interprétées… Ça n’était pas toujours en rythme, surtout sur des passages comme « Dead Skin Mask », introduit par Tom Araya comme une chanson d’amour ! Bon, oui, il y avait une bonne ambiance toutefois, et les musiciens sont tous heureux d’être là ! Tom est toujours aussi charismatique, et proche de son public… Et le public le lui rend bien, notamment, pendant d’innombrables circle-pit et raz-de-marée de slams… Mais pouvons-nous les en justifier ? Slayer est quand même une référence du Thrash et ne doit pas se contenter de cela pour faire vibrer ses fans, surtout quand une nouvelle vague de groupe Thrash arrive en force. Municipal Waste l’a bien prouvé ce matin. (Axl)

Setlist Slayer: 

Repentless

Disciple

Postmortem

Hate Worldwide

War Ensemble

You Against You

Mandatory Suicide

Fight Till Death

South Of Heaven

Born Of Fire

Dead Skin Mask

Raning Blood

Angel Of Death

 

Tant que nous y sommes, nous profitons de notre place devant les MainStage pour assister de près à la performance d’Amon Amarth ! Toujours aussi redoutable sur scène, nous savions très bien à quelle sauce le peuple de Clisson allait être mangé ! Pour beaucoup d’entre nous, c’était une belle occasion de voir la bande à Johan Hegg interpréter quelques titres de son nouvel album, Jomsviking… L’album, sans forcément créer une grosse rupture dans la diagraphie des vikings, a prouvé toutefois qu’elle pouvait évoluer en incluant notamment des sonorités typiques de la new wave of british metal tout en restant proche de leur concept: les Vikings avant tout ! Et les Amon Amarth ne l’ont pas oublié puisque c’est leur morceau culte « The Pursuit of vikings » qui a ouvert les hostilités… De quoi rassembler tous les fans, toute époque confondue ! Et la classe, nous nous en prenons plein la face avec un show construit de manière efficace revisitant à la fois les plus gros classiques du groupe («Twilight Of The Thunder God », « Guardians Of Asgaard » et « Deceiver Of the Gods ») et quelques pépites récentes, désormais classiques de la formation, issues notamment de Deceiver of the Gods et du dernier album (je pense du maidenien « First Kill ») ! Le tout agrémenté d’effets pyrotechniques, et d’une qualité de son hors-norme très pro, le groupe a donc confirmé sa place de nouvelle pointure ! En effet, tout y était: refrains assassins, effets pyrotechniques, de belles mises en scène, et surtout, une formation carrée, de bout en bout, qui cesse de récolter tous nos éloges à chacun de ses passages. (Axl)

Setlist Amon Amarth:

The Pursuit of Vikings

As Loke Falls

First Kill

Cry Of The Black Birds

Death In Fire

Deceiver Of The Gods

Runes To My Memory

War Of The Gods

Raise Your Horns

Guardians Of Asgaard

Twilight Of The Thunder God

 

Souvenez-vous, il y a deux ans, Megadeth avait annulé sa venue au Hellfest pour cause de soucis familiaux… Dommage, on aurait bien voulu revoir le groupe vanter les mérites de Youthanasia à l’occasion des vingt années de sa sortie ! Et c’est dire s’il en est passé des choses depuis 2014… Gros changement de line-up, remise en question, et un nouvel album sur les planches, Dystopia, vivement salué par la presse Metal ! Dystopia sort début 2016 et c’est toute une paroisse qui s’est réconciliée avec le Megadave ! C’est à dire que Kiko Loureiro fait bien le job et a apporté sa pâte ! Le constat sera d’autant plus intéressant en live puisque que c’est Dirk Verburen qui a remplacé Chris Adler (parti rejoindre ses copains de Lamb Of God en tournée) ! Et quelle claque, le show de Megadeth est imparable et excellent sous tous les angles ! Fort d’une mise en scène hollywoodienne, Dave Mustaine entre en scène sur « Hangar 18 » et nous remarquons vite que le son est bien plus propre que celui de Slayer ! Ont également été de la partie des titres cultes comme « À Tout le monde » dont le refrain a été scandé par la foule, les incontournables « Peace Sells », « Trust », « Symphony Of Destruction » et « Tornado Of Sould », ce dernier interprété en hommage à Nick Menza décédé il y a peu ! Mais le groupe a fait en sorte de mettre en avant son dernier opus avec pas moins de cinq morceaux exploité ce soir: « The Threat Is Real », « Post American World », « Poisonous Shadows », « Dystopia » et « Fatal Illusion » ! Ce n’est qui pour nous déplaire… Le brézilien est parfaitement intégré à la bande et ça se voit ! Une complicité forte s’est installée sur scène, et Dirk fait bien le job ! C’est donc un tout nouveau Megadeth qui s’est livré à nous en cette fin d’après-midi, une nouvelle formation, forte de deux nouvelles recrues (du moins pour Kiko, celle de Dirk n’est pas encore officialisée) qui n’ont pas eu de peine à faire oublier Shawn Drover et Chris Broderick… Un changement de taille qui aura fait du bien à Dave Mustaine, décidément en forme et en voix… Et apparemment, nous n’étions pas les seuls à penser ainsi vu l’engouement et l’enthousiasme des personnes présentes sur place ! Nous ne pouvions pas attendre mieux de ce la première escapade Française de ce Megadeth 4.0. (Axl) 

Setlist Megadeth:

Hangar 18

The Threat Is Real

Tornado Of Soul

She-Wolf

Post American World

Swealing Bullet

Poisonous Shadows

Trust

Dystopia

À Tout le Monde

Fatal Illusion

Symphony Of Destruction

Peace Sells

Holy Wars... The Punishement Due

 

Il y a cinq ans six goules sans nom se dévoilaient à un Hellfest qui ne les connaissait pas encore. Mené par leur pape satanique, les goules ont gravi les échelons de la scène metal en trois albums et un EP. Et les voilà aujourd'hui en tête d'affiche du Hellfest pour un show spécial dont on sait déjà qu'il bénéficiera d'un chœur d'enfants. Ce n'est pas un secret ce webzine soutient à 100% Ghost, dont le fabuleux Meliora était notre coup de cœur l'an dernier. Pour votre serviteur, le sextet est le descendant direct d'un Kiss. Un projet à la musique simple et efficace qui cherche à rassembler les gens. Le tout dans un concept visuel cohérent qui influence la musique et rend le tout à la fois kitsch et grandiloquent. Les masqués ne font pas l'unanimité mais c'est une foule gigantesque qui les attend alors que l'habituelle intro "Masked Ball" résonne. Fatigué par les tournées incessantes qu'il mène depuis la sortie de Meliora, Ghost s'économise. Mais grâce à un show millimétré (les flammes de l'enfer !!!), des interventions magnifiques de Papa Emeritus III et de superbes chansons, les Suédois assoient leur domination sur l'Europe. Tout le travail accompli depuis septembre pour en arriver à ce set dantesque avant Black Sabbath. Avec une petite heure de set, Papa prend énormément de temps entre les titres et les deux interludes du dernier essai lui laissent le temps de respirer. Alors les speechs de la dernière tournée sont rodés et font leur petit effet. On retiendra particulièrement cette pique face à l'accent français avant "Mummy Dust". Seulement on ne peut qu'être déçu en se disant qu'un morceau voir deux auraient pu être joués en parlant moins. L'absence de "Ritual" est un scandale absolu ! Sur "Body And Blood" à la place de deux nonnes en salle (les "Sisters of Sin") ce sont pas moins de vingt jeunes femmes qui viennent abreuver les premiers rangs de vin. La réaction du public n'est pas physique malgré quelques slams. C'est par la voix que la fête de l'enfer soutient massivement le metal le plus pop de l'histoire. La ballade "He Is" est assurément l'une des plus belles de tous les temps. Chantée par quarante mille personnes voilà un souvenir impérissable ! En ce jour de fête des pères, le maître de cérémonie chante vraiment bien, faisant oublier sa contre performance du Download une semaine auparavant. Avant "Monstrance Clock", le pape nous annonce qu'il est venu le moment de jouir ensemble pour un grand final relevé par ce chœur d'enfant tant attendu (rien de pédophile là dedans. Papa souhaite fêter l'orgasme féminin). Assumant ainsi l'aspect très sexuel de sa musique, souvent allégorie du péché de chair (écouter les paroles de "Jigolo Har Meggido" pour vous en convaincre). Bien trop court, ce concert de Ghost nous laisse complètement frustré. Pourtant, les Nameless Ghouls nous ont offert un magnifique show qui nous a rendu complètement fou. A revoir très vite avec un nouvel EP annoncé pour la fin d'année. Hail Satan ! 

Setlist Ghost:

Masked Ball (Jocelyn Pook) (Intro)

Spirit

From The Pinnacle To The Pit

Body And Blood

Devil Church

Cirice

Year Zero

Spöksonat

He Is

Absolution

Mummy Dust

Monstrance Clock

 

Black Sabbath, c’est la fin… Un groupe au bout du rouleau diront certains… D’autres préféreront assister à la toute dernière performance française de la bande à Tony Iommi en France. Le monde est toutefois au rendez-vous devant la MainStage 1 après la claque inculquée par Ghost sur la deuxième scène… Mais un concert de Black Sabbath en France, ça ne loupe sous aucun prétexte ! Une court métrage digne des plus grandes sorties hollywoodiennes, mettant en avant Henry, la mascotte du groupe, et c’est parti, un univers lugubre se met en place ! C’est « Black sabbath » qui ouvre les set du fab de Birmingham… La recette, aussi simple soit-elle, est toujours efficace… Vous savez, le fameux triton… L’ambiance si malsaine est d’autant plus véhiculée sur scène ! Cela se faire par l’intermédiaire de videos, et du chant très typé d’Ozzy sur les tranches qui ont suivi… Quel régal ! On n’avait jamais vu Ozzy aussi bien au point sur les tranches qui ont suivi ! On pensera notamment à « N.I.B », « Behind The Wall Of Sleep » et les autres classiques « Iron Man » ! Aucun titre de 13 n’a été interprété ce soir, le groupe a préféré faire quelques surprises comme « After Forever », rarement interprété sur scène ! En ce qui concerne le toucher de Iommi, il est resté intact bien que le monsieur ait été affaibli par la maladie ! Tous les titres sont brillamment exécutés, notamment « War Pigs » et « Dirty Women », où les solos sont transposés de manière grandioses ! Rien à dire à ce sujet… Par contre, là où ça cloche, c’est bien au niveau des intentions du groupe ! Contrairement à Twisted Sister qui a bien insisté (lourdement diront certains) sur le fait qu’il s’agissait là du tout dernier concert que donnait Twisted Sister en France, il n’en sera rien pour Black Sabbath… Rien n’a été fait pour rendre le concert exceptionnel… Tout semblait banal, courant à un tel point que nous étions en droit de remettre en cause la légitimité de cette tournée d’adieux… Pourquoi Ozzy n’a t-il pas evoqué (une fois aurait été bien) la fin de cette carrière à succès pour un groupe qui a considérablement marqué la musique ? Pour nous, c’est l’incompréhension… Certes, Ozzy présente toujours ses musiciens (Tony Iommi, Geezer Bulter et Tommy Clufetos)… Chacun a eu son moment de gloire notamment Tommy Clufetos (pendant « Rat Salad ») et Geezer Butler pendant la partie qui précède N.I.B. (« Bassically »)… Mais le concert manquait d’un petit truc qui aurait pu rendre le concert exceptionnel. Un feu d’artifice ? Une mise en scène plus élaborée ? Et si cette tournée d’adieux n’était qu’un prétexte pour rafler de nouveaux fans ? 

Axl Meu

Setlist Black Sabbath:

Black Sabbath

Fearies Wear Boots

After Forever

Into The Void

Snowblind

War Pigs

Behind The Wall Of Sleep

N.I.B.

Rat Salad

Iron Man

Dirty Women

Children Of The Grave

Rappel:

Paranoid

Toujours dans une optique de découverte quitte à être déçu et surtout car les occasions de voir Maynard James Keenan en concert ne sont pas légions; nous voilà face à Puscifer. La disposition de la scène est très intéressante mais nous déchantons rapidement. La tente est loin de faire le plein et il est clair que tout le monde est venu voir l'alien Keenan. Nous voilà partis pour une heure de show "contempo-rien" ridicule durant lequel quatre "danseurs" déguisés en luchadores mènent la danse tandis que Maynard et Carina Round se déhanchent sans raison. Tout cela semble sans fond d'aucune sorte, simple prétexte à avoir l'air étrange et opposé à tous ces cons de métalleux. La musique du projet n'est elle même pas vraiment renversante, une sorte de pop électro ambiante sans grande accroche ni efficacité qui se voit relevée par des harmonies vocales intéressantes. L'impression d'écouter une musique d'ascenceur qui déjà dans ce contexte n'aurait rien de bien enthousiasmant (pas comme un bon vieux "Evidence" de Faith No More). Nos luchadores finissent évidemment par mimer des prises de catch pour un résultat bien kitsch dans le mauvais sens du terme. L'ambiance paraît inexistante, les gens applaudissent sans conviction à la fin des titres, autant dire que l'heure est longue. La fin du set un poil plus enthousiasmante musicalement n'arrange pas vraiment ce constat déplorable. Maynard, toujours dans la pénombre, a l'air de s'écorcher la gorge en disant "Hellfestival" qu'il compare à la Terre du Milieu (dédicace à Blind Guardian ?). Assurément un coup supposé lui donner l'envie de venir avec Tool l'an prochain quand très peu de gens voulaient voir ce projet tertiaire d'un chanteur barré mais ô combien génial. On peut toujours rêver... (Clément) 

Setlist Puscifer:

Telling Ghosts

Gallileo

Vagina Mine

Horizons

The Remedy

Grand Canyon

Breathe

Toma

Conditions Of My Parole

Money Shot

Man Overboard

 

Difficile dilemme entre le metal satanique gorgé de chant suraigu de King Diamond, rare sur les planches et le modern rock de Refused. Nous nous dirigeons finalement vers la Warzone dans l'espoir que les suédois nous permette de tenir encore une heure et de finir ce Hellfest en fanfare. Grand bien nous en a pris car les cinq vont écraser le parterre nombreux venu les soutenir. Dennis Lyxzen (chant) descend dans le public dès "Rather Be Dead" ("une chanson de punk politique" dixit Dennis), le son est monstrueux et nous décernons officiellement le prix du bûcheron à David Sandström (batterie). Cette frappe de mule ! L'ambiance n'est pas folle dû à cette place tardive mais quelques irréductibles secouent les premiers rangs. A la fin de "Dawkins Christ", second extrait du nouvel album Freedom (2015) plus arrangé que ses prédécesseurs, le groupe place un extrait de "Raining Blood" lourdingue grâce à la basse de Magnus Flagge. Dennis est un frontman unique en son genre qui se déhanche en éructant comme si sa vie en dépendait. Il faut dire que Refused sont un peu les seuls punks à chemise de la planète. Et nous parlons de modern rock en ce qui les concerne car leur style entre punk, hardcore, rock et metal n'est finalement qu'une formation punk'n'roll punchy au son unique. Le frontman remercie les fans d'être venus aussi nombreux les soutenir avant "Refused Are Dead" : "lorsqu'on joue après Black Sabbath et trois jours de festival on se demande si les gens n'ont pas eu assez de rock". Alors que la fin du set est imminente on lui annonce qu'il leur reste du temps pour deux morceaux ce qu'il laisse le temps à la formation de balancer l'acide ""Summerhalidays VS Punkroutine" avant le tube "New Noise" évidemment repris par la Warzone. Auparavant Lyxzen n'a pas manqué de délivrer un speech féministe bienvenu: "sur deux cent huit musiciens qui ont joué ce week end seulement huit sont des femmes. Nous devons nous battre pour changer cela !". Dire que certains traitent le groupe de Bring Me The Horizon pour adulte. Refused est un ovni dans une scène formatée qui a sur se créer sa personnalité et sa propre identité sonore. Une légende proche de son public qui donne des concerts explosifs et nous permet de repartir comblés sur les rotules. (Clément)

La fatigue a gagné le festivalier à un tel point qu'il n’est pas allé voir un dernier bout du gig de King Diamond… Mais il a toutefois recueilli de nombreux échos concernant la prestation du King. À coup sûr, nous avons loupé l’UN des concerts du Hellfest… C’est à dire que le frontman se fait agé maintenant et que le voir interpréter son album culte Abigail relève d'une rareté sans borne ! 

Que retenir de cette édition 2016 si ce n’est que Ben Barbaud et l’équipe organisatrice ont réussi à faire mieux que l’année précédent. Oui, en terme de qualité de programmation, l’affiche s’est voulue éclectique à souhait. Nous avons découvert, revu pas mal de groupes dont nous sommes fans. 

 

TOP 5 DE LA RÉDACTION:

 

Clément:

1. Twisted Sister

2. Sixx: A.M.

3. Refused

4. Ghost

5. Rival Sons

 

Axl Meu:

1. Black Sabbath

2. Twisted Sister

3. Megadeth

4. Overkill

5. Undead Prophecies

 

François Lampin:

1. Gojira

2. Cattle Decapitation

3. Slayer

4. Ghost

5. Le Bal des Enragés