Hellfest 2016 - Jour 1

Une fois n’est pas coutume, le Hellfest affichait complet plus de six mois avant le début des hostilités. C’est à dire qu’avec une programmation des plus pertinente vantant les mérites de tous les styles extrêmes, le Hellfest s’est construit une réputation sans faille, et ce même en dehors de nos frontières hexagonales. Mais après une dixième édition qui avait marqué l’ensemble des festivaliers, il fallait encore innover en terme de qualité si bien que les organisateurs ont décidé en 2016 de renouveler le festival et de pousser quelques nouveaux concepts à fond afin d’offrir à ses festivaliers le plus de services.

Niveau programmation, tous les festivaliers y ont trouvé leur compte. Les trois têtes d’affiche valaient le détour car il s’agissait, soit du retour en force de piliers comme Rammstein ou bien des adieux de formations cultes comme Twisted Sister et Black Sabbath… Les détracteurs des têtes d’affiches « main stream » en ont également eu pour leur argent car les programmations de la Altar, Temple, Valley et Warzone ont marqué de par la cohérence des groupes proposés… Les aficionados de Thrash étaient dans les starting-blocks le vendredi 17 avec des groupes comme Aura Noir, Testament, Overkill ou même Sacred Reich...

Toutes les raisons étaient bonnes pour s’acheminer vers Clisson cette année, véritable lieu de pèlerinage pour certains d’entre nous. C’est pour cette raison que la rédaction s’est rendue à Clisson dès le jeudi pour apprécier l’ambiance festive, déjà bien engagée par nos quelques amis, déjà présents en masse. L’ambiance est bonne, et le soleil est au beau fixe, bien que la madame météo avait prévu un temps orageux tout le week-end. Il n’en sera rien et hormis quelques averses, il fera très chaud, ce qui n’a pas été pour nous déplaire. (Axl)

Vendredi 17: 

Couvrir le maximum de concerts, il était bien là le défi que s’est lancée l’équipe de Metal Cunt, autant vous dire qu’à deux rédacteurs, et un photographe, la besogne fut ardue. 

C’est sous la Altar que commence mon périple, et c’est Witches qui se produisait. Witches n’est plus à présenter aujourd’hui. Ce quatuor, fort d’une frontwoman accomplie, a profité de sa première performance dans le cadre du Hellfest pour synthétiser l’ensemble de sa carrière. Ont donc été de la partie des morceaux cultes de la formation provenant de la deuxième moitié des 80’s (« Lessive Agressive », « Silly Symphony ») et d’autres plus récents comme « Eternal Heroes ». Certes, le concert est simple, et le show ne repose pas sur un aspect purement visuel (seul un simple backdrop fera office d’artifice visuel), mais le groupe va à l’essentiel en nous proposant un Thrash/Death de qualité. On a aimé cette mise en bouche. (Axl)

 

Après avoir jeté un coup d’oeil à la MainStage 1 pendant la performance de Delain, nous retournons sous la Altar où Dust Bolt s’apprête à bancher ses guitares ! Et quelle claque, la jeune formation fait le job en proposant un set rempli de hargne et de groove. C’est à dire que leurs morceaux s’y prêtent totalement, ils oscillent entre du bon vieux Suicidal Tendencies et du Metallica… Les premiers moshs font surface, et de nombreux Thrash Metalleux s’amuseront à headbanguer pendant les titres phares (« Soul Erazor », « Toxic Attack » et « Agent Thrash ») de la jeune formation. Encore une fois, l’originalité n’est pas de mise, mais le concert est particulièrement agréable. Inutile d’insister sur le fait que Dust Bolt a bien compris les canons du Thrash Metal. (Axl) 

 

Le réveil quelque peu difficile pour ce premier jour du Hellfest nous fait rater les poètes de Cowards. Nous ne commençons donc pas notre fest avec trente minutes d'amour fraternel mais avec le classic rock d'Audrey Horne. Les norvégiens en sont déjà à leur troisième passage au Hellfest, ce que Toschie (chant)  ne manque pas de rappeler. Les fils d'Odin réunissent une foule conséquente et motivée. Le son est assez bon malgré quelques petites difficultés en début de set mais Toschie rend avec brio les superbes refrains de la bande. Celui-ci est complètement déchaîné et arpente, le sourire aux lèvres, cette Mainstage 02 qu'il inaugure. A ses côtés ses comparses ne sont pas en reste et les regards se tournent le plus vers Ice Dale (Enslaved, I) et Thomas Tofthagen (Sahg). Ce derniers, présenté comme un "drug maniac" délivre avec son musculeux partenaire leurs fabuleuses guitares harmonisées. Concentrée sur Youngblood et non sur Pure Heavy (leur dernier album), la setlist ne pioche que dans les titres les plus efficaces. L'éclatant "Redemption Blues" renvoie les élèves d'Iron Maiden à leurs chères études ternaires. "Youngblood" et sa couleur très poppy comme "Out Of The City", chanson proche des irlandais Thin Lizzy, ont du surprendre les plus assoiffés de sang de si bon matin. Afin de ramener un soleil aux abonnés absents Toschie annonce "Pretty Little Sunshine" et son génial break de basse. Espen Lien (basse) a une autre occasion de se mettre en avant puisqu'il a la charge d'apprendre le refrain de "Waiting For The Night" au Hellfest, sûrement le titre le plus catchy de Pure Heavy. Ce refrain, parfait prétexte pour un petit sing-along en fin de set, nous est proposé. Mené à la baguette par un Toschie très proche de son public, il lui permet de profiter de la chaleur humaine dans le pit à photo. Un show forcément trop court pour un fan du quintet, au vu du nombre de tubes potentiels à disposition dans leur catalogue. Audrey Horne est une valeur sûre, autant sur album qu'en live où il excelle, grâce à une énergie communicative en symbiose avec ses fans. Encore trop mésestimé, espérons que le prochain album attendu pour 2017 lui fasse passer le palier qu'il mérite amplement. (Clément) 

Setlist Audrey Horne:

Redemption Blues

Straight Into Your Grave

Youngblood

Out Of The City

Pretty Little Sunshine

Waiting For The Night

 

La première grosse claque de la journée. C’est bien les mots qui me restent en tête après la claque que m’a inculquée Skeletal Remains. Il leur a fallu seulement huit titres pour mettre à terre l’ensemble du cortège qui s’était amassé sous la Altar pour prendre une petite dose de catharsis. Au rendez-vous, de bonnes guitares saturées bien dosées sur « Homicidal Pulchritude » et « Sub-Zero Termination », quelques grosses animations dans le pit pendant « Eupheric Bloodfeast », et des fans conquis par un chant crié et growlé bien comme il faut sur le final « Obscured Velination ». Le groupe maitrise parfaitement son objet d’étude, ça alterne entre influence Death Old School et Deathgrind (beau t-shirt Reek Of Putrefaction au passage)… Et personne ne sera resté indifférent devant le charisme de Chris Monroy, digne d’un Chuck Schuldiner… Encore un qui sait de quoi il parle. La claque. (Axl Meu)

 

Nous restons dans le rock'n'roll sur la Mainstage 02 avec une autre formation qui lie une certaine histoire d'amour avec la France. Pour un retour au Hellfest, la technique n'est pas du côté de Nashville Pussy. La grosse caisse et la basse sont tout à fait déraisonnables et Blaine Cartwright se plaint longuement auprès de l'ingé son afin de ne plus avoir de guitare dans ses retours. On note quand même une amélioration au milieu de la performance. Alors que le public accueille le quatuor comme des rois, l'ambiance reste finalement assez timide durant le concert. Mais cela n'empêche pas le groupe de se donner à fond, la mention spéciale revenant comme d'habitude à Ruyter Suys (guitare) cette Angus au féminin dont on parle trop peu. Blaine est lui aussi en forme et finit même pas boire une bière directement dans son chapeau nous dévoilant une calvitie des plus prononcée. Le redneck s'amuse à présenter chaque membre en indiquant sa ville et son état d'origine. Nashville fait un choix courageux mais payant en jouant "Go To Hell" plus bluesy et chaloupé à mi course. On ne conseillera jamais assez de prêter attention aux paroles hilarantes de Cartwright. Celles de « Go To Hell » en est l'un des meilleurs exemples. Un bon concert de rock'n'roll à l'ancienne et sans prise de tête, dans la veine de Motörhead et AC/DC. L'histoire d'amour entre l'Hexagone et Nashville ne risque pas de se terminer de si tôt malgré ce concert qui sur la durée du week end et sa qualité reste presque oubliable. (Clément) 

 

S’il y a un bien une prestation qu’il ne fallait pas louper sous aucun prétexte, c’était bien celle du Bal des Enragés, le fameux collectif de musiciens français prônant la liberté d’expression et l’indépendance. Il pleut quand nous nous acheminons vers la MainStage 2 mais les intempéries n’a pas semblé décourager les fans du collectif. Et à vrai dire, nous les comprenons puisque nous avons été conquis par le show. On a bien apprécié voir Stéphane Buriez interpréter avec son pote, Poun (Black Bomb A), des titres comme « Ace Of Spades » et même reprendre « Smells Like Teen Spirit » et « Rock and Roll » de vous-savez-qui. Les membres (issus de s’alternent à tour de titres et s’amusent à reprendre des classiques de Sepultura (« Refuse/Resist »), « Sabotage » (Beastie Boys) et autre « Killing In Name » (Rage Against The Machine) ! Le show était également visuel puisque leur amie a joué avec le feu durant la prestation, rajoutant une dose d’une dose de chaleur à un concert dont la fosse était tout le temps sur le point d’exploser. Et quel bordel, imaginez bien l’ambiance d’un concert de Punk associée à la spontanéité d’un concert de Thrash Metal… Tout le monde était dans les starting-blocks, et a mis du sien pour rendre l’événement inoubliable. (Axl) 

Setlist Le Bal des Enragés:

Ace of Spades (Motörhead)

Rock And Roll (Led Zeppelin)

Smells Like Teen Spirit (Nirvana)

Sabotage (Beastie Boys)

Killing In The Name (Rage Againt The Machine)

Cayenne (Parabellum)

Refuse/Resist (Sepultura)

Antisocial (Trust)

Vive le Feu (Bérurier Noir)

 


Nous avons profité du concert de Halestorm (qui a souffert d’une qualité de son très désagréable au passage) pour nous recueillir devant la statue érigée en la mémoire de Lemmy Kilmister, véritable soldat du Rock n’ Roll. La statue attire les passants, il faut dire qu’il s’agit là d’un lieu de culte à part entière où les fans pouvaient se recueillir et même déposer quelques germes, bougies à l’endroit prévu pour où demeuraient une paire de santiagues et chapeau ayant appartenu à l'artiste. Ce fut un moment très touchant et très émouvant. (Axl)

À notre retour sous la Altar, Havok avait déjà enchainé une belle panoplie de morceaux… Autant vous dire que nous étions arrivé à la fin du set… Mais cette éclipse nous a permis de nous faire une idée de l’ambiance finale qui subsistait tout au long du concert. Leur Thrash fut incisif, et des raz-de-marée de slams se sont enchainés pendant leurs titres cultes « Point Of No Return », « Claiming Certainly » et « Give Me Liberty… Or Give Me Death ». En plus, le son était très bon, et les soli, très bien exécutés (quelle précision !!!) ! Le constat est donc sans appel… Aujourd’hui, qui peut démentir le fait que Havok est une valeur sûre du Metal qui met tout le monde d’accord ? Pas nous en tout cas ! (Axl)

 

Nous jetons un oeil à Ramesses pour notre premier passage à la Valley. Et quelle déception ! Personne n'a l'air de jouer ensemble, le son est insupportable et les compos sont très classiques. A oublier complètement ! Après notre interview en compagnie de Volker nous retrouvons Mass Hysteria qui sillonne les scènes de France et de Navarre depuis la sortie de Matière Noire en fin d'année dernière. Comme prévu et comme il l'a fait il y a deux ans le groupe retourne le Hellfest. La folie s'empare d'un public massif qui fout un bordel monstre jusqu'à un wall of death qui semblait vouloir challenger celui de Dagoba en 2014. Un échec intéressant de par la forme artistique qu'il a pris. Les riffs du dernier album sont en béton armé et MH sait toujours y faire pour bouger son public. Depuis le Sonisphere 2011, il a pris l'habitude de venir jouer "P4" dans le public et le refait une fois encore. Le positivisme qu'il revendique est une excellente chose mais Mouss a dépassé les bornes. On connaît l'engagement politique du bonhomme et on le sait concerné par des questions d'ordres sociales. Sans rentrer à fond dans le débat "musique engagée: bonne ou mauvaise idée?" (on peut le faire dans les commentaires si vous voulez), il est intolérable de voir un mec avec un pull Fred Perry dire: "tout cela c'est la faute des américains et de leur politique de merde. Ils piquent le pétrole en Iran, en Irak, partout !". Cette intervention propulse le public avec Gégé, conducteur poids lourd, raciste et homophobe, bourré à quatre heures du matin dans son bistrot de quartier appelé "La Bonne Tranche". Le frontman a le mérite de nous faire beaucoup rire mais à un moment il faut réfléchir à ce que l'on dit. Bientôt j'espère voir Tagada Jones hurler "ils nous volent notre travail". #fun ! #intellingence ! Il faut se re-concentrer sur la musique cher Mouss ! Celle-ci est très bonne, en diminuer son impact par des discours dignes des plus grands beaufs de France n'est pas utile.

NB: Citer Bukowski comme un groupe à soutenir au Hellfest alors qu'ils n'y jouent pas est un peu ridicule 

(Clément)

Setlist Mass Hysteria:

Chiens De La Casse

Vae Soli

Vector Equilibrium

World On Dire

Une Somme De Détails

P4

L'enfer Des Dieux

Notre Complot

Plus Que Du Metal

Furia

 

Décidément, cette journée s’annonce plus Thrash que prévue, nous nous dirigeons vers la MainStage 1 où Anthrax s’apprête à faire son grand retour au Hellfest (après avoir annulé l’année précédente, laissant sa place à Sodom). Bref, Anthrax est là pour faire la promotion de son nouvel album For All Kings, un album qui a divisé la communauté Metal tout comme son prédécesseur, Worship Music. À voir si les nouvelles tranches feront la différence… Et le peu que l’on puisse dire, c’est qu’Anthrax est en forme et qu’il sait piocher dans son répertoire les titres à succès pour encourager les plus fous d’entre nous à s’énerver dans le pit. Voyez y par vous même, les fans old school ont eu le droit à des titres cultes tels que « Caught In a Mosh », « Indians » (durant lequel Joey Belladonna est toujours accoutré de vêtements folkloriques) et les reprises « Got The Time » (Joe Jackson) et « Antisocial » (Trust)… Un concert classique me diriez-vous… Mais, le groupe a eu l’idée d’incorporer plusieurs titres récents (promotion oblige) pour rythmer son concert… Ce qui n’était pas forcément le meilleur choix. Certes, le titre « Fight ‘Till You Can » (Worship Music) passe bien, mais nous ne pouvons rester dubitatif devant un groupe a préféré intégrer à sa setlist trois nouveaux titres (issu du dernier album donc) sur huit titres (une setlist courte donc...) quand les fans attendaient des pépites tels que « Medusa » ou même « Metal Thrashing Mad » ou bien « Madhouse »... C'est d'autant plus regrettable puisque nous avons constaté que le récent « Breathing Lightning » n’est pas assimilé comme il aurait fallu.. Ce dernier paraissait un poil brouilloneux face à la prestation de « Indians » qui aura récolté tous les éloges d’une foule en délire pendant une « War dance » interrompue par Charlie Benante, non satisfait par la tournure que prenait le circle pit. Ce fut un bon concert, tous les musiciens étaient en forme, surtout Joey Belladonna qui a su maintenir une belle voix après tant d’années au poste, mais la setlist ne suivait pas… Dommage. (Axl) 

En tournée quasiment ininterrompue depuis la sortie de Worship Music il y a quatre ans, Anthrax revient au Hellfest pour défendre For All Kings toutefois moins marquant que son prédécesseur. Le quintet est pourtant visiblement fier de son dernier né puisqu'il axe son propos autour de celui-ci (trois sur huit tout de même), alors qu'il pourrait balancer du classiques à la pelle, sa longue carrière n'en manquant pas. L'ambiance s'en ressent un peu et finalement il n'y a que leur reprise d'"Antisocial" qui met le feu au Hellfest. Etrangement Joey Belladonna cale quelques mesures de "Run To The Hills" à la fin de la reprise. Un hommage à Nicko McBrain qui a joué dans les deux formations ? "Caught In A Mosh" quant à lui secoue le pit et "Got The Time" (une autre reprise, donc deux reprises sur huit morceaux...) fait chanter les fans. Durant ce dernier Belladonna décide de piquer une caméra à un technicien pour filmer le public. L'un des vrais gros problèmes du set au delà de cet agencement de setlist douteux, est cette guitare solo inexistante qui ruine le travail incroyable que Jonathan Donais (ex-Shadows Fall) a abattu sur le dernier opus. Avant le tout frais "Evil Twin" Scott Ian demande au public s'il aime le thrash. Question piège pour tous les admirateurs de Captain Constat. Pour achever les thrashers, Anthrax a gardé sous le coude le meilleur extrait de For All Kings, "Breathing Lightning" et son refrain magique ainsi que le classique "Indians" qui rappellera toujours la magnifique coiffe que Bella a arboré pendant des années. Un peu court (où sont "Madhouse", "Among The Living", "NFL" ?) mais un chouette concert. (Clément)

Setlist Anthrax:

Impaled (Intro)

You Gotta Believe

Caught In A Mosh

Got The Time (Jackson 5 Cover)

Fight'Em 'Til You Can't

Evil Twin 

Antisocial (Trust Cover)

Breathing Lightning

Indians

 

Après cette semi-déception, direction la Temple pour voir une formation qui ne déçoit jamais. Vader, qui continue de promouvoir son dernier album Tibi et Igni, a posé ses flights cases à Clisson le temps d’insuffler la crainte et la pitié à ses spectateurs. Étaient donc au rendez-vous d’innombrables classiques comme « Triomph Of Death », « Decapitated Saints » et « Dark Age » mis en avant par une qualité de jeu dont certains groupes de la trempe devraient s’inspirer. Tout était carré et pertinent de bout en bout. Il faut dire que l’image qu’incarne le cuirassé colle à merveille avec les sonorités diaboliques de « Return To The Morbid Reich ». Encore une fois, Vader a prouvé qu’il était la référence Metal en terme de Death/Black. Vite nous comprenons pourquoi les fans brandissaient le drapeau polonais. À bon entendeur. (Axl)

Setlist Vader:

Wings

Go To Hell

Come and see My Sacrifice

Reborn In Flames

Decapitated Saints

Triumph Of Death

Dark Age

Vicous Circle

Return to the Morbid Reich

Silent Empire

Sothis

Helleluyah !!! (God is Dead)

 

Turbonegro n'est peut être pas le plus grand groupe du monde mais il peut se targuer d'avoir une fanbase énorme, disséminée partout et qui a créé tout un mouvement autour de lui. Grâce à la Turbojugend, les norvégiens seraient presque un pan de pop culture et les voilà donc en Mainstage 02, trois ans après leur dernier passage au Hellfest en tête d'affiche de la Warzone. Complètement barré le groupe entretient une ambiguité de façade sur la sexualité de ses membres et chaque musicien est un spectacle à lui tout seul. Le décor est très intéressant avec ce drop représentant une rue et des réverbères derrière la batterie. Et que dire, Turbo est une parfaite incarnation du rock'n'roll. Son death punk est d'une efficacité à toute épreuve et mixe parfaitement choeurs virils, chant éraillé et riffs qui ne peuvent que faire taper du pied. A partir de là comment ne pas rentrer dans l'ambiance archi festive qui se dégage de la scène ? Il faut tout de même attendre le tube "All My Friends Are Dead" pour voir le public se laisser prendre dans la danse. Les claviers de Pal Pot Pamparius sont absolument inaudibles et sa présence en devient presque gênante. Il faut dire aussi que son camarade batteur, Tommy Manboy, n'a pas de considération pour lui et frappe comme un sourd. Sa présence sur scène étant sujette à débat certains ont plutôt apprécié le sort réservé à son instrument. Le nouveau single, "Sexual Education", est lui aussi sujet à débat et s'avère très bon dans le cadre du live. Même si il est évident que sa couleur beaucoup plus pop déçoive les puristes, c'est vers un son plus suédois (Europe ne serais-tu pas un peu dans le coin?) que ce titre et l'arrivée de Pal semblent nous mener. A vous de choisir votre camp mais nous pensons que du très bon peut sortir de cette collaboration. Avant "I Got Erection" The Duke Of Nothing (chant) sépare la foule en deux laissant une brèche à Happy Tom (basse) qui se moque du wall of death "la dernière fois que nous avons fait cela il y a eu 85 morts". Le bougre veut simplement faire chanter une dernière fois le Hellfest en utilisant la bonne vieille technique de l'opposition politique (séparation droite/gauche). Un phénomène logique pour un combo de grande classe qui ne cesse de gagner en popularité. (Clément)

Setlist Turbonegro:

The Age Of Pamparius

You Give Me Worms

All My Friends Are Dead

Hot For Nietzsche

City Of Satan

Special Education

Drenched In Blood (DIB)

Get It On

Wasted Again

I Got Erection

 

Après une petite pause bien méritée, nous nous retrouvons aux premières loges pour assister au concert de Sacred Reich. Et nous ne cachons pas notre joie de revoir la formation américaine… C’est à dire que leurs prestations sont synonymes d’autenticité et de bonne entente. Et cette date ne fera pas exception à la règle. Les Sacred Reich sont restés fidèles à eux-même, authentiques et proches de leur public (on aura même pu voir Phil Rind se promener dans le pit avant le rejoindre la scène). Bien que la scénographie soit légère (peu de jeu de lumière, un backdrop et deux supports), on est sûr que la formation de Thrash Metal ira à l’essentiel en interprétant les titres clefs de sa carrière comme « The American Way » joué d’entrée de jeu, vite suivi par « Supremacy » et « Love… Hate ». Et nous sommes chanceux, le son est particulièrement propre (bien que la guitare manque parfois de rigueur), et nous pouvons distinguer avec aisance les différentes guitares… En plus, Phil Rind qui n'a cessé de remonter son froc durant tout le concert est très en voix et entretient comme toujours une communication sans faille avec son public (il aura même demandé à celui-ci de se faire des câlins avant de commencer « Who’s To Blame »...). Certes, rien ne neuf niveau setlist, on aura eu droit à cette fameuse de reprise de « War Pigs » de Black Sabbath, mais pourquoi les en blâmer ? Le groupe fait le job et tacle une dernière fois ses fans à coup de « Independant », véritable hymne du genre, et « Surf Nicaragua ». La classe. (Axl)

Setlist Sacred Reich:

Also Sprach Zarathustra

The American Way

Death Squad

Love… Hate

Ignorance

Heal

Blue Suit, Brown Shirt

War Pigs (Black Sabbath)

Who’s To Blame

Independant

Surf Nicaragua

 

Finalement assez bas à l'affiche les Melvins réunissent évidemment une Valley blindée. Il faut dire que le statut culte du trio et ses rares apparitions en font une curiosité à ne pas louper. Le concert démarre sous le signe de l'humour avec cette intro qui n'est autre que le "Star Spangled Banner" associé aux t-shirts pailletés de Jarred Warren (Big Business) et Dale Crover (Shrinebuilder) arborant chacun le nom de leur instrument. Le trio vient tout juste de publier un nouvel album, ce qui n'est pas un événement en soi car le groupe publie un album tous les deux ans au minimum depuis ses débuts en 1982.  La particularité de celui-ci est la basse qui est à l'honneur. Pas moins de huit bassistes se succèdent au fil de Basses Loaded dont Kris Novelic (Nirvana). Difficile de vous dire si un titre de ce nouvel essai fait partie de la setlist car leur carrière est longue et cet essai est inconnu à nos oreilles. Le set dévoile une facette punk, rock, psychée dont le seul lien est la lourdeur générale. Les fans expriment leur joie de revoir cette drôle de bête qu'est Buzz Osbourne mais il faut rendre justice à la frappe chirurgicale de Dale et à l'énergie appréciable de Jarred dans ce show parfois hermétique. Seul le cogneur prend la parole une petite fois au cours du set ! Chaque membre se partage le chant pour un effet dynamique et une mise en place qui force le respect. Des légendes imprévisibles au magnétisme imparable. Rare et décapant. (Clément)  

La où Overkill passe, tout le monde trépasse. Non, ce n’est pas une blague… Après leur annulation en 2010, Bobby et sa bande se sont jurés de fracturer les crânes des Thrasher une bonne fois pour toute - On leur a accordé une heure pour qu’ils puissent accomplir leur besogne… Et ce ne fut pas une tâche ardue. Au contraire, dès « Armorist », les quatre instrumentalistes, vite rejoints par Bobby, réveillent un raz-de-marée de slammers… Et la tempête se prolongera durant tout le set. C’est à dire qu’avec des titres au tempo effréné comme « Rotten To The Core », « Hello From The Gutter » et « Elimination », un des ultimes titres qui verra son tempo multiplié par dix à sa fin, cela ne pouvait pas se passer autrement… Tout comme Sacred Reich, le show ne repose pas sur l’aspect purement scénique, mais sur l’énergie qui est dégagée par la troupe. C’est à dire que ça joue vite, très vite ! Et que Bobby s’amuse toujours autant à faire ses allers/retours de derrière les amplis pour provoquer l’euphorie au sein du public. Le bougre est particulièrement en forme, et en voix (il n’a pas arrêté de mimer ses paroles sur « Coma » et « Ironbound »). L’ambiance est donc très bonne à un tel point qu’un fan en fauteuil roulant a voulu slammer comme les autres… De quoi attiser la stupéfaction de Bobby qui n’a pas hésité une seconde pour s’exprimer à ce sujet: « C’est la première fois que je vois ça de ma vie ! Hellfest, tu es vraiment le meilleur festival au monde ! »… Merci de nous le rappeler ! Par contre, là où ça clochait, c’était bien au niveau du son ! À force de vouloir jouer trop fort, Overkill a peut-être oublié que le son de façade saturait énormément, et ce pendant tout le set ! C’est dommage car certains morceaux étaient parfois méconnaissables comme « Hello From The Gutter » où il a parfois fallu attendre le refrain pour le reconnaitre ! Quoi qu’il en soit, c’est une leçon de Thrash à l’état pur que nous a offerte la formation avec l’interprétation de titres comme « Fuck You » (The Subhumans) (où le public a pu cracher sa haine à sa manière) ! À revoir encore et encore ! (Axl Meu)

Setlist Overkill:

XDM

Armorist

Rotten To The Core

Electric Rattlesnake

Hello from The Gutter

Hammerhead

Feel The Fire

Coma

Infectious

Ironbound

Elimination

Fuck You (The Subhumans)

 

Depuis quelques années le Hellfest s'est mis à programmer des formations que l'on  rencontre rarement  sur d'autres festivals metal. Parmi les plus gros qui ont lancé cette particularité il y a Dropkick Murphys. Le gang comme lors de son premier passage à Clisson rameute une foule monstre pour ce retour. En tournée pour fêter ses vingt ans de carrière il balance le paquet de classique qui est à sa disposition. Pour ce retour, les américains lancent le show avec leur tube "The Boys Are Back" qui met des poings dans la face et fait déjà chanter le Hellfest. Le son est excellent et reste à un volume raisonnable, nous laissant profiter du concert sans bouchons. Durant l'heure et demie qui leur est allouée, le groupe va juste lancer une grande fête. Bons enfants, les gens chantent et dansent et  les premiers rangs se rentrent bien dedans pour un petit voyage en Irlande sur bateau ivre (ou bien est-ce moi ?). Leur style entre punk, rock, musique folk et hardcore rassemble petits et grands. Coreux autant que fans de The Offspring s'éclatent dans la joie et la bonne humeur. L'utilité d'Al Barr nous semble toujours sujette à débat tant le bougre chante peu pour quelqu'un qui n'a pas d'instrument à gérer à côté alors que Ken Casey (chant/basse) a un grain si particulier ! L'une des surprises du show réside dans cette reprise de Rodgers & Hammerstein : "You'll Never Walk Alone", extraite de la comédie musicale Carousel. Un hymne qui aura fait plaisir aux supporters de football et plus précisément aux fans de Liverpool (dont il est l'hymne officiel). En fin de set, Casey incite les gens à écouter de la nouvelle musique avant d'annoncer que le groupe va sortir un nouvel opus en fin d'année. Le set passe à toute vitesse et lorsque "I'm Shipping Up To Boston" démarre on a du mal à croire que la messe est dite. Tu aimes faire la fête, tu aime chanter à tue tête, tu aime danser de manière aléatoire, tu aime pogotter, tu aime les Pogues et la musique irlandaise ? Alors si l'occasion t'en es donnée va voir les Dropkick Murphys, garantie constructeur préservé. (Clément)

Setlist Dropkick Murphys:

The Boys Are Back

Prisoner's Song

Sunday Hardcore Matinee

Johnny, I Hardly Knew Ya

Walk Away

The Auld Triangle

Cruel

Famous For Nothing

Citizen CIA

Sandlot

You'll Never Walk Alone (Rodgers & Hammerstein Cover)

Out Of Our Heads

The Warrior's Code

Rose Tattoo

The State Of Massachusetts

 

Nous ne connaissons pas vraiment Sunn O))). Pour nous, il est ce duo qui joue l'une des musiques les plus lourdes au monde. Déguisée en prêtre, on se moque de l'entité non par rejet du délire mais par ce que celle-ci est extrême au possible. Ce soir, un ami m'a dit de le suivre sous cette Valley pour découvrir le phénomène en live et je ne regrette pas de l'avoir suivi. Aucune "révélation" ne s'est produite, aucun amour ne s'est développé durant ce set. En revanche, je recommande à tous les curieux d'aller voir Sunn O))) en live s'ils en ont l'occasion. Le duo est une expérience et rien d'autre. Une expérience désagréable parfois à tel point que la Valley est loin d'être remplie tout au long du set. Les riffs à la lourdeur indescriptible et les vibrations qui s'échappent des amplis attaquent le corps. Certains prennent aux jambes avant de remonter, d'autres vous ferait presque découvrir l'emplacement de certains organes de votre corps. Des gens vont et viennent tandis que d'autres hypnotisés restent observer ce show spécial. Le duo est accompagné ce soir d'Attila Csihar (Mayhem) au chant et Steve Moore (ex-Earth) aux claviers et aux machines. Le premier éructe un chant démoniaque qui appuie les vibrations et que l'on croirait parfois improvisé. Encerclés littéralement par leurs amplis, nous sommes plus face à un rituel qu'à un concert. Là où beaucoup de représentants du black metal galvaudent cette expression, Sunn le pratique à la lettre. A la fin du concert Attila revient grimé, comme sur la pochette de Kannon leur dernier album, en une sorte de "Lady Liberty" des enfers. Une expérience sensorielle malsaine, douloureuse et étrange qui hypnotise autant qu'elle révulse. On dit que la musique peut être à fleur de peau, Sunn la déchire et la viole sans prévenir. (Clément)

Nous sortons de la Altar, et nous nous rendons compte la foule s’était bien amassée devant la MainStage 1 où Rammstein s’arrêtait à faire sa première apparition live à Clisson. Mais trop, c’est trop, il nous est impossible d’apprécier dans des conditions confortables le show préparé par les teutons…. Pas grave, nous retournons sous la Altar pour assister au show de Testament, la dernière prestation estampillée « Thrash » de la soirée ! Avant l’arrivée des américains sur scène, nous nous rendons compte que la scénographie est la même que d’habitude ! La scène est constituée d’un grand backdrop et plusieurs artifices rappelant l’imagerie véhiculée par la premier album du groupe The Legacy. Dès lors, nous savons que la setlist ne sera pas originale pour un sou, mais qu’elle risque quand même de réveiller en nous une dernière petite lueur d’énergie. « Over The Wall » ouvre le bal et montre un Chuck Billy qui n’a pas changé depuis sa dernière performance au Hellfest. Il est toujours très en point, et s’amuse avec son porte micro et fait du air guitar pour imiter son acolyte, Alex Skolnick, sur les titres « Rise Up » et « The Preacher ». Néanmoins, si le groupe est en forme ce soir, la qualité sonore ne suit pas pour autant… Le tout paraissait très brouillon et l’on pouvait voir Chuck Billy tirailler son ingénieur son car, visiblement, il ne s’entendait pas ! De plus, les guitares n’étaient pas très homogènes, et ne se fondaient pas dans la masse. Le constat est donc grave puisque des titres comme « Dog Faced Gods » étaient méconnaissables… Cela n’a pas pour autant découragé les américains. Il faut dire que Chuck est un frontman accompli qui n’hésite pas à prendre la parole entre les morceaux pour se mettre le public de la poche ! « Hellfest, vous êtes vraiment les meilleurs, vous avez formé un énorme pit, ça fait plaisir, on a même écrit un morceau à ce sujet ». Vous l’aurez donc compris, c’est du titre « Into The Pit » dont il était question. Un régal. Si l’agencement des guitares n’était pas au point, le show se veut carré et pertinent de bout en bout ! Chaque moment clef était mis en avant, et le show construit en deux parties distinctes séparés par une interlude où Chuck Billy a été mis en avant par de magnifiques jeux de lumière. Le groupe balaiera durant l’heure de jeu qui leur a été accordé l’ensemble de sa carrière en passant par le dernier album Dark Roots Of Earth et même The Formation Of The Damnation qui se verra illustré par deux morceaux « More Than Meets The Eye » et « The Formation Of Damnation ». Mais c’est toujours The New Order qui récoltera le plus suffrages avec quatre morceaux au compteur avec « The Preacher », « Into The Pit », « The New Order » et « Disciples Of The Watch ». Un bon concert en somme. Vivement le prochain album ! (Axl Meu)

Setlist Testament:

Over The Wall

Rise Up

The Preacher

Dog Faced Dog

Into The Pit

Practice What You Preach

The New Order

D.N.R. (Do Not Resuscitate)

3 Days In Darkness

More Than Meets The Eye

Disciples Of The Watch

Pensant aller voir Converge nous nous dirigeons nonchalamment vers la Warzone, où enfin le problème "entonnoir" des éditions précédentes a été réglé. Un décor de camp militaire a aussi été ajouté, les miradors donnant une luminosité très sympathique en soirée voilà une bonne initiative. C'est ainsi Kvelertak qui se produit en tête d'affiche de la scène hardcore une nouvelle fois (il a déjà clôturé une journée à la Warzone il y a deux ans).  L'occasion nous est enfin donnée de découvrir ce que vaut ce groupe de black'n'roll qui a conquit la planète metal grâce à deux galettes et plusieurs tournées (dont la dernière avec Slayer) couronnées de succès. En vrai métalleux qui se respecte, nous n'avons jamais vraiment écouté les Norvégiens. L'effet de mode qui entourait le sextet nous a rapidement gonflé et les ayant raté il y a quelques mois à Nancy, l'occasion de se rattraper en live nous a filé entre les doigts. Cette fois plus moyen de reculer et les quelques extraits du premier Abbath ne nous ayant pas vraiment convaincu autant voir le phénomène sur scène. Le constat est sans appel, Kvelertak mérite totalement la position envieuse qu'il a acquise dans le petit monde du metal. Le set est parfaitement rôdé et d'une énergie entraînante (Erlend Hjelvik descend dans le public dès le début du concert). Les titres sont ultra efficaces et il suffit de voir comment les fans répondent à chaque riff et à chaque mouvement des membres pour rentrer dans la danse. Nous avions entendu parler de Bjarte Lund, ce fameux guitariste qui joue aux doigts. En voilà un "singe savant" intéressant ! Le bougre impressionne que ce soit en rythmique ou lors des soli parfois à la tierce, partagés avec ses deux camarades six-cordistes. Son style est lui aussi une curiosité qui oscille entre une base black metal sur lequel les six guerriers jette du punk et du classic rock qui évoque souvent un certain Van Halen. Chapeau bas messieurs et bienvenue au top de la scène metal que vous y restiez longtemps ! (Clément)

Cette première journée a comblé toutes nos attentes... Les groupes étaient au rendez-vous (sauf Tremonti qui est arrivé en retard !), et la qualité aussi... Rendez-vous vendredi pour la suite du live-report !

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