Helloween - My God-Given Right

Le premier contact avec ce Helloween aura fait bien aux yeux. Mais qu'est ce qui a poussé les légendes du power metal teuton à choisir cette pochette affreuse pour illustrer leur quinzième album ? Pourtant le groupe a plutôt l'habitude de proposer de beaux visuels, citons en vrac : Keepers Of The Seventh Keys (1989), The Dark Ride (1998). Vous me direz il y a eu des ratés comme ceux de Pink Bubble Go Ape (1991) ou bien Chameleon (1993), à croire que la qualité d'un album d'Helloween peut parfois se juger à sa cover (7 Sinners étant une belle exception).

L'essentiel reste toujours la musique mais bon sang avec une pochette aussi dégueulasse comment voulez vous donner envie aux gens d'acheter My God-Given Right ?

« Heroes » commence sur les chapeaux de roue dans cette direction plus moderne et plus agressive que l'on trouvait sur 7 Sinners (2010) ou encore sur le « Asshole » de Straight Out Of Hell (2013) une habitude si l'on peut dire, depuis Gambling With The Devil (2007, avec ce « Kill It » à la violence outrageante pour du Helloween) qui avait cependant été brisé sur Straight Out Of Hell.

Le début de l'album sonne vraiment très classique pour du Hello : reste que ça marche plutôt bien malgré le refrain pompeux de « Battle's Won », la mélodie un peu kitsch de « Stay Crazy », les couplets à la « I Want Out » (Keeper Of The Seven Keys II, 1988) de « Lost In America », ce « Russian Roulé » étrange et plus rock'n'roll qui reprend une mélodie traditionnelle russe sur sa fin. Cependant on s'ennuie un peu avant que « The Swing Of A Fallen World » n'ouvre une deuxième partie d'album plus intéressante, bien relevé par ce « Claws » thrashy, écrit contrairement à la plupart de ces titres plus rentre dedans par Michael Weikath (guitare). Si il y a bien un titre sur lequel on reconnaît tout de suite la patte de Sascha Gerstner (guitare), auteur de ces « Heroes » et autre « Asshole » couillus c'est bien « You, Still Of War » plus progressif et aux couplets qui rappellent (musicalement en tout cas) Killswitch Engage avant un refrain typique du groupe mais pas dénué de qualité. La ballade « Like Everybody Else » loin d'être aussi touchante que « In The Middle Of A Heartbeat » ou « If I Could Fly » reste un moment sympathique aux orchestrations bien travaillées.

 

My God-Given Right enthousiasme moins que Straight Out Of Hell, qui enthousiasmait moins que 7 Sinners qui lui même était moins mémorable que Gambling With The Devil. A croire que les années commencent à avoir raison de l'inspiration des citrouilles, dommage car si l'album n'est pas catastrophique non plus il s'avère très classique et pas vraiment inspiré sur sa première partie. Seul « Heroes » paraît vraiment indispensable et fait office de « Are You Metal ? » ou « Live Now », tubes de leurs récentes livraisons.

 

Comme nous le montre sa pochette My God-Given Right n'est pas le pire Helloween mais il est loin de se classer parmi les meilleures réalisations des teutons. Il manque juste de ce qu'il faut de fraîcheur et de vraies idées qui le démarquent de tous ses glorieux prédécesseurs. Dommage que le groupe n'assume pas cette facette plus moderne et agressive qu'il effleure depuis Gambling With The Devil, reste que les prestations du groupe seront encore une nouvelle occasion de fêter les citrouilles et les bonbons dans la joie et la bonne humeur.

Pas un raté scandaleux, juste un opus qui se fera vite oublier malgré ses qualités.