Hellyeah, Unswabbed - Lille - Le Splendid

Profitant de sa tournée avec Korn, Hellyeah décide de combler les trous en se programmant dans des salles de moyenne jauge comme le Splendid. Et c’est que le week-end fut chargé ! Jeudi : Hellyeah, Vendredi et Samedi : Betizfest. Autant vous dire que nous étions quand même dubitatifs en ce qui concerne  le public. Plusieurs dates Metal d’affilée comme ce fut le cas le week-end du 8 avril, ce n’est jamais bon signe ! C’est l’incompréhension pour nous… Car à peine quelques heures avant le début des hostilités, nous apprenons que seuls 180 fidèles pèlerins avaient réservé leur ticket pour l’Enfer. Est-ce le groupe qui ne rencontre plus autant de succès ? Est-ce l’arrivée des festivals qui froissent les ardeurs des plus téméraires ? Quoi qu’il en soit, la rédaction est quand même prête à se prendre une bonne dose de Rock ’n’ Roll dans la face. 

Ce n’est qu’à quelques jours du débuts des hostilités que nous apprenons le nom de la première partie. Surprise, ce sont les nordistes d’Unswabbed qui ont été sélectionnés pour faire office d’«  opening act  ». La programmation du groupe a suscité la controverse sur la toile, notamment auprès des fans de Hellyeah et de Pantera les plus fermés d’esprit. ils attendaient sans doute un groupe de Southern Metal. Néanmoins, nous ne cachons pas notre plaisir de revoir les néophytes d’Unswabbed. Après un retour fracassant au Lievin Metal Fest, ils comptent faire fort et présenter quelques titres issus de leur prochain album (sortie prévue en septembre prochain).

Pas toujours évident pour un groupe nordiste de reprendre possession d’une salle qu’il avait déjà conquise il y a déjà 15 ans de ça ! Souvenez-nous, le groupe s’y était produit en 2003 ! Ça fait un bail, quoi… Du coup, tous les nostalgiques s’y sont donnés rendez-vous - même les plus fidèles avaient convié leurs jeunes progénitures à la fête. Alors, certes, la fosse était épurée, mais jamais le groupe n’a perdu son envie d’en découdre. S’en sont suivis de nombreuses animations sur scène combinées à une énergie débordante déployée par leur frontman. Alliant savoir faire et bonne humeur, il ne cesse de motiver le public à donner du sien pour mettre l’ambiance dans le pit  en organisant quelques  circle pit et wall of death…  

Malgré quelques problèmes de son, le show mis au point par les nordistes mérite nos éloges les plus distinguées. Le concert des nordistes est axé sur un jeu de lumières cohérent et riche… Ils ont donc pu présenter de cinq de leurs nouveaux morceaux «  L’Equilibre  », «  L’Étincelle  », «  Une Bouteille à la Mer  », «  De l’Ombre à la Lumière  » et «  D’Amour et d’Ivresse  » dans d’excellentes conditions. Quand l’agressivité des guitares lourdes s’allie avec une pêche débordante et un show visuel (blanc, rouge, noir…), cela donne de très belles choses ! 

Certes, leur Neo Metal «  100% français  » a vieilli, mais le public s’est pris au jeu de la déclamation du verbe du frontman. Ainsi, voyez-y une salle où plusieurs esthétiques, plusieurs visions de la musique étaient en pleine communion. Les fans de Hellyeah se sont parfois pris au jeu… Et c’est là que l’on voit que malgré leurs différences, Hellyeah et Unswabbed entretiennent toutefois de nombreux points communs. Pour mettre à profit sa reconnaissance envers Hellyeah et leurs amis, leur frontman, Seb, a tenu à remercier le public, mais aussi leurs amis et soutiens de toujours. 

 

Voilà qu’Unswabbed quitte la scène et qu’une demie-heure d’entr’acte nous permet d’aller au bar, de rencontrer quelques têtes, de retourner au bar, et de prendre quelques selfies avec notre amie de chez Devolution Magazine (venue spécialement d’Angleterre pour assister au gig d’Hellyeah et au Betizfest !)… 

 

Alors oui, les fans d’Hellyeah n’étaient pas en grand nombre… mais nous ne pouvons pas leur reprocher d’installer une ambiance digne de ce nom dans la salle. «  Hell Fuckin’ Yeah  » hurlaient certains, pendant que d’autres plaidaient allégeance à leur boisson favorite : la bière. D’autres puristes revendiquaient même la souveraineté des Etats du Sud des États-Unis en abordant fièrement leurs couleurs à l’aide du drapeau des États confédérés. 

Pour beaucoup, Hellyeah reste à jamais le groupe dans lequel évolue l’ex-Pantera Vinnie Paul. Pour d’autres, le «  Supergroupe  » vante les mérites d’une esthétique particulière : le Sludge Metal, ici teinté de touches Indus. Mis en exergue sur le dernier album de la formation, Unden!able, le style montre qu’il peut encore surprendre tout en gardant ses principales caractéristiques : des guitares lourdes, une voix raillée, une batterie massive… Des signes distinctifs qui ont notamment été repris par nos amis de One Eye Dollar, Taman Shud, et Headblaster pour ne citer qu’eux… 

Une personnalité assumée, des chapeaux de cow-boy, des dreadlocks, du sang sur la gueule, un batteur légendaire en pleine forme. Le concert s’annonce massif. En effet, dès l’ouverture, l’ambiance dégénère dans le pit avec l’interprétation du premier titre de Unden!able : «  X  ». S’en est suivi de l’interprétation de «  Demons In The Dirt  », «  Sangre Por Sangre (Blood For Blood)  », et «  Cross to Bier  ». Particulièrement homogène, le concert alterne passages plus groovy et plus calmes à l’instar de «  Human  » et la fameuse reprise de «  I Don’t Care Anymore  » de Phil Collins, où les fans ont troqué leur bière pour de la poussière d’amour. 

200 personnes dans la salle ? Seulement ? Il est loin de temps où Vinnie Paul remplissait les Zenith… Mais jamais le bougre n’a montré son agacement. C’est en véritable gentleman qu’il a distribué quelques-unes de ses baguettes à ses fans placés au premier rang. Pas toujours évident de décrocher le fameux sésame ! Pareil pour Chad Gray (Mudwayne), et Tom Maxwell (Nothingface). Ils prennent leur pied sur scène, jouent avec les photographes et leur public qui le leur rend bien ! 

Néanmoins, si Hellyeah excelle durant la première partie de son set, le concert n’en restera pas moins bancal. C’est à dire que le groupe a dû ajouter une panoplie de morceaux à sa setlist «  in extremis  ». Vinnie Paul étant en première partie de Korn et de Heaven Shall Burn n’avait probablement pas eu le temps de rôder son show en tête d’affiche. Un peu bancal, oui… Mais cela n’a pas pour autant déconcerté leurs fans qui se sont entremêlés dans de pit ! Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. C’est à la fin de « Hellyeah! » que le groupe quitte brusquement la scène. Sans rappel… Une heure et dix minutes de show au cours desquelles les Rednecks ont vraisemblablement donné le meilleur d’eux-mêmes. 

Au final, que retenons-nous de cette soirée ? Hellyeah n’est plus peut-être plus aussi fédérateur qu’avant mais n’en propose pas moins des concerts de bonne facture. Pour l’heure, remercions tout simplement les Unswabbed sans qui Hellyeah aurait dû jouer devant une fosse bien moins garnie.