Herod - They Were None

Herod c'est l'histoire d'un suisse qui part en Suède, là bas il achète une guitare et comme la seule chose à faire en dehors de picoler est de composer sur cette même guitare, c'est ce qu'il finit par faire. L'ambiance déprimante du coin fait que Pierre Carroz (car c'est le suisse de notre histoire) donne dans le sludge/postcore mais il lui faudra pas moins de cinq années pour aller au bout de son projet avec des ex Twisted et A Fine Day To Exit.

Line-up :

Pierre Carroz (guitare, basse)
Fabien Vodoz (batterie)
David Glassey (chant)
Bertrand Pot (guitare)

En préambule je vais vraiment insister sur le fait que They Were None est vraiment un disque triste. Là où d'autres placent quelques moments majeurs dans leur musique pour varier et sûrement pour rendre les parties tristes encore plus tristes, Herod dépeint un paysage désolé et s'y tient dur comme fer. Ainsi on commence à penser qu'au début de « Nothern Lights », Pierre Carroz (guitare, basse), lâche l'état d'esprit qui l'habitait lors de la naissance de son bébé : « Cela fait six mois que je n'ai pas vu le soleil. »  

Alors certes nous ne sommes pas au niveau d'un funeral doom, ou d'un doom/black bien dépressif mais le sentiment général fait que si l'on a pas la tête à la haine et à la reclusion on peut vite se retrouver en opposition avec le feeling du disque. Et vous vous doutez bien que si j'en parle c'est que tel fût bien mon cas lors de la découverte d'Herod. Vous comprenez l'été les peaux s'exposent, on prend l'apéro à toutes heures, on fait des barbeucs avec les copains, sauf si on a choisi d'aller se les geler en Suède.

On pense donc parfois à Neurosis dans cette affliction quasi permanente. Le sludge des suisses se fait parfois plus expérimental que progressif même si le côté assez djent (particulièrement flagrant sur « The Fall » et « Albert Fish ») du groupe peut le rapprocher d'un Periphery. Que l'on considère actuellement comme du prog, pour ceux qui n'auraient jamais fait attention. Mais le groupe se montre plus bruitiste et surprenant, misant sur des breaks très cassants qui coupent parfois littéralement les morceaux en deux (« The Fall »). Ou bien l'interlude « Sad Hill Part 1 » et sa suite qui sert d'outro à They Were None, bruitistes et dérangeants au possible. « We Are The Failure » est quant à lui un rejeton plus rageur (plus hardcore ou postcore) encore que ses frères. Au rayon des influences de nos coucous on trouve aussi Cult Of Luna, bien que leur propos soit beaucoup moins complexe.

Le feeling très froid et rampant de l'orchestre postmetal se fait ressentir plus qu'à son compte. Comme souvent avec ce style la voix écorchée pas toujours très varié peut s'avérer un peu lassante à la longue, heureusement David Glassey a su varié un peu son registre avec un chant clair grave parfois presque parlé.

They Were None est une belle réussite de sludge progressif qui ne tombe pas dans le piège d'un son trop crade ou passéiste qui le rendrait trop proche de ses congénères. Doté de la dimension massive du sludge, de la froideur du postcore et d'une prod actuelle cet album saura vous touchez si vous aimez Cult Of Luna, Neurosis ou encore The Chariot.