Hollywood Undead, Attila - Le Splendid - Lille

La rédaction de Metal Cunt, toujours dans la perspective de s’ouvrir à de nouveaux courants musicaux, s’est invitée à la soirée que donnait Hollywood Undead. Qu'on les on aime ou qu’on ne les aime pas, il faut avouer que les américains ne rencontrent pas de problèmes quand il s’agit de remplir des salles à jauge moyenne, une bonne soirée s'annonce donc ! 

Les Hollywood Undead ont laissé l’opportunité à leurs copains d’Attila d'ouvrir pour eux. C'est un groupe de Deathcore, motivé par l’envie de mettre l’ambiance partout où il se produit ! Chris Fronzak dit « Fronz » chambarde la scène et l'arpente en long, en large et en travers. C’est qu’il a de l’énergie à revendre ce gaillard…

Malheureusement, rien ne se passe comme prévu, bien que les membres du groupe se déchirent, l’ambiance aura du mal à prendre pendant la première partie du concert… Pourtant, les bougres n’ont pas hésité à piocher dans leur répertoire les titres phares de leur carrière pour surprendre. Néanmoins, il est dommage que le concert se soit résumé à quelques break-downs et quelques parties hip/hop. La subtilité et la mélodie n'étaient pas toujours au rendez-vous...

Fronz rentre dans le lard, et agresse souvent ses spectateurs à coup de « Suck my balls » et leur demande de se procurer le t-shirt de son groupe. Encore mieux, le bassiste va à la rencontre de son public en franchissant le quatrième du mur de la scène. Le show se veut donc dynamique et les premiers pogos voient le jour dans la fosse pendant la seconde moitié du concert. Et le frontman, décidément motivé à l’idée de voir son public s'entre-déchirer dans le pit, insiste « Je veux voir le plus grand circle pit au monde » ! Ça saute, ça popote et ça mosh sur des titres comme « About That Life », mais ça reste tout de même faible pour un groupe de cette envergure. 

Néanmoins, Attila finit par se mettre le public dans la poche à la toute fin du set, lorsqu’il lui demande de se baisser et de se relever pour groover au son de « Payback ». Au final, bien que le son était parfois très moyen (la guitare et la basse sont abandonnées par des balances très modestes), il faut admettre que le show n’était pas dénué de toute qualité puisqu’il a montré un frontman qui sait alterner chant rapé et chant crié ! 

Nous ressortons donc de cette première partie assez frustrés. Attila, le groupe au sujet duquel nous entendons beaucoup d’éloges n’a pas fait honneur à sa stature de fer de lance du renouveau du Groovy/Deathcore. Et à vrai dire, nous n’étions pas les seuls, une amie me disait: « Attila, c’était le prénom de mon chat, il doit se retourner dans sa tombe »… 

Hollywood Undead avait défrayé la chronique au Hellfest. Certains l’avaient même estampillé « de pire groupe d’édition 2016 ». Et pourtant, le groupe attire toujours les foules. Et ce n’est pas pour nous déplaire. La scénographie est toujours la même, et c’est à 21h pétantes que les Californiens foulent le plancher sur « Usual Suspects » et « Undead » accoutrés de masques, qu’ils finiront pas faire tomber par la suite.  

Une fois n’est pas coutume, le groupe fédère grâce à ses tubes: « Usual Suspects » et « War Child ». Toutes les périodes ont été honorées avec des morceaux tirés de Swan Songs, American Tragedy, Notes From The Underground et Day Of The Dead, époques séparées par différents backdrops. Ainsi, il était remarquable de voir que le groupe arrivait à concilier des morceaux plus typés « Metal » comme « Undead » et « Day Of The Dead » à d’autres plus « Electro ».  C’est donc des tournures de soirées étudiantes que prenait le show avec des titres mielleux à la « War Child » et « Party By Myself ». 

Le concert est très bien rythmé, il n’y a presque pas de temps morts et les hits « Been To Hell », « Dead Bite » et « Bullet » s’enchainent - Tout est millimétré de A à Z - C’est à dire que le groupe entretient une communication sans faille avec son public, un public qui connait les paroles sur le bout des doigts et qui n’hésite pas à chanter en choeur avec Danny ! Le bonhomme, lui, multiplie les interactions avec ses fans, des interactions, qui, étrangement, ressemblent énormément à ceux de Fronz, le leader d’Attila. Danny demande également au public de se baisser et d’exploser de joie sur « Party By Myself ». Dommage que la première partie les ai devancés sur ce coup… Cette attraction, c’est du vu, et de re-vu !

Pour nous qui découvrons le groupe, il est intéressant de voir que les membres sont multi-instrumentalistes: Johnny 3 Tears passe du chant à la basse, J-Dog abandonne la guitare pour chanter, et va à la basse… Cela a le mérite de rendre le concert attractif jusqu’au bout ! Ça court partout et ça change sans cesse de rôle. C’est donc trempés jusqu’au os que les Hollywood Undead font leurs adieux après l’ultime titre de la soirée: « Hear Me Now ». 

Durant ce concert, nous aurons également eu droit à quelques surprises comme les reprises de « Seven Nation Army » (The White Stripes) et même « Du Hast » de vous-savez-qui. Mine de rien, ces reprises, certes pas parfaitement exécutées, étaient les bienvenues. Il en faut de l’audace pour reprendre « Du Hast »… N’en déplaira aux fans du combo allemand. Hollywood Undead, c’est aussi un groupe qui fait monter ses fans sur scène pour qu’ils interprètent avec eux un de leurs morceaux. On pensera notamment à ce gaillard (monté sur scène pour l'occasion) qui s’est pris au jeu en demandant au public féminin, et masculin de se manifester chacun à leur tour. Contre toute attente, « Comin’ In Hot » est bien exécuté… Quelques accords majeurs, et c’est dans la poche ! Quelques rappels en guise de dessert (« Everywhere I Go » et « Hear Me Now ») et c’est tout rassasié que ressort le public du Splendid !  

Ce n’était peut-être pas une soirée Metal au sens propre du terme, mais Hollywood Undead, toujours aussi fédérateur, aura réussi à marquer son public de son empreinte le temps d'une grosse soirée. Quant à Attila, ce fut la déception de la soirée.