Haunting The Chapel Festival 4 - Jour 2

 

Je ne vais pas mentir cette deuxième journée m'intéresse moins que la première. Destruction reste une légende du thrash mais n'étant pas des plus familiers avec la carrière du trio j'apprécierais plus de le voir en festival avec un temps de jeu moins conséquent. Mais je ne demande qu'à découvrir de bonnes formations locales, Artefacts et Dyssomnia rentrent dans cette catégorie tandis que Scarred ne vient pas de loin mais a tout de même du passer la frontière pour rejoindre la messe.

Déjà vu en première partie de Loudblast et Benighted il y a presque deux ans, les meurthe et mosellans d'Artefacts ont sorti depuis leur premier album : Life Is A Question Of Time. Le quintet me laisse une bien meilleure impression qu'à Rombas avec une prestation bien énergique (mention spéciale pour Romain à la basse) et des compos plus matures. Toujours très américain (on pense tour à tour à Stone Sour, Periphery ou encore Textures) dans le son le combo se montre plus progressif ce qui n'a pas l'air de parler à la chapelle qui se remplit tranquillement. Il est clair qu'on est loin du thrash d'école de Destruction mais l'accueil quasiment glacial des Trinitaires est sévère. Reste que le chant clair du frontman n'est pas toujours très juste, un problème déjà décelé il y a deux ans, dommage quand on voit la qualité de ces growls.

Pas le concert du siècle ni une grande découverte mais un moment sympathique qui remet dans la voûte métallique.

Formé en avril 2010, Dyssomnia nous vient tout droit de Nancy. Voilà la première partie la plus cohérente du week end. Si les nancéiens ne sont pas dans le thrash pur et dur, leur thrash death bas du front va définitivement lancer la soirée. Le quintet déclenche les premiers pits du week end et on en oublierait presque le public timoré de la veille. Les musiciens mouillent le maillot et la voix d'Antoine entre growls et cris plus « blackisants » est excellente. On retiendra notamment « Inner Demon » plus groovy et extrait de leur premier EP : Face Of Mankind.

Parfois bancal et répétitif mais toujours efficace et passionné Dyssomnia est du genre à « savoir faire tourner une roue ».

Fort de douze ans de carrière, deux albums et des premières parties de Shining, Kataklysm, Vildhjarta, Psycroptic ainsi que des prestations au Wacken Open Air, Euroblast et au Metal Days ; Scarred est LA baffe de la soirée. Pour faire simple les luxembourgeois ont mélangé Meshuggah et Gojira dans un death progressif, tendant parfois vers le thrash, très technique. Et c'est con mais c'est tellement bien fait qu'il est impossible de ne pas se laisser emporter. Tant de riffs appellent à se briser la nuque sans penser à la retraite. Allez écouter « Cinder » et dîtes moi que ça ne vous donne pas envie de bouger la tête ! Surtout avec le son énorme auquel le groupe a droit qui met en valeur les deux incroyables guitaristes que sont Vincent Wilquin (Fractal Universe, remplaçant de Bertrand Pinna ce soir) et Diogo Bastos (qui a notamment joué dans Satyricon svp !). Les deux bretteurs se payent même le luxe d'envoyer des choeurs puissants en soutien des growls éraillés de Sacha Breuer, un frontman plus qu'honorable. L'ambiance, même si elle n'explose pas non plus, grandit au fur et à mesure des minutes et de nombreux spectateurs s'échauffent les cervicales. La setlist se concentre évidemment sur Gaia/Medea, leur deuxième album paru chez Klonosphere/Season Of Mist en 2013 même si l'on retrouve trois extraits du premier album New Filth Order. Les luxembourgeois parviennent à garder l'intensité pendant les cinquante minutes qui leur sont allouées et les prises de parole de Sacha sont excellentes. Il rend hommage à Damage Done et tout le travail que l'asso a accompli, ce à quoi la chapelle répond « hallelujah ! ».

Prestation coup de poing pour ce qui a peut-être été le meilleur concert du week end.

 

Setlist Scarred :

Intro

Idiosyncrasy

Perfect Circle

Low

Cinder

Outcast

Mosaic

Bittersweet

Gaia

Psychogenesis

 

Avec pas moins de dix minutes de retard sur l'horaire prévu les trois teutons n'épargnent pas la patience de tous les thrashers qui ont sorti leur plus belle veste à patchs. Mais l'attente en vaut la chandelle car Destruction est toujours là et dispensera son thrash jusqu'à la mort.

« Mon français est merde » en français dans le texte, « nous allons donc parler le langage du heavy metal » plus en français dans le texte ; nous dit Schmier après « Mad Butcher ». Une bonne manière de lancer leur valse de thrasherie teutonne. Mike tronçonne du riff à foison avec ces petits bras et il est toujours rigolo de constater la différence de gabarit entre le géant et son petit guitariste. Celui-ci rencontre quelques problème sonores, sa guitare se fait plus ou moins présente dans le mix à l'envie. Jusqu'à ce qu'il doivent quitter les planches quelques instants sur « Armageddonizer », laissant Schmier seul maître. Un Schmier qui maîtrise complètement les Trinitaires, lançant des circle pits ou faisant chanter d'un simple signe de main. Avant « Invisible Force » Vaaver laisse le temps à ses collègues de respirer avec un court solo de batterie, pas chiant pour un sou. Bien vu les gars ! A la demande d'un fan le groupe interprète le « Death Trap » de Infernal Overkill, le tout premier LP du trio. Arrivé à la moitié du set une impression de redite se fait sentir et l'ambiance décline quelque peu au fil des minutes. Pour preuve quand le groupe finit son set, le parterre est franchement clairsemé, comme si la chapelle avait voulu prendre une pause.

Pas mauvais mais clairement moins bon qu'à Denain il y a un an et demi.

Setlist Destruction :

Thrash 'Til Death

Mad Butcher

Nailed To The Cross

Armageddonizer

Eternal Ban

Life Without Sense

Spiritual Genocide

Release From Agony

Carnivore

Hate Is My Fuel

Antichrist

Invisible Force

Death Trap

Tears Of Blood

Total Desaster

Bestial Invasion

Rappel :

The Butcher Strikes Back

Curse The Gods

 

Une quatrième édition quelque peu timide en terme d'affluence (et d'ambiance) pour le Haunting The Chapel 4. Dommage car si une fois encore une deuxième tête d'affiche par jour a manqué, le metal en Lorraine n'est plus ce qu'il était il y a quelques années encore. En effet, ce genre d'évènement devient rare. Espérons donc que la pérennité du festival ne sera pas remise en cause par ce succès en demi-teinte car l'entreprise est belle. Worship distortion !

Béné ayant chopé une saleté la veille, pas de photo pour la soirée hélas. Désolé pour les groupes et vous chers lecteurs.