Haunting The Chapel Festival 4 - Jour 1

 

Quatrième édition pour le Haunting The Chapel de Damage Done qui a déjà reçu Loudblast, Asphyx, Caliban, Benighted et bien d'autres encore. Toujours organisé dans la magnifique chapelle des Trinitaires à Metz le festival est guidé par Samael et Destruction accompagnés de groupes plus ou moins locaux. D'où un manque certain d'une « deuxième » tête d'affiche.

 

Et la chapelle est assez vide pour accueillir le premier groupe local du week end. Une formation pas si locale car on retrouve Wheelfall qui vient de la voisine ennemie Nancy (oulala). A tel point que « I Descend Into The Deep », l'intro de leur magnifique double album Glasrew Point n'a jamais autant résonner. Je ne vais pas revenir dans le détail sur celui-ci (je vous renvoie plutôt à la chronique du disque sur notre site) mais quelle baffe encore ce soir ! Cette prestation enfumée, pour le plus grand plaisir de mon amie photographe Béné, extrêmement heavy et sombre passe comme une lettre et les 35 petites minutes allouées au quintet passent à une vitesse folle. Le black, indus, doom des cinq est absolument magistral et ne peut que ravir tous les fans de Neurosis, Celtic Frost (et non Emperor comme je l'avais dit dans mon top de l'année. Pourquoi cette erreur mystère et boule de gomme) ou encore Godflesh. Le son est bien meilleur que lors de la release party même si je regrette que « Sound Of Salvation » et son riff à la Ministry soit élaguer de son refrain censé hanté l'auditeur. Après avoir salué le public Fabien W Furter (Chaos Echoes, Phazm) « laisse la place à Scarred » qui joue le lendemain. Preuve ultime qu'il en faut du temps pour quitter Glasrew Point ? Possible.

 

Setlist Wheelfall :

I Descend Into The Deep (Intro)

Dead Eyes

Vanishing Point

Shape Shifter

Sound Of Salvation

Return Trip

 

J'avais découvert Slatsher il y a plus de trois ans de cela au Plein Air de Rock à Jarny, sans en garder un grand souvenir. Et quel chemin semble avoir été parcouru par le combo depuis ! Il faut dire que le groupe est très jeune, encore à l'heure actuelle, le plus vieux membre n'a pas plus de 25 ans et quand on voit le niveau technique de chacun on se dit que la marge de progression est énorme. Ce qui n'empêche pas les musiciens de prendre contrôle de la scène, particulièrement Yan (guitare). Surtout que la plupart des titres joués ce soir viennent de leur premier album, Human Light Leakage sorti en mai 2013 (que vous pouvez télécharger gratuitement sur leur Bandcamp). Car le combo est fait pour botter le cul des fans de The Faceless, Obscura, Gorod (pour lesquels ils ont ouvert dans cette même salle) ou encore The Black Dahlia Murder. Le son est en plus de très bonne facture et dieu sait qu'il n'y a rien de pire qu'un groupe de death technique avec un son pourri. Même si celui-ci hélas ne rend pas totalement hommage à Mika derrière les fûts. Malgré tout le boulot abattu le groupe est bien mobile ce même si Rémi, le frontman, manque un peu d'implication que ce soit pendant et entre les morceaux. Un moment agréable donc plein de sweep, de tapping et autres blast beats furieux. Belle découverte dans le genre, à noter qu'un deuxième album est en préparation.

 

Setlist Slatsher :

Voraphilia (Mosaic Of Flesh And Blood)

Luci

Pixel Prison

The Adamant

Circle And Center

Genodemiurge

 

On sort de Lorraine pour aller en Alsace, encore des ennemis de Metz (oulalala) pour découvrir le quintet strasbourgeois Dust In Mind. Regroupant des membres ou ex-membres d'Absurdity, Shindo et Karelia, ils ont publié leur premier essai chez Darktunes (Smash Hit Combo) en septembre dernier (le même jour que celui de Wheelfall pour l'anecdote) : Never Look Back. Comme son implication sur les réseaux sociaux et les nombreuses vidéos qu'il publie fréquemment, DIM est une formation extrêmement professionnelle. Le quintet débarque sur un extrait d'Enemy de Denis Villeneuve (Prisoners, Sicario) alors is ce n'est pas du bon goût je ne sais pas ce que c'est. Sur les planches le visuel n'est pas oublié et quand on voit son arrivée et sa sortie de scène millimétrée on se dit que les alzacos ont pensé leur set (certains leur reprocheront pour le coup de ne pas être assez naturel). Son indus simple et efficace a de quoi réveiller définitivement un public un peu absent depuis le début de la soirée. Car pour faire simple Dust In Mind est un peu la rencontre de Hypocrisy et Pain (pas l'influence la plus nette ce soir mais j'y reviens plus tard) sur lesquels on aurait ajouté du chant féminin. Le réveil finit bien par arriver mais après de longues minutes de bataille pour le combo qui se produit ce soir sans son bassiste Matt Gabnai, c'est Xavier (ex-Blindness, ex-Bioscar) qui se charge donc de la quatre corde. Il faut dire que Damien (guitare/chant) est un frontman né qui ne lâche pas le public avant d'avoir obtenu ce qu'il veut. On ne peut pas dire la même chose de sa camarade Jenny, à la gestuelle passe partout que de nombreuses frontwomen ont éculé au fil des années. Pour ne rien arranger sa voix s'avère assez linéaire sur la longueur malgré de très bons refrains (« Slave Of Man », « Frozen Smiles »). Mais le gros point faible du set qui n'a rien à voir avec les goûts et les couleurs sont les samples du groupe... absolument inaudibles dans le mix. C'est donc tout un pan de sa musique qui passe à la trappe et difficile dans ces conditions de juger de l'ensemble.

Pas foncièrement mauvais mais une légère déception pour ce qui doit être la dernière date d'Arnaud (batterie). Ce manque de variété vocale est quand même assez gênant mais difficile de résister à la formule efficace et la prestation carrée des strasbourgeois. A revoir avec un meilleur son (déjà) et sur un album deuxième album plus mature ?

 

Setlist Dust In Mind :

Intro

How Can You

I Love As I Hate

Purity

The Slave Of Man

Flash

Burn

Never Look Back

Give Up

Frozen Smiles

Mass Effect

The End Of This Chapter

My Departure

 

Le public se resserre enfin avant que la bête des enfers ne viennent répandre la parole de Lucifer dans l'église des Trinitaires. Et je dois dire que j'attends ce concert en serrant un peu les fesses. Car au Hellfest Samael a fait partie des déceptions de mon week end. En jouant l'intégralité de Ceremony Of The Opposites avec leur son plus moderne le risque était grand et le résultat pas vraiment à la hauteur. D'où une appréhension certaine, le show de ce soir étant encore placé sous l'égide de leur classique black metal. Finalement c'est un véritable best-of que les suisses proposent même si Ceremony reste très présent dans la setlist. Il est quand même impossible de passer sous silence l'absence de « The Ones Who Came Before », non mais là c'est un peu comme si Iron Maiden ne jouait pas « Fear Of The Dark » ! Alors rien de bien nouveau sous le soleil que les quatre chérissent pour qui les a déjà vu mais ils sont tellement bons. Vorph reste un monstre de classe et de mysticisme qui attire tous les regards. Tandis que Mak (toujours le visage en noir et blanc) et Xy sont des aliens perdus dans leur monde bien complétés par un Drop (ex-Sybreed, Obsydians) encore mieux intégré qu'au Hellfest. En effet le bonhomme a l'air sévèrement aviné et par conséquent dans son monde lui aussi. Cela ne l'empêche pas d'assurer comme un chef, lui qui dispose d'un son de basse monstrueux. « Baphomet's Throne » reçoit le retour le plus enthousiaste de la soirée de la part d'un public qui reste attentiste face à la tête d'affiche. Il faut dire que Vorph communique très peu et que la musique de Samael n'est pas la plus festive du monde. De plus le frontman s'est peut être tiré une balle dans le pied dès sa première prise de parole en demandant comment allait « MeTTz ».

Après « The Truth Is Marching On » qui clotûre tous les concerts depuis la sortie de Lux Mundi (2011), les enfants du soleil quittent les planches et nous laisse échaudé et ravi dans une chapelle qui aura bien vibré. La grande question à se poser est à quand un nouvel album de Samael ?

 

Setlist Samael :

Intro

Shining Kingdom

Rain

Of War

Luxferre

Slavocracy

Reign Of Light

Infra Galaxia

Jupiterian Vibe

Mak Solo

Solar Soul

My Saviour

Black Trip

Baphomet's Throne

Flagellation

Crown

To Our Martyrs

Rappel :

Ceremony Of Opposites

The Truth Is Marching On

 

Une première journée un peu décevante en terme d'affluence qui aura offert de très bons moments. On dit toujours que les absents ont toujours tort.

 Photos par Bénédicte Duval (un grand merci à elle)