Hysteria - Flesh, Humiliation and Irreligious Deviance

Il aura fallu attendre la fin de sa pause indéterminée pour que Hysteria sorte son troisième opus : Flesh, Humilation and Irreligious Deviance sorti cette fois-ci chez Great Dane Records. Les membres d’Hysteria ont t-ils enfin publié l’album qui pourrait bien faire décoller leur carrière une bonne fois pour toute ? 

Ça se pourrait bien ! Fort d’une formation stable depuis ses débuts, les musiciens d’Hysteria se comprennent, ne chipotent pas et vont droit au but avec des morceaux qui marquent et ce, dès la plage introductive comme c’est le cas ici avec « In Belief, into Nothingness ». C’est une introduction lourde et grasse qui installe une ambiance malsaine… L'atmosphère ne fera que se développer au fil de l’album et verra son apogée sur la plage sonore « Hérésie » où le groupe vante le mérite des forces occultes. Cette dernière est d’autant plus intéressante car elle voit comme invités de choix Necurat (Bliss Of Flesh) et Kra Gillad (Pavillon rouge). Mais si, écoutez bien ! 

Les influences de ce groupe, vous les connaissez tout aussi bien que nous... Il s’inspire des formations cultes de Death Metal comme Morbid Angel et Obituary… Mais Hysteria ne se contente pas de s’inspirer, il s’approprie toutes ses influences pour proposer une musique qui lui est propre. En effet, la formation évolue et ne n’hésite plus à faire l’usage d’artifices pour noircir et pourvoir sa musique d’un caractère épique comme l’illustre « Visceral Torments ». 

Les morceaux s’imbriquent dans un tout, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont plats et sans intérêt. Au contraire, on pensera à l’enchaînement « Heiress Of Disease »/« Ô Father », deux titres qui se démarquent de par les différents tempos qui sont entrepris. C’est lourd et oppressant puis le groupe déverse sa haine et son savoir-faire par la suite avec des riffs effrénés soulevés par des rythmiques « assassasins » qui flirtent avec la mélodie. Ça tambourine, un point c’est tout. 

Le groupe n’est pas tombé dans le superflu avec Flesh, Humilation and Irreligious Deviance. Certes, l’auditeur reçoit beaucoup d’informations... La batterie est triggée, les solos mettent en avant des mouvements complexes comme le sweeping sur « Ô Father » et le frontman change souvent d’intonations vocales sur « Sadisitic Deviance »… Mais le groupe s’est efforcé de rendre cohérent son album. Tous les morceaux s’enchaînent et vous ne serez pas étonnés de re-découvrir les morceaux « Demons From The Past », « Visceral Torments » à chaque fois qu’ils tournent sur votre platine. Tout est calculé, écoutez donc une deuxième fois ces guitares qui se répondent sur le mid-tempo « Blasphemous (Final Part) »… Et en plus, la précision est au rendez-vous. 

Le groupe a évolué depuis When Believers Preach Their Hangman’s Dogman, c’est certain ! Tous les morceaux tiennent la route et sont bien plus variés que sur le dernier opus. Les pistes sont riches et mettent en exergue un sens évident de la technique ! Mais le groupe ne tombe jamais dans le piège de la technique pour la technique ! Enfin, les compositions sont aidées par une production nette qui permet d’apprécier les « Ô Father » et « Sadistic Violence » à leur juste valeur.

Oui, Flesh, Humilation and Irreligious Deviance est un excellent album, il ravira tous les fans de Brutal Death Metal. Pour ce qui est de la suite, espérons juste que la formation n’attende pas sept ans pour sortir une nouvelle galette !