Live Report - In Flames, Black Temple - Lille - Le 12/11/15

La venue d'In Flames au Splendid de Lille le jeudi 12 Novembre avait mis en émoi de nombreux fans de la formation. Il faut dire que tout le monde les attendait au tournant dans le Nord de la France. Vous en réviez ? À Gauche De La Lune l'a fait pour vous ! Les Suédois sont de retour en France pour quelques dates. Néanmoins, si les dernières productions du groupe ont pu diviser, il s'agissait là de passer du bon temps avec ses potes le tout accompagné d'une petite bière. 

Black Temple fait partie de ce genre de groupes qui a la lourde tâche d’ouvrir pour des monstres sacrés du Metal. Ce trio, inconnu de tous, a fait de son mieux pour envoyer du rêve à un public Lillois. Mais celui-ci n’était pas forcément prêt pour apprécier une musique aux accents Grunge et Progressifs. Néanmoins, l’authenticité de cette jeune formation, qui vient à peine de sortir sa première galette, It All Ends, nous aura permis de l'apprécier à sa juste valeur. Encore aurait-il fallu que le public soit psychologiquement disposé pour prendre du plaisir pendant le show. Car tout relève de la folie ! Pendant que Jonas, le bassiste-chanteur, totalement transcendé par la musique qu’il joue, ne cesse de se donner de coups de poing, il arrive que son acolyte guitariste se mette à crier pour exulter ses pulsions. Le batteur, quant à lui, se contente juste de frapper ses futs comme jamais et de monter sur son kit.

Le concert était donc naturel et instinctif ! Ces plus-tout-jeunes étaient là pour faire la promotion de leur nouvel album. Ils comptaient bien vendre quelques T-shirts et quelques galettes. Il faut dire que sans cela, il leur était impossible de rentrer chez eux ! Le pourquoi Jonas a multiplié les interactions avec le public entre les morceaux pour lui rappeler que de nombreux goodies étaient à vendre au stand prévu à cet effet. Si le frontman semble être à l'aise, ces nombreuses interpellations, assez excessives, ont pu mettre mal à l’aise le spectateur. Pourtant le show était pourvu de nombreuses qualités ! Mises en avant par des faisceaux lumineux, leurs tranches prenaient des airs de portail inter-dimensionnel où quelques fans s'étaient donnés rendez-vous afin de succomber aux délires métaphysiques de Black Temple. Un bon concert, bien qu'un poil désolant.

Après une première partie qui n’a pas pleinement rempli son contrat, In Flames se devait de marquer le coup avec un concert de deux heures ! Peu avant l’arrivée des Suédois, le décor scénique est dévoilé et n'a présagé que de bonnes choses ! Les quatre panneaux lumineux révèlent une formation qui a su tirer profit des avancés technologiques afin de proposer à ses fans un spectacle visuel. 

Alors que In Flames commence à se faire attendre, la bande sonore « Jester’s Door » annonce le début des hostilités et rassemble en quelques secondes deux familles de fans dans le pit. Et comme il est étonnant que In Flames arrive à fédérer ses deux générations de fans pourtant très hétéroclites dès les premières vibrations émises par les accords de « Everything’s Gone » tiré de leur dernier album en date, Siren Charms. Si ce dernier s'avère être un titre intéressant, il n'en est rien comparé au déferlement provoqué par « Darker Times » et « Black & White» où il n’était pas bon d’avoir sur soi d’éventuels objets de valeur sous peine de les voir disparaitre. Inutile de vous dire que les Suédois, même s’ils ont voulu varier les plaisirs sur leurs derniers albums, n’ont pas oublié que tout se jouait sur scène. La preuve avec les titres ultra-mélodiques « Alias » et « Disconnected » (A Sense Of Purpose) qui changent de nature et gagnent en intensité une fois interprétés en live ! 

Néanmoins, si le In Flames actuel semble avoir définitivement rompu les liens qu'il entretenait avec l’ancien alias du groupe, Anders Fridén et ses potes comptaient bien rendre hommage à ces nombreux fans de la vieille pote. Le groupe n'a pas osé à sélectionner une panoplie de titres du triomphal Clayman (« Bullet Ride », « Only For The Weak », « Pinball Map », et « Sattelites and Astronauts ») et de Whoracle (« Food For The Gods » et « The Hive ») pour faire plaisir à tout le monde. Ces morceaux qui demeurent comme des moments clefs de la prestation sont souvent à l’origine de nombreux raz-de-marée de slams. Un régal. Le frontman, terriblement à son aise pendant ces morceaux, aura démontré une fois pour toute qu’il était encore capable de rassasier tous ses fans « old-school » avec un growl dont lui seul connait les ficelles. 

Ce show d’In Flames à Lille était aussi l’occasion de saluer le travail qu’a fourni Daniel Svensson au sein de la troupe. Après presque dix huit années de carrière au sein de In Flames, le tambourineur a décidé de mettre fin à son périple. Mais il n’était pas question d’abandonner ses potes en pleine tournée. Le bougre a décidé de poursuivre la tournée de façon à ce que tout le monde se souvienne de sa hargne et de sa frappe sur des titres comme « Satellites and Astronauts » et « Ordinary Story ». Mais même si sa frappe est toujours aussi poignante, la nouvelle, encore toute récente n’a pas laissé indifférent Anders Fridén ! C'est en lançant des « Tell Him To Change His Mind » que le frontman a supplié le public de convaincre Daniel Svensson de ne pas partir. 

Mais un show In Flames, c’est d’abord un moment où l’humain est d’abord privilégié ! Les membres du combo fambloyant n'ont pas hésité pas à communiquer avec leurs fans ! Une fois n’est pas coutume, Anders Fridén prend du bon temps avec son public en construisant une réelle conversation avec lui. Ce qui n’est pas pour déplaire un des fans présents au balcon qui a tenu à montrer ses belles formes en ornant son T-shirt. L'impertinant a même été pris de démence et a lancé sa casquette sur la scène. Gagné. Il a remporté un accès privilégié sur la scène qui lui a permis de vivre un instant magique en compagnie de ses musiciens préférés ! Ces nombreuses interpellations ont souvent débouché sur l’interprétation de titres phares du combo. Pas-de-bol pour le fan qui s'était plaint d'avoir entendu trop de bons morceaux ce soir, cette discussion aura débouché sur le gros classique « Take This Life » avant que In Flames ne quitte la salle. 

Les « In Flames addicts » en auront eu pour leur argent ce soir. Puisque le plat délivré a été consistant et copieux ! Après ces dix sept tranches, les cinq Suédois étaient revenus sur scène pour finir le show comme il se doit. Pas moins de cinq rappels (« Cloud Connected », « Where The Dead Ships Dwell », « Deliver Us », « Paralyzed » et « My Sweet Shadow ») ont été interprétés pour la bonne cause. Ce gain de temps a encouragé les retardataires à se défouler sur les samplers électroniques de « Cloud Connected » et de « Deliver Us » et enfin sur l’entremêlement des riffs de l’incontournable « My Sweet Shadow ».

Comment résumer le concert ? Bien que le show en lui-même était parfait, l'ambiance au sein du pit aurait pu l'être tout autant si de nombreux vols n'avaient pas été commis. Et c’est dommage car In Flames, en digne porte-parole du Death Metal Melodique Suédois avait réussi lors de ce retour de flamme à réunir une communauté de fans souvent jugée comme fractionnée. 

Parce qu'il faut continuer à vivre quoi qu'il arrive...

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