Interview - Klone

Avec Here Comes The Sun, son cinquième album, Klone affirme une nouvelle direction qui l’éloigne totalement du metal. Une prise de risque couillu et assumée qui semblent pour le moment lui porter chance. Il faut dire que la réussite est totale, depuis le chant nébuleux de Yann Ligner jusqu’aux superbes guitares d’Aldrick Guadagnino et Guillaume Bernard qui appellent à des voyages par delà les nuages. C’est justement Aldrick, dernier arrivé chez les poitevins, qui a pris le temps de répondre à nos questions alors que le groupe sillonne les routes de France.

Comment percevez vous The Dreamer's Hideaway presque trois ans après sa sortie ?

 

Aldrick Guadagnino (guitare) : Nous sommes encore très fiers de cet album. Il a marqué une évolution dans le groupe et nous n'avons jamais autant tourné que depuis celui-ci. On peut appeler ça une réussite !

 

Vous avez tourné comme jamais pour cet album, notamment avec Gojira et Orphaned Land. Quels moments de ces tournées vous ont le plus marqué ?

 

Ils y a des milliers de souvenirs créé au cours de ces tournées ! Les plus marquants avec Gojira seront peut être la première date à Oslo en Norvège (la capacité des salles ont triplée de volume et l'ambiance des concerts était beaucoup plus sauvages) et le KoKo de Londres restera l'un des plus beaux concerts de cette tournée. Avec Orphaned Land nous retenons tous les pays où nous n'avions jamais joué auparavant. Les concerts en Turquie, Portugal et pas mal de pays de l'Est resterons gravés dans nos mémoires.

 

Afin de participer à la tournée avec Orphaned Land vous avez mis en place un crowdfunding qui vous a valu les foudres de certaines personnes notamment sur VS Webzine. Comment avez vous vécu ces attaques ?

 

Nous l'avons bien vécu car ces attaques ont entraîné un réel soutien de la part des gens qui nous suivent. On a vite oublié les mauvaises langues qui critiquaient ce procédé (procédé dont nous usions bien avant les sites de crowdfunding). Fût un temps on appelait ça les souscriptions , la méthode était la même sauf que le support n'était pas numérique. Cela nous a valu quelques papiers par des magasines sensibles à notre causes. Au final , cela nous a plutôt donner un bon coup de pouce.

 

Avec Here Comes The Sun vous vous écartez définitivement du metal. Depuis The Dreamer's on ressent que ce n'est plus un style qui vous inspire, est ce que vous n'avez pas peur de perdre des fans en étant devenu aussi « soft » ?

 

La démarche d'aller vers du « soft » était très naturel et il n'y a pas eu de direction imposée. Je pense plus en termes de terrains inexplorés pour le groupe. De plus,  nous vieillissons et nous sommes peut être un peu moins sensibles à la cause métallique. Nous avons  été et nous sommes tous fans de Metal dans toutes ses frasques. Il faut peut être perdre quelques fans pour en gagner d'autres .

 

Sur ce nouvel album vous me faîtes plus penser à des groupes comme Anathema ou The Police. sont ce des influences ou en tout cas des groupes qui vous parle ?

 

Bien sûr, Anathema nous a beaucoup touchés sur quelques albums. Je pense à We're Here Because We're Here (2010). The Police est un groupe d'anthologie et fait partie de notre culture ancrée. Après cela, nos influences ne connaissent aucunes limites, piocher dans tous les styles de musique est, à mon sens, primordial en tant que musicien.

 

Dès Dreamer's Guillaume annonçait que Klone prendrait sûrement une direction plus rock, en tout cas moins metal qu'auparavant. Quand as tu commencé à définir cette nouvelle direction pour le groupe ?

Je pense que cette direction a toujours été omniprésente dans la musique de Klone. Le Metal représentait notre énergie tandis que le Rock façonnait plutôt notre son de groupe. Je pense au son des guitares notamment, plus crunch que disto. La transition entre ces deux mondes intimement liés était très naturelle et entière, sans compromis.

 

The Dreamer's Hideaway avait été composé majoritairement par Guillaume et Florent, tandis que Yann s'occupe toujours des paroles. Avez vous plus bossé en équipe cette fois ?

 

Oui, Guillaume a composé la plupart des thèmes de cet album, nous nous sommes enfermés dans le local pour peaufiner tous les squelettes et donner la forme finale des morceaux. Ce processus marche bien étant donné que la couleur du groupe vient des mélodies de Guillaume et des grooves de Florent. Le travail d'équipe s'est fait ensuite, lors des répètes et des prises studios.

 

Yann aime s'inspirer de l'ambiance du morceau pour écrire ses paroles. Il a du se faire plaisir sur ces titres aux ambiances nuageuses qui appellent à des thèmes aériens.

 

Oui, il était présent à toutes les sessions de répétitions. Il s'imprégnait des couleurs et des paysages que lui inspirait la musique. La tâche d'écriture n'a pas été simple dans la mesure où Yann voulait être le plus juste possible, en terme d'intention, de mots… Je pense que le plaisir vient  sur scène, une fois que le sens est donné.

 

Depuis Black Days vos pochettes n'intégrent ni le nom de l'album, ni le nom du groupe. Le soin apporté à celle-ci est il si important que vous ne voulez pas les gâcher ?

 

Oui, il y a de ça. Nous arrivons à dénicher de superbes peintures ou photos, et l'idée de placarder un logo gâcherait l'oeuvre.  Et nous aimons beaucoup l'idée de laisser « respirer » la pochette. Qu'elle délivre une sensation qui prépare à l'écoute.

 

Lors de vos dernières tournées Jean Etienne et Florent n'ont pas pu participé. Il en est de même cette fois. L'on sait que Florent est occupé par Hacride mais pourquoi Jean ne peut il se joindre à vous ?

 

 Jean est musicien de session et compositeur pour des artistes plus « mainstream », cela lui prend un temps fou et il a du mal à trouver le temps pour tout coïncider.

 

N'est ce pas un peu étrange de voir votre album vendu dans la section metal alors que vous n'en faîtes plus du tout ?

 

Non pas du tout, même si je pense que « Grim Dance » ou « The Last Experience » rentrent parfaitement dans la catégorie Metal.  Ça me rappelle un album d'Opeth, Damnation (2003), où le contenu n'a pas grand chose de Metal. Les « Sections » ne sont que des repères, il y a des chansons de Pop bien plus noires et violentes émotionnellement que pas mal d'artistes Metal.

 

Vous allez quitter l'Europe pour la première fois en mai prochain pour sept dates en Australie. Une étape importante pour vous ?

 

Nous ne sommes jamais sortis du continent. Tout est nouveau et nous espérons marquer les esprits là-bas. Pas mal de gens sont curieux de notre musique et nous sommes complètement excités à l'idée de donner des concerts à plus de 15000 kilomètres de chez nous. Donc oui,  une étape plus qu'importante.

 

Les derniers mots sont pour vous.

 

Merci à toi pour cette interview ainsi qu'à toutes les personnes qui nous soutiennent depuis le début,

L'aventure continue, à très bientôt en concert.

 

Line-up :

Yann Ligner (chant)

Guillaume Bernard (guitare)

Aldrick Guadagnino (guitare)

Jean Etienne Maillard (basse)

Florent Marcadet (batterie)

Mathieu Metzger (saxophone, claviers)

 

Discographie :

Duplicate (2003)

High Blood Pressure (EP-2004)

All Seeing Eye (2008)

Black Days (2010)

The Eye Of Needle (EP-2011)

The Dreamer’s Hideaway (2012)

Here Comes The Sun (2015)